Bureau de nuit

Vue plongeante sur la ville. « Vous serez très bien dans ce bureau, Cher Monsieur. C'est un espace agréable et fonctionnel.». Il avait raison. Jamais je n’aurais pu espérer mieux. Grand standing et confort. Avec en plus une salle de bains. Que demander de plus ? Je pose mon front sur la baie vitrée. Contre la nuit froide de janvier.

 

 © Marianne A © Marianne A

 
     

               Vue plongeante sur la ville. Je ne l’ai jamais regardée de cette hauteur. Très vite, en arrivant dans cette pièce, je me suis senti débarrassé d‘un poids. Comme si d’un seul coup, j’avais délesté mes épaules du poids de la ville. Mon corps déchargé. Et une impression de ne plus être pris en tenailles entre les regards du haut et ceux à hauteur de mes yeux. Sans doute l’anesthésie de la première fois. L’illusion passée, le corps retrouvera sa mémoire et reprendra sa charge. Mais une voix en moi m’exhorte à ignorer la lucidité et son complice le principe de réalité, l’un et l’autre toujours gagnants. Comment les tenir à distance ? En les semant dans la nuit de la baie vitrée. Au centre-ville, les points lumineux avancent plus vite que sur les extérieurs. Je suis des yeux certaines silhouettes sur les trottoirs et m’arrête sur d’autres derrière leur intimité éclairée avec ou sans rideau. Photocopie d’un banal lundi soir d’une grande ville. Pas pour moi. « Cet immeuble date de quelques années. Vous serez très bien dans ce bureau.». Il avait raison. Jamais je n’aurais pu rêver mieux. Grand standing et confort. Avec en plus une salle de bains. Que demander de plus ? L’esprit tranquille.

    Né pour être heureux. C’est ce que me disait ma mère. Elle racontait que j’avais toujours un sourire aux lèvres. « C’est qu’une constipation ». Elle ne supportait pas les remarques rabattant sa joie. Répliquant d’un regard noir ou une remarque acerbe. Fallait pas toucher à mon sourire. Elle y avait sans doute lu bien plus que ce qu’il recelait. Refusant que sa lecture soit pollué par les proches et le monde entier. Comme si un paradis était sorti de son ventre. « Tu connais ta mère. Elle exagère tout. Tu souriais juste plus que ton frère et ta sœur. Mais c’était facile.». Mon père avait tenté de casser le mythe. En vain. D’autres le perpétuaient. Ma mère n’était pas la seule à évoqué ce sourire permanent sur mon visage de bébé et plus tard. Rares les moments où les nuages sombres stationnaient dans mon regard. Un gosse très facile, selon tous les membres de la famille. Contrairement à mon frère et ma sœur. Tous deux étaient mes aînés de trois et quatre ans. Ils ne cessaient de se battre. À tel point qu’il a été question d’envoyer mon frère chez une tante. Une perspective qui m’inquiétait.

      Un gosse toujours anxieux à l’idée d’une dislocation de la famille. En réalité, le sourire façade d’une boule d’inquiétude. Ne montrant jamais rien de l'intérieur susceptible de créer un conflit. En plus, un maniaque du rangement et déstabilisé au moindre changement. Aujourd’hui devait être un copier-coller d’hier. « On va se démerder avec tout ça. Mais jamais on sera séparer. faut qu'on discute les gosses. Qu'est-ce qui va pas ? On va trouver une solution. C'est obligatoire.». Mon père avait parlé d'une voix grave à table. Sans le moindre agacement. Très sur de lui. Je l’avais regardé. Rassuré de vivre sous le toit d’un Dieu capable de nous protéger du monde et de l’implosion. Nous avons vécu une vie classique de la classe moyenne. Avec pavillon, petite piscine, barbecue… Une existence semblable à celles de dizaine de millions d’autres. Avec nettement plus de bons moments que de mauvais au compteur. Malgré mes poussées d’inquiétude à l’idée que notre famille soit brisée et devienne un jouet irréparable, ce furent des jours heureux. En tout cas pour ma part. Je n’en ai jamais discuté avec mon frère et ma sœur. Ni avec mes parents. Le seul à porter ces jours heureux en bandoulière ?

