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Billet de blog 25 janv. 2023

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Roxana et Yasmin

Jouer. Roxana ne pensait qu’à ça. Pourtant autour d’elle que des ruines. De nouveaux morts et blessés tous les jours. Chaque nuit sans l'assurance de voir l’aube nouvelle. Toute la journée passée à éviter les tueurs du ciel et ceux de proximité. Important d'éviter les déplacements non-essentiels. Chaque sortie potentiellement mortelle. Mais jouer c’est vital pour moi, répétait Roxana.

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© Marianne A

            Jouer. Roxana ne pensait qu’à ça. Pourtant autour d’elle que des ruines. De nouveaux morts et blessés tous les jours. Chaque nuit sans l'assurance de voir l’aube nouvelle. Toute la journée passée à éviter les tueurs du ciel et ceux de proximité. Important de limiter les déplacements non essentiels. Chaque sortie potentiellement mortelle. Mais jouer c’est vital pour moi, répétait Roxana. Ses parents et ses frères et sœurs pensaient qu’elle exagérait. Un caprice égoïste au cœur du chaos. Tous persuadés que ça lui passerait. Elle s'entêtait. Je t’interdis de t’y rendre ! La sentence maternelle était sans appel. Même si son père avait essayé de négocier. Se proposant même de l’accompagner. Tu sais bien qu’ils vont la tuer si elle y va. Le père et la fille échangèrent un regard. Il haussa les épaules. Elle l’implora du regard. Le père détourna les yeux.

Comment jouer sans se faire repérer ? Yasmine, sa meilleure copine passionnée du même sport, lui souffla l’idée. Un soir, la mère de Roxana  se mit à hurler dans le couloir.  Qu’est-ce que tu as fait à tes cheveux ? C’est pas possible. De si beaux cheveux. Pourquoi t'as fait ça ? Roxana s’était mise à sangloter et raconter que des hommes en arme l’avaient attrapée et rasé la tête. La même sanction pour Yasmin qui se trouvait avec elle. Soit-disant que des mèches dépassaient des foulards. Pas les seules lycéennes à qui ça arrivait. Ma fille chérie. Les Faces de nuit ont osé touché à ma perle. Si je les avais entre mes mains, je les... Sa mère la serra contre elle. Ne t’inquiète pas, ma fille, ça repoussera. Roxana baissa la tête pour éviter que ses yeux trahissent son mensonge. À tour de rôle, Roxana et Yasmin s’étaient coupés les cheveux. C’était la première partie du plan.

Avant leur retour au pouvoir, les filles étaient autorisées à pratiquer tous les sports. Personne ne l’aurait menacé de mort avec son ballon. Donne-la-moi, je vais te la laver pour que ce soit sec. Sa mère, avant d’être terrorisée, lui lavait sa tenue et affichait un air fier quand sa fille rentrait en gagnante d’un match. Désormais impossible pour les filles d’aller pratiquer le handball dans le seul gymnase de la ville encore en état de servir. Pendant les alertes, les joueurs se réfugiaient dans les vestiaires en sous-sol. Mais l'équipe masculine ne voulait pas renoncer à jouer. Dès qu’ils ont repris les rênes du pays, de la ville, les Faces de nuit – le nom donné par nombre d’habitants et murmuré avec inquiétude et résistance- ont interdit tous les sports aux filles et femmes. Même dans la sphère privée où ils pouvaient débarquer à tout moment. Le sport réservé uniquement aux hommes.

L’entraîneur de l’équipe nationale féminine ne décolérait pas. Une colère silencieuse pour ne pas finir au fond d’un trou. Le pays avait une très grande équipe de handball féminine. Avec de très bonnes chances d’accéder en coupe du monde. Roxana, meilleure buteuse du championnat, avait été sélectionnée pour le Mondial de handball féminin. Très bonne pivot et meneuse de jeu, Yasmin était elle aussi pressentie pour porter le maillot du pays. Deux acharnées toujours un ballon à la main. Avant l’interdiction du sport féminin sur tout le territoire. Même de dribler avec un ballon dans son jardin pouvait être puni d’un châtiment corporel ou d’une peine de prison. Par peur, sa mère avait crevé et découpé tous les ballons de la maison. Sous l’œil de sa fille prostrée dans un coin de la cuisine. Chaque coup de cutter déchirant son plus grand rêve.

