Mouloud Akkouche
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Billet de blog 23 juil. 2022

Ambassadrice

Le silence est accroché à ses lèvres. Mais sa parole en veille. Des phrases en attente.À un moment, tout sortira d'un coup. Quand ? Elle ne compte pas en temps.Sa seule certitude est de parler.Dire et écouter ce que ce son corps a vu et senti.Comme si une lame de cutter avait tracé les nouvelles frontières de son histoire. Meurtrie un matin d'été.

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Erick AUGUSTE- Rien qu'une autre année 2020 © Pétra Werlé

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               Le silence est accroché à ses lèvres. Mais sa parole en veille. Des phrases en attente. À un moment, tout sortira d'un coup. Quand ? Elle ne compte pas en temps. Sa seule certitude est de parler. Impossible pour elle de faire autrement. La nécessité de dire et écouter ce que ce son corps a vu et senti. Ce n'est pas l'invention délirante d'une gamine de treize ans. Rien que la réalité. Se taire jusqu'à ce que les images se noient dans le flot des saisons ? Non. Elle refuse que le silence finisse par bouffer sa mémoire. Parler ne serait-ce qu'une seule fois. Pour que ça ne reste pas qu'en elle. Sa voix brisant le silence. Puis se taire ou continuer de parler, à elle, à d'autres. Prête à ou oublier mais rien perdre. Surtout les perdus à jamais. Tout sera conservé. Les archives d'un seul matin sans fin. Comme si une lame de cutter avait tracé les nouvelles frontières de son histoire. Meurtrie un matin d'été.

          Son corps est un coffre-fort. Quoi qu'elle fasse. Où qu'elle aille. Tout y est consigné. Les regards, les pleurs, les cris, les peurs, le sang, les odeurs, les nuits à rallonges dans la cave... Et tout ce qui s'est déroulé avant le passage de la lame. Les joies, les rires, les sourires, son premier vélo, les larmes, ses bonnes copines, les envies de plaquer sa famille, sa rue, voler de ses propres ailes... Une fille coupée en deux sur le billot de l'histoire. Celle avec un grand h qui débite à la chaîne des millions de petites histoires. Comme la sienne. Un souffle qui ne vaut pas cher sur le marché. Même pas une virgule au bas du contrat de vente de l'avion de chasse passé au-dessus de sa maison d'enfance. Peut-être qu'elle a croisé l'un des grands patrons qui a signé le contrat. Le même qui s'est penché pour remplir sa soucoupe avec un regard de compassion. Quelques pièces pour effacer la dette d'une ville rasée.

          Sa chair ne vaut rien. Elle le sait. Mais elle n'en a pas un autre en échange. Ni un souffle plus cher. S'accrochant à son histoire et celle des siens. Ça ou le vide. Sans eux, elle ne se sent rien. Et inversement. Ils sont tous là. Des visages de femmes, d'hommes, d'enfants. Sa galerie de portraits, tous bien rangés dans leur cadre sous la peau. Parfois, elle les passe en revue. Très lentement. Avec l'impression de les protéger. Les soustraire la main qui signe le contrat, aux hommes et femmes qui décident à distance de la valeur d'un souffle, de l'avion qui a repéré ses proies courant pour se se terrer, de l'humanité qui retourne toujours à la case néant... Un abri de 1m65 et 48 kilos. Plus rien ne pourra les atteindre. Jamais plus.

           D'où vient-elle ?  C'est visible. Sa patrie est gravée dans son regard. Venue du pays de la douleur. Lequel ? Celui où une petite fille a su lire très tôt la folie du monde. Un livre dont les mots tombaient du ciel ou crépitaient dans des bouches de métal au coin de sa rue. Nombre d'autres gosses ont eu le même livre qu'elle. Leur deuxième langue apprise en tendant l'oreille pour fuir ou se terrer. Quand cette pluie de fer s'est abattue sur sa famille pour l'anéanti ? Hier, avant-hier, des siècles en arrière, aujourd'hui, demain ou une autre fois. Le calendrier n'a plus aucune importance. Rendez-vous n'est plus qu'un ordre aboyé par haut-parleur. Dans son école, les dates s'écrivent chaque matin sur un mur béant donnant sur un horizon de ruines. Ici, là-bas, ou ailleurs ; au pays de la douleur, les jours et les nuits auront toujours la même couleur. Comme les saisons. Et les horloges réglées sur l'absence.