      Toute la planète mise dans le même sac à bonheur. C’était ma vision du monde. Comme si l’extérieur ne pouvait être que semblable à la quiétude de notre intérieur. Tous les foyers possédant une boussole qui, après les rares tensions, reprenait toujours la direction de la joie familiale. Impossible qu’il en soit autrement. J’étais persuadé que mes copains et copines de classe vivaient de la même manière que moi. Pareil pour tous les enfants de la ville et partout sur la surface du globe. Frigo vide, loyers impayés, et pire encore comme les père violents et alcoolique, l'inceste… Tout ça existait bien sûr, mais on en parlait moins. En plus, la télé n'avait que deux chaînes, allumées que le soir par des parents douaniers de l'image qui, sans s'en redre compte,  nous contraignaient à pisser souvent pour choper au passage des bribes d'écran interdit à travers la porte du salon. Et bien sûr pas de téléphone portable ni de réseaux sociaux. Les nouvelles arrivaient nettement moins vite jusqu’à nos oreilles. L’instant présent pesait, me semble-t-il, beaucoup plus lourd que de nos jours. En tout cas, il n’était pas parasité par telle ou telle image numérique extraite soudain de sa poche. Notre groupe de copains et copines était nourri en grande partie que par nos anecdotes de proximité. Avec l’impression que rien ne pouvait nous arriver. Les douleurs moins étalées que de nos jours ? Plus de pudeur à afficher ses souffrances ? Sans doute. Mieux ou moins bien aujourd'hui ? À mon avis, avec le recul ; je crois que le silence était un tueur à petit feu déposant une ou plusieurs mines dans de jeunes corps et esprits, une charge consciente ou pas qui détruirait plus ou moins la plupart d’entre eux tout au long de leur histoire, et, pour certains, imploserait de très longues années après la pose de la bombe à retardement.  C'est bien sur mieux de parler. Pas de meilleur déminage que la parole. Ado, j’étais très loin d’imaginer toute la merde vécue ici ou là. Un grand naïf qui, jusqu’à seize-ans, a traversé son histoire comme sur un coussin d’air. Sans heurts marquants, ni sortie de route. Raccord avec l’injonction maternelle d’être né pour le bonheur. Avant ce soir d’été.

      Rien de très extraordinaire en apparence. Pas un acte violent et visible qui, évoqué lors d’une conversation, pourrait installer un silence gêné et des regards de compassion. Ce qui me tombait sur le coin de ma jeunesse avait été déjà vécu par de nombreux autres autour de moi. « C’est moins grave que la mort ou un bras amputé. ». L’un de mes oncles, à qui j’essayais d’en parler des années après, m’avait bouclé le bec en déclinant tout le pire évité. En bref, fallait pas pleurnicher dans le rétro. C’était banal. Sauf pour le gosse que j’étais. Nos parents venaient de nous apprendre qu’ils divorçaient. Échange de regards avec mon frère et ma sœur. Voir leur réaction m’avait rassuré. Ce n’était pas si grave. Sans me douter que, après mon haussement d’épaules désabusé « je suis un bonhomme», tout basculerait pour moi. D’abord en douceur par de petites conneries avec une gifle ou une engueulade de ma mère qui avait notre garde. Puis, peu à peu, je suis passé du petit vol de magasin, à celui de mobylette, jusqu’au cambriolage d’appartements. Ma première peine de prison deux semaines après ma majorité. J’avais été condamné à six mois ferme. À ma sortie, je trouvais de nouveaux locataires dans notre appartement. Ma mère était partie sans laisser d’adresse. Mon frère et ma sœur ne décrochaient plus à mes appels. Aucun des trois n'avait demandé de parloir. « Ca me fait mal au ventre de te voir là. Promets-moi de ne plus de retourner en cage.». Ma grand-mère était venue me me voir une fois. La seule qui, pendant que je dévissais, a tenté de m’aider. « Je te le promets.». Elle avait souri. « Quand tu sortiras, tu peux venir t’installer chez moi. c’est juste un p’tit deux-pièces. Tu dormiras sur le canapé. On fera comme avant… A regarder des conneries à la télé et fumer tous les deux en cachette.». J’ai levé le pouce. Elle m’a fait un clin d’œil.Nos mains posées l’une sur l’autre sur la vitre du parloir. Pour sceller la promesse. A ce moment précis, j’ai su que je ne retournerai plus en cage. Elle est morte deux semaines après. Peu de temps après, j’ai reçu deux courriers. Le premier était la lettre de ma mère étalant sa déception. Elle avait décliné l'ardoise de tout ce que je lui devais depuis mon arrivée au monde. La seconde était celle de mon père m'annonçant son départ à l'étranger. Sans laisser un numéro de téléphone ou une adresse. La famille m'avait effacé de son histoire. Un constat froid assis sur un banc face à notre ancien appartement. Ma chambre occupée par un ado. Que faire ? Trouver un toit.