Roxana courut voir Yasmin. Excepté ses parents, c’était la seule personne en qui elle avait entièrement confiance. Inséparables comme deux chattes de la même portée, alors qu’elles sont complètement différentes, physiquement et mentalements’agaçait le père de Roxana convaincu que Yasmin avait une mauvaise influence sur sa fille. Toutes les deux se rendirent discrètement dans un immeuble en ruines. Elles y venaient moins à cause des patrouilles plus nombreuses dans les rues. La pièce se trouvait au onzième étage. Les restes d’un salon d’une vie de famille, avec une fenêtre béante sur la ville. La cabane des snipeuses, ironisait Yasmin- la plus rebelle du duo. Toutes deux étaient assises sur un canapé. Roxana en larmes. Mes parents ont fait la même chose. Mais mon frère m’a repassé son ballon en cachette. Lui, il est très mauvais et déteste ça. j'ai un ballon pour deux. Mais comment s’entraîner dans une ville où chaque regard pouvait être dénonciateur ? Si tu es prête Roxa, j’ai une idée. Mais c’est hyper dangereux. Roxana l’écouta sans l’interrompre. Et on ira s’entraîner au gymnase. Roxana blêmit. Tu es folle ; y a que des garçons. Yasmin afficha un large sourire. On sera deux garçons de plus. Roxana refusa.

Yasmin était revenue à la charge. Jusqu’à ce que le duo déguisé en garçons aille au gymnase. Toutes les deux sortaient vêtues en fille ordinaire, la tenue de sport enfilés dessous. Leur vestiaire improvisé dans une usine bombardée à une cinquantaine de mètres du gymnase. Je fais comment avec ça ? Roxana avait soupiré en désignant sa poitrine. C’est sûr que tes seins passent pas inaperçus. Pas comme les miens. On va trouver une solution. Son ventre et sa poitrine entourés de bandelette. On dirait une momie de l’Égypte antique, se marrait Yasmin. Le camouflage s’avéra efficace. Même si c’était fastidieux pour Roxana. Elles avaient rendu leur voix plus grave et gommé le plus possible leurs traces de féminité. Toutes les deux, casquettes vissées sur la tête, s’étaient inscrites sous de faux noms masculins. D’abord des regards avec une méfiance mêlée de mépris sur les deux nouveaux. Avant d’être conquis par leur talent de jeu. Du même niveau que les meilleurs joueurs sur le parquet. Avec une volonté et rage en plus que l’entraîneur perçut dès les premiers échanges. Il les intégra très vite dans l’équipe de la ville.

Heureuses et en même temps toujours sur le qui vive. Chaque fois, elles étaient contraintes d’inventer des prétextes pour ne pas se retrouver dans les vestiaires du gymnase. Au début, ça générait des interrogations. Le reste de l’équipe persuadé d’être méprisée des deux nouveaux « super joueurs ». Moi, je me fous de ça. Ce qui compte ce sont les résultats sur le terrain. Depuis qu’ils sont avec nous, on gagne tous les matchs. Le reste c’est pas un problème. Vous avez bien compris. L’entraîneur avait tapé du poing sur la table. Avait-il deviné le subterfuge ? Elles ne se posèrent pas la question.

Dès que leurs semelles frôlaient le parquet, elles basculaient dans un autre monde. Imperméables à tout ce qui se passait autour du terrain. Un duo invincible et  d'une grande complicité dans le jeu. Très concentrées sur les entraînements et la compétition. Avec des montées d’ inquiétudes, quand des membres de la famille ou des voisins prenaient place dans les gradins. Le père de Roxana souvent spectateur. Elles se débrouillaient toujours pour éviter les quelques caméras et appareils photo. Personne ne les reconnut. Juste à applaudir un duo pivot-attaquant très efficace. Promis bien sûr à une carrière en équipe nationale masculine. Elle savaient que ce serait intenable. Une trop grosse visibilité finirait par les démasquer. Et les mettre en danger de mort.

Tout se déroula parfaitement bien pendant plus d’une année. Les deux nouvelles recrues étaient fort appréciées sur le terrain. Jusqu’à ce soir d’été où elles se rendaient à l’entraînement. Quelques mètres après leur sortie du vestiaire dans l’usine, elles entendirent un bruit de moteur. De plus en près. Elles accélèrent le pas tête baissée. Une voiture pila sur la route.  Elles continuèrent d'avancer sans le moindre regard pour le véhicule. La voiture redémarra et pila à nouveau. Le conducteur baissa la vitre. Montez à l’arrière ! Vite ! C’était leur entraîneur. Sourcils foncés, il avait le front tapissé de sueur. Disparu le visage de l’homme aux yeux rieurs. Elles obéirent. Allongez-vous sur la banquette ! Magnez-vous ! Elles se collèrent en chien de fusil. 