         Son regard se trouve à hauteur de pieds. Des jambes passent et repassent devant ses yeux. Selon les chaussures, le bas d'un pantalon, des mollets nus, elle s'amuse à imaginer le reste du corps. Quels visages passagers au-dessus d'elle ? Un jeu qui egaye les heures assise au même endroit. De temps en temps, une paire de jambes s'arrête. Lever la tête ou non ? Elle ne résiste pas longtemps. Voir celle ou celui qui s'est immobilisé sur ce quai de gare. Quittant un instant le trajet de la machine à donner sa direction et compter ses pas. Un arrêt avec une pièce ou quelques mots. Souvent les deux. Rares la main qui laisse une pièce sans rien dire. Ne serait-ce que bon courage ou bonne journée. Le son de leur voix dans une autre coupelle. Elle remercie d'un hochement. Avant de baisser à nouveau les yeux. Les épaules honteuses.

       Quelques-uns s'accroupissent. C'est le signe qu'ils veulent dialoguer. Aller plus loin qu'un petit geste entre " j'étais là" et " je vais là" sur un petit écran. Elle se contente alors de les regarder avec un sourire. Le silence toujours accroché aux lèvres. Son sourire refroidit rapidement les velléités de conversation. Accélérant le pas par peur d'une bombe camouflé en corps d'adolescente. Le sourire dégoupillé d'une rescapée. Chargée de lucidité sans illusion sur l'espèce humaine. Unique témoin du massacre de tous les habitants de son village. Elle s'était planquée dans la niche du chien des voisins. Le second survivant. Il a refusé de la suivre. Fidèle a son carré de paille. Gardien des ruines.

         Son corps a plus que ses treize ans. Elle s'est vite rendu compte qu'elle était une proie très attirante. Et pas sa grande sœur pour la défendre. Elle a camouflé le plus possible ses formes. Effaçée au maximum dans la ville. Malgré son camouflage, elle attire les regards des hommes. La plupart se contentent d'un scan à distance. Pour les plus lourds, voire dangereux, elle a élaboré des stratégies d'esquive très efficaces. Sauf une fois où un homme est venu la sortir des griffes d'un autre homme. " La gamine, faut pas que tu restes dans la rue." Il a pianoté sur son smartphone puis griffonné une adresse sur un bout de papier. " C'est les coordonnées d'une asso qui pourra t'aider. ". Dès qu'il s'est éloigné, elle a rangé l'adresse dans une poubelle. Pour circuler, elle a pris la pièce d'identité de sa protectrice qui avait dix-sept ans. Comme tous les ados, elle rêvait d'être plus âgée. Devenir sa grande sœur qu'elle adulait. Pour pouvoir comme elle avoir plus de liberté. Ne pas être considérée comme une petite fille. Jamais elle ne serait doutée vieillir d'une telle manière. Éjectée de l'enfance un matin d'été. Pour ne plus jamais sortir de l'hiver. Le plus glacial qu'elle ait vécu. L'hiver sous sa poitrine.

            Qui est cette gamine assise en tailleur ? La défaite du monde. Pas uniquement celui de notre siècle. Toutes les époques qui tuent une enfance ont perdu. Ici ou aux antipodes. Quelle que soit la manière de la tuer. En masse ou dans l'intime. Avec une arme de guerre ou des mains de proches ou non sur un corps en devenir. Les enfances mortes ne ressuscitent jamais. Même si elles continuent de vivre ou de survivre pour les plus mortes. Qui est cette mendiante à qui vous venez de donner une pièce ?