        Juste assez en poche pour régler deux nuits d'hôtel. J’avais passé des heures allongé dans ma piaule à fumer. Les yeux rivés au plafond : un écran avec les images de mon début d’existence tournant en boucle comme sur une chaîne d’info. Avec l’impression de ne jamais me voir ou de manière furtive. Quasiment un figurant de mon histoire. Tandis que d’autres visages, surtout ceux de ma famille, occupaient tout l’écran. Impossible en plus de changer de chaîne. Même en fermant les yeux et le poing. La colère contre ma famille et le monde entier ne me quittait pas. Avec un sentiment étouffant de trahison. Né pour le bonheur. Mon cul. Je lui aurais bien fait avaler sa phrase à la con. C’était les rabat-joie qui avait raison. Pas un sourire sur la gueule froissé du joli bébé à maman, un rictus de douleur à cause d’une colique. Elle m’avait arnaqué à peine sorti de son ventre. Que du baratin. Même si mon putain de sourire continue de parader sur ma face fatiguée. Je me suis assis sur le lit, les yeux sur la fenêtre. Plus la moindre image sur les carreaux. Une chasse d’eau au-dessus de mon écran. J’ai écouté un instant les bruits de préparatifs du voisin. Un homme dont je n’avais entendu que la voix. Apparemment en conversation avec un tôlier qui ne l’avait pas assez payé. La colère d’un homme qui aurait pu être mon père. Quel était son visage de bébé ? Né pour être quoi ? L’horloge de mon paquet de clopes indiquait mon deuxième et dernier matin dans la chambre. J'ai rendu les clefs. Dehors, il faisait beau. J'ai remonté l'avenue. Déterminé à m'en sortir. Sans me douter que mon toit sur la tête me suivrait partout. Jamais plus sorti de la rue.

      Pour finir ici. J’ai encore du mal à y croire. Comme si le réveil de mon portable allait sonner. Me ramener loin de ce bureau. Cesser de jouer avec le fauteur tournant comme dans un manège de gosse. Non. Le réveil ne sonnera pas à cette heure. Je suis bel et bien ici. À entendre les bruits très étouffés de la ville à travers les vitres. « Ne pas fumer à l’intérieur. Les détecteurs de fumées son intraitables. Pour le reste, vous pouvez circuler sans le moindre souci avec votre badge dans tous les étages. La cuisine est équipée d’un frigo, un four à micro-ondes, et d’une machine à café. ». Il m’avait fait visiter les lieux avec quelques recommandations. Un homme qui aurait pu être mon fils. Au début, je ne l’ai pas du tout apprécié. Ma méfiance habituelle. Un acompte sur la trahison à venir. Un trentenaire mal rasé au centimètre près, des chaussures pointues, et avec des réponses sur tout. Le genre de cool qui tombe la veste et le vous trop vite pour être honnête. Il m’a vouvoyé jusqu’au bout. Au fil de l’entretien sans un regard à son Smartphone agité en permanence, j’ai senti que ce n’était que sa panoplie pour jouer son rôle dans la comédie. Après tout, chacun a le déguisement qu’il peut ou veut. Sûr que le mien est aux antipodes du sien. Mais quelque chose est passé entre nous. Quoi ? Je ne peux le dire. Juste un contrat signé par deux regards. « Surtout, ne perdez pas votre badge. S’il y a quoi que ce soit, voici le numéro du poste de surveillance. ». Puis il a pris son Smartphone saturé de messages sur le bureau avant de sortir. Me laissant seul sur la moquette. Incapable du moindre geste. Abasourdi. Encore sonné par ce qui m’arrive.