Il fit demi-tour. Yasmine entoura de ses bras Roxana qui sanglotaient. L’entraîneur ne cessait de pousser des soupirs et de jeter des coups d’œil fébriles dans le rétro. On va où ? Yasmine avait relevé la tête. Vous ne bougez pas et silence ! Yasmine se rallongea. Une soudaine montée de peur. Elle tremblait. Le bras de Roxana l’entoura. Un corps à deux têtes terrorisé. La voiture roulait très vite. Elles voyaient défiler des bribes de ciel à travers les vitres.  Il s’arrêta  trois heures plus tard, en pleine nuit. Dans une forêt.

L'entraîneur se retourna. Vous pouvez vous asseoir. Elles se relevèrent. On ne va pas perdre de temps. Vous avez été dénoncés. Roxana demanda qui les avait dénoncées. J’en sais rien. Et peu importe. Il gratta sa barbe bien fournie. Je l’ai su très vite pour vous deux. Roxana le dévisagea froidement. Pourquoi vous avez accepté ? Il esquissa un sourire. D'abord parce que vous étiez les meilleures. Mais ça ne suffisait pas. J’ai été voir vos parents respectifs. Nous avons longuement parlé. Ils ont accepté à une seule condition. Que vous n'intégriez pas l’équipe nationale. Et à juste titre. Je ne vous aurais pas envoyé à une mort certaine. Roxana plissa le front. Nos parents… Qu’est-ce qu’ils vont devenir ? Il lui tapota le bras. Pas d’inquiétudes. J’ai expliqué au juge que vous avez tout manigancer toutes seules. Et normalement, ils ne risquent rien. Ma famille et moi avons encore pas mal de poids dans la ville et le pays. Mais restons prudents. On va mourir, soupira Yasmin.

Il sortit une enveloppe du vide poche. Toute l’équipe et moi on a mis ce qu’on pouvait. Y a de quoi payer des passeurs et passer la frontière. Il leur tendit un sac de sport. Y a des vêtements de rechange  pour mettre sur votre tenue. Pour le reste, c’est à vous de vous débrouiller. Elles se broyèrent la main. Je voulais vous dire aussi que toute l’équipe était au courant. C’est un joueur qui nous a balancées, l’interrompit Yasmin. Non. Ils avaient juré que ça ne sortirait pas de l’équipe. Et je suis sûr qu'ils ont tenu leur promesse. Très reconnaissants de ce que vous avait avez fait pour l’équipe. Bon, on parle trop. Je vous emmène au point de passage. On repart. Elles se rallongèrent. Vous irez voir Abdel. Il est au courant. C'est un colosse au cheveux longs et barbu. vous ne pourrez pas le rater. Un de mes anciens élèves, très bon goal. Mais il préférait faire al fête que bosser sérieux. Bref, il acceptera de fermer les yeux pour que vous puissiez passer. L’entraîneur se tut. Il alluma la radio. Un morceau de guitare classique. Roxana s’endormit.

L’arrivée au poste de douane aux premières lueurs de l’aube. Il se gara à bonne distance. Tous trois sortirent de la voiture. Il dansait d’un pied sur l’autre. Les filles, vous faites partie de mes meilleures recrues. Dommage que les «  faces de nuit » soient revenus pourrir notre pays. Mais ça finira par changer parce que… On va résister. Nous au gymnase, vos parents, et d’autres… La majorité est contre les Faces de nuit. On finira par retrouver le vrai jour.Et vous reviendrez jouer à domicile. Faut y aller maintenant. Il claqua sa portière. Les mains posées sur le volant, il les suivit des yeux dans son rétro. Le regard chargé de colère. Une colère impuissante. Quand il reçut le texto annonçant leur passage de frontière, il reprit la route de la ville. Sans se douter qu'il ne verrait pas la prochaine aube. Les parents des joueuses non plus.