           C'est votre fille. Quelle que soit la couleur, la religion, le sexe, de son enfance. Je dis n'importe quoi. Du délire. Elle ne vous ressemble pas. Et vous n'avez pas d'enfant. Votre petite sœur alors. Non plus. Votre nièce. Pas du tout. Une cousine. Faut que j'arrête d'insister. Non, non et non ; elle n'est pas de votre famille. Vous ne l'avez jamais vue ? Normal dans une famille de sept milliards de membres. Pas nécessaire de nous ressemble ou de l'avoir rencontrée. Si vous la connaissiez plus, vous auriez le droit de ne pas la supporter. Peut-être une sale gosse. Et que je n'apprécierai pas non plus. Aucune assignation à l'aimer. L'amour de l'autre ne s'impose pas.

          Ni l'empathie avec toutes les enfances détruites. Elle pourrait être la vôtre, celle de vos proches. Suffit de se trouver au mauvais endroit entouré des pires ordures. En empathie quelle que soit la nationalité des bombes écrasant des chairs de villes et de villages. Sans faire de distinguo parmi les regards blessés ou mourants. Ne pas non plus oublier les adultes meurtris. Les yeux des vieillards, contraints à l'exil loin de leur sépulture programmé, semblent parfois plus perdus que ceux des enfants. Ils sont égarés dans leur corps déplacé. Traînant leur carcasse déjà chargée d'une autre terre, d'autres odeurs, d'un autre souffle de vent... Nos traits sont différents. Pas les mêmes us et coutumes qu'à la maison . C'est vrai. Leur souffrance n'a pas mon visage. Vous croyez ? En s'approchant de n'importe quel visage souffrant, pas uniquement pour cause de guerre; on se rend compte que c'est toujours le même visage. Un regard qui pourrait être le vôtre, celui de votre compagne, de votre compagnon, un fils, une sœur, un ami... La douleur n'a pas de frontières. Ses seules racines ; sous la peau. Le visage d'une souffrance unique. Universelle.

         Elle ramasse son sac et se lève. Sa tête tourne légèrement. Elle rajuste son regard à hauteur de passants et sort de la gare. Laquelle ? Peu importe le lieu et le nom. Vous voulez absolument savoir ? Je vous laisse la situer et l'imaginer comme vous voulez. Revenons à la silhouette marchant à grandes enjambées. L'air est plus chaud dehors. Elle s’arrête et boit une rasade d'eau. Un homme passe près d'elle, sa casquette tendue. Elle le connaît de vue. Paraît que c'est le plus vieux clochard de la ville. Un exilé de la campagne proche. Elle traverse le parvis qui donne sur un boulevard. Avec dans sa poche de quoi manger. Une très bonne journée. Elle va s'acheter un Kebab ou un Macdo. Toujours un repas à emporter.

           Déjà ses habitudes en quelques mois. Elle a ses petites salles à manger disséminés dans la ville. Des petits coins où elle reconstitue la table familiale. Avec chaque fois une pensée pour ses parents et frères et sœurs. Les absents attablés avec elle. Sans les remarques de sa mère pour qu'elle se tienne bien et attende les autres pour manger. Ni l'obligation de se taire à chaque flash d'actualités. Son repas terminé, elle rentrera dans l'une de ses chambres. Dans des squares, des parkings, sous un porche... Elle a plusieurs toits. Méfiante des autres confinés comme elle dans la rue, des flics, elle change très souvent d'adresse sauvage. Refusant de lier connaissance. Sa rue en solitaire. Depuis quelque temps, elle privilégie un lieu de couchage. Plus sûr que tous les autres.