      « Un coup d’œil à ma montre. C’est l’heure du repas. Je fais réchauffer ma blanquette surgelée et mange sur la petite table de la cuisine. Tout est propre et bien rangé. De nombreuses phrases, beaucoup ponctuées d’émoticônes, sont écrites sur un tableau Velleda. La plupart teintées d’humour. Une femme qui a écrit ça ? La vanne d’un homme ? Des mots de juriste ? Une formule de quelqu’un des ressources humaines ? Une phrase d’informaticien ? J’essaye d’imaginer les visages de chaque auteur. Tous ont un point commun : un bon niveau de langue. Mais je suis stupéfait par le nombre de fautes. Surtout avec le pedigree des gens bossant dans cette boîte. Tous des bacs plus fac ou grandes écoles. Sans aucun doute très brillants et efficaces. Un de nos voisins me tannait pour que je fasse une grande école. « Attention à toutes ces cases, mon fils. Fais ce que tu veux, pas ce qu’on croit bon pour toi.». La réaction de ma mère m’avait séché. Elle qui m’avait collé des le départ dans la case des gens heureux. Aussi contradictoire que fulgurante. Le voisin avait senti le potentiel en moi. J’étais le meilleur en maths de ma classe jusqu’à la seconde où j’ai claqué la porte. Et très grand lecteur. Un livre à la main ou dans mon sac partout où je me trouve. Plus tous les cahiers remplis de textes et dessins. D’où vient ce lien avec la langue écrite ? Pas de mes parents qui ne lisaient jamais. Je prends un des feutres. Corriger les fautes sur le tableau ? Ils risquent de mal le prendre. Surtout en apprenant qui est le correcteur… Première fois que je me retrouve dans ce lieu, mais j’y sens de bonnes ondes. Comme avec le patron tout à l’heure qui m’a accueilli et fait visiter les locaux. Méfie-toi, mec.  Ma nature méfiante reprend le dessus. Sans doute que, comme dans n’importe quel groupe, il doit y avoir des mesquineries, des jalousies, et toutes ces quêtes de plus de pouvoir et territoire. Mon peu d’expérience professionnelle en travail d’équipe a été désastreux. Impossible pour moi de faire abstraction de toutes les tensions et hypocrisies. La moindre pique, même enrobée avec sourire et des mots choisis, me foutait en rogne. Contrairement aux autres qui vivaient avec ces guérillas au quotidien sans le moindre souci, ni se fâcher à mort. « Ce qui érafle les autres me déchire. » La phrase de Flaubert, sorti un jour par un prof de Français au collège, m’avait marqué. La seule citation qui revient très souvent. Peut-être parce qu’elle résume celui qui était né pour être heureux. Avant un changement d’aiguillage qui a effleuré mon frère et ma sœur. Pour déchirer mon histoire.

       Sensation d'une présence. Je prends la bombe lacrymo dans ma chaussure. Qu’est-ce que je fous là ? Qui est cette femme ? Je me redresse sur le canapé et m’assois enroulé dans mon duvet. Elle danse d’un pied sur l’autre. C'est une femme d’une trentaine d’années avec des yeux bleus très vifs. Ses cheveux courts teints en rouge.« Désolée Monsieur de vous avoir réveillé. Je vais juste à la cuisine. ». Je frotte mes yeux. 07 h 10 à ma montre. Elle me regarde avec un air gêné. Comment lui expliquer  ma présence ? « Écoutez, je… C’est… ». Elle hausse les épaules. « Pas de soucis, je suis au courant. ». Je croise le plus discrètement possible les mains entre mes jambes. Camouflage de mon érection du réveil. Elle  traverse le bureau. Une démarche athlétique. Son parfum flotte dans l’air.  Elle accroche sa veste au porte-manteau. Ses avant-bras sont tatoués. À quelle actrice me fait-elle penser ? Celle préférée de ma grand-mère. Se faisant toujours coiffer comme la star. Cette femme est le sosie tout craché de l'actrice dans ses rôles de jeunesse. Me retrouvant au réveil nez à nez face à une des affiches de ma grand-mère. Quel est le nom de cette actrice ? « Je fais un café. Ça vous dit ? ». J’acquiesce de la tête. Elle va à la cuisine. Tout va trop vite. Un patron qui me propose son bureau pour y passer mes nuits. Cette femme qui surgit dans mon intimité. Combien de temps sans avoir passé une nuit avec une femme ? Une dizaine d’années. Depuis que je suis obligé de sourire avec la main sur la bouche. « Pour toi, une gonzesse, c’est qu’une machine à te donner du plaisir. Moi, je rêve encore à 75 berges que d’être heureux en amour avec une femme et partager un toit avec elle. Plus un tas de moments. Toi, tu pourrais et… Tu fais tout pour toujours casser ce qui peut être beau. Et arrête de me raconter que c’est à cause de tes dents bousillées et de ta situation. Je crois pas à tes baratins. Tu fais juste ton froc quand le bonheur pointe son nez. Un jour, tu le regretteras. Et ce sera trop tard. ». Mon coloc de trottoir, mort depuis dans un square, avait bien compris. Pourquoi fuir dès qu’il peut se passer autre chose que le frottement de deux corps à la sauvette ? Hors de question que ma mère gagne. « Vous prenez du sucre ?» Je ramasse mes fringues et me précipite à la salle de bains. Profiter d’une douche. Pour une fois, je vais me raser ailleurs que dans les chiottes de la Médiathèque. Un ravalement de façade sans témoin.

      Nous sommes assis à la table de cuisine. « Je suis responsable de la com de la boîte. Embauchée depuis trois ans. Et je n’ai pas du tout envie de quitter cette boîte. Les boss sont vraiment bien. Je tchatche, je tchatche… Et vous ? Vous êtes dans quel domaine. ». Je plonge le nez dans ma tasse. Que répondre ? « Désolé.». Je redresse la tête. « Pas besoin de vous excuser. ». Elle allume une clope. J’ouvre des yeux ronds. Elle pointe l’index sur le plafond. « J’ai voilé le mouchard à fumée ». Elle me tend son paquet. Je m’en allume une. « Étrange de me retrouver là. Un bureau prêté pour la nuit. Avec pour seule obligation de partir à 08H30 et laisser le bureau propre.». Elle esquisse un sourire. « Je viendrai plus tard.». Je secoue la tête. « Hors de question.». Je la fixe droit dans les yeux. « Le café sera prêt la prochaine fois. ». Elle se lève. « N'oubliez pas de retirer la muselière au mouchard.». Elle a un petit rire. « Gardez le paquet.». Je refuse d’un hochement de tête. Elle passe sa tasse à l’eau. Une nerveuse. « Bon, faut que j’aille bosser. À demain.». Elle sort de la cuisine. Toujours pas le nom de l’actrice. Ni le prénom de son sosie. Je glisse le paquet de clopes dans ma poche. Puis, après avoir rangé le bureau, je sors avec mon sac sur le dos. Un vigile s’approche de moi dans le hall. « Bien passé la première nuit. ». Je lève le pouce. « Belle résidence secondaire.». Je quitte l’immeuble. Me retrouvant à nouveau dans la rue.

      Sous mon toit principal.

 

NB : Une fiction inspirée de cet article.Très belle initiative pour les sans-abris en quête permanente d’un toit pour la nuit. Dormant souvent dans le froid à quelques mètres de bureaux vides et chauffés. Pourquoi pas -si ce n’est déjà fait- médiatiser le plus possible cette initiative. Pour que d’autres boîtes prêtent leurs bureaux pour la nuit. En espérant que le « plus personne dans la rue » promis depuis des décennies devienne une réalité. «Un Toit moins» moins prioritaire que d’autres causes légitimes ? En attendant, bravo et merci à « L'association Les Bureaux du Cœur ».

 

 

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