         Une nuit de grosse pluie, elle a enjambé la grille d'une maison. Pour s'allonger à l'abri sous un appentis. Endormie dans son duvet à quelques mètres d'une cabane de jardin. Une semaine plus tard, elle est revenue. La porte de la cabane était ouverte: un matelas au sol, avec des draps et des oreillers. Un piège ? Sa méfiance aussitôt enclenchée. Combien de gens généreux n'en voulant qu'à son cul ou à sa récolte du jour. Le sourire et mots doux ne l’anesthésient plus. Après une hésitation, des regards à gauche et à droite, elle s'est allongée sur le lit. Sa meilleure nuit. Première fois qu'elle dormait aussi longtemps. Au réveil, une baguette fraîche et un bol de lait avec des céréales. Elle a levé les yeux. Un homme d'une cinquantaine d'années la regardait par la fenêtre. Elle a avalé le bol d'un trait, saisi la baguette, et s'est enfuie à toutes jambes. Ne revenant que deux nuits plus tard. Avec la même surprise au réveil. Et l'homme toujours devant sa fenêtre.

        Un matin deux rues plus loin, la voiture d'un livreur s'est arrêtée devant elle. " Pas de panique. Je te ferai rien. Pas police." Elle a reculé. Prête à se sauver. " T'inquiète pas. J'ai quelque chose à te dire." Il est resté à distance. Elle lui a demandé de parler moins vite. " Je livre les repas de cet homme chaque matin. Il est cloué sur un fauteuil roulant. Je n'ai jamais su pourquoi. Bref, pas le problème. Un jour, il m'a glissé un billet en plus et demandé d'installer un matelas dans son local en bas et de... Il a commandé un petit-déjeuner en plus. Chaque fois que tu dors dans son jardin, il me demande de venir te le déposer. " Il s'est gratté à nouveau le front." Voilà. Tu sais tout. Ne me demande pas qui est cet homme. Je n'en sais rien. Un type pas causant. Et pas commode du tout. Jamais je l'aurais cru capable de ce genre de geste. On a l'impression qu'il cache quelque chose. Comme si... Merde ! Je vais être à la bourre." Il a grimpé dans sa voiture. La vitre côté passager s'est baissée. " Si tu préfères du café ou du thé au petit déje,  tu me le dis.". Il a démarré.

          Plus besoin d'escalader la grille. Le portail n'a plus son cadenas. Elle fait un pas dans le jardin et s'arrête. La tête levée. L'homme à son poste d'observation. Première fois qu'il lui adresse un signe de la main. Elle lui répond. Il s'éloigne de la fenêtre. Elle pousse la porte et s'allonge aussitôt. Les yeux au plafond. Commence alors la revue des absents. Jamais une nuit sans les saluer avant de s'endormir. Elle ferme les yeux. " Chez nous on accueille. Et on sait remercier. Dans son jardin, il y a des fleurs et des fruits. Tu en cueilles chaque fois que tu dors chez lui. Et tu montes lui déposer sur le seuil de sa porte. Fais-le ma fille. C'est important. " La voix de son père interrompt son salut familial. Elle ouvre les paupières. Une présence au bord du lit. Puis une autre. De l'autre côté du lit. Encore une autre. Toute sa famille se serrant peu à peu autour d'elle. Dehors, des bruits. Les cousins, les voisins, les copains et copines... Même son chat est du voyage Tout le village est venu la visiter. Elle se sent soudain très forte. Investie d'une mission.

        Elle se redresse. Un air déterminé a remplacé la peur. Son corps, le seul encore debout de sa famille et son village, sera désormais leur ambassade. Ils y bénéficieront d'une immunité sans fin. La mémoire de leur histoire hors de portée des tueurs de proximité ou à distance. Sous la protection d'une fille de 13 ans. Elle est devenue l'ambassadrice des absents. De ses proches et des autres de toute la planète. Représentante de tous les absents. Des êtres chers laissés dans son sillage sur un bord du monde ou disparus à jamais. Ambassadrice aussi des présents comme elle, contraints à fuir leur enfance. Elle ouvre la bouche et sourit.

        Le silence glisse de ses lèvres.

NB: Une fiction inspirée du regard - jamais entièrement présent-des femmes, hommes, enfants, contraints à quitter des êtres et un lieu aimés. Quel que soit l'endroit de départ. Et les raisons. Toujours le cœur entre deux rives ?

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