Leur fuite pour semer la mort dura plusieurs mois. Sans la moindre adresse ou point de chute. Ballotées d’un lieu à l’autre. Double peine pour deux filles seules. Yasmin, très méfiante, avant insisté pour qu’elles n’intègrent pas un groupe d’exilés. Le pire moment avait été la traversée de la Méditerranée. Leur bateau en surcharge de passagers faillit chavirer à maintes reprises. Il s’échoua sur une plage en pleine nuit. Les naufragés furent pris en charge par des associations. Sur terre et sur mer, elles avaient conservé un ballon dans leur sac. Malgré la fatigue et la tension, elles s’entraînaient autant que possible. Une sorte de réflexe pour l’une et l’autre, leur corps en avait besoin. Balle à la main, elles redevenaient légères, libérées du poids permanent de l’exil. Deux sportives de haut niveau. Tout s’arrêta une nuit. Sur un parking à l'entrée d'une ville.

Yasmin avait été rouée de coups. Pendant que Roxana cherchait un lieu pour planter leur tente. Un routier se rua sur les agresseurs avec une barre de fer.  Faut aller à l’hôpital ! Roxana refusa. Non, on pas de papier. Ils les emmena de force. Votre copine a eu un traumatisme crânien. Mais rien de grave. Elle n’aura apparemment pas de séquelles neurologiques. Alors que sa jambe gauche est… Comment dire ? Elle boitera jusqu’à la fin de sa vie. Nous allons la garder en observation quelques jours. La police est prévenue. Elle viendra demain matin. Elles le remercièrent et s’enfuirent quelques heures plus tard. Roxanna soutenait Yasmin pour marcher. Gros coup de klaxon. Vous allez m’emmerder longtemps vous deux. Montez. Vous allez où les filles ? Il hocha la tête. Ça tombe bien, moi aussi. On y sera dans une douzaine d’heures. Montez dormir en cabine. Le camion traversa la frontière.

Après huit semaines en foyer d’accueil, elles furent accueillies par une famille. Le délai aurait été plus court si elles n’avaient pas décliné trois propositions. Refusant d’être séparées. Jusqu’à la proposition d’un couple avec un fils et une fille  âgés de cinq et sept ans. Le père se prénommait Michel, la mère Suzanne, les enfants, Gaspard et Lola. Tous les quatre vivaient dans une très grande maison proche de Paris. Voici vos deux grandes sœurs. Les parents avaient fait les présentations. Peu à peu, elles trouvèrent leurs marques dans cette nouvelle famille. Conscientes d’être tombées sous le toit idéal. Se sentant profondément redevables. Elles ne cessaient de rendre au quotidien la monnaie de la pièce familiale.

Michel déboula dans le salon. L'air mécontent. Roxana passait la serpillère. Tandis que Yasmin lavait les carreaux. Désolé, les filles, mais je risque d'être abrupte. Vous n’êtes pas les femmes de ménage de la famille. Vous êtes chez vous. Roxana l’interrompit d’un geste. Normal qu’on vous remercie quand même. Il esquissa un sourire. Bien sûr, mais pas toutes les secondes. Vous n’avez pas d’ardoise à régler. Et puis nous avons moins de mérites que d’autres ménages ayant accueilli des réfugiés. Plus facile de tendre la main dans notre situation que celle de familles vivant dans la promiscuité et la précarité. Elles échangèrent un regard interloqué. Et pour en finir avec ça, nous avons aussi de la chance d'être tombée sur vous deux. C’était un pari. Pas sûr que ça aurait matché entre nous. Peut-être que vous auriez pu être détestables. Pas que des gens parfaits parmi les exilés. Aucune raison d’ailleurs que toute une population soit parfaite. C'est impossible.. Chez nous on sait dire bienvenue et sale con ou conne quand il le faut. Bon, je suis à la bourre. «  Il sortit de la cuisine. Elles cessèrent de justifier leur présence. Pour devenir des membres à part entière de la famille. Partageant les joies et les conflits classiques de l’intimité.

Ce fut plus difficile pour Yasmin. Bouffée chaque nuit par des cauchemars. Elle revivait en boucle son agression. Pas un jour sans y penser. Prise en charge par un psychiatre, elle réussit peu à peu à se reconstruire. Les ombres toujours présentes, mais tenues en laisse. Une élève très brillante. Après son bac avec mention, elle s’orienta vers la médecine. Déterminée à devenir pédopsychiatre. Elle qui ne supportait pas les enfants. Je crois que... Comment dire ? Sans doute une connerie, mais je crois qu’en guérissant l’enfance des autres, j’anesthésierai ma douleur. En espérant qu’elle disparaisse un jour. Important de transformer ma chance en main tendue à mon tour. Utopique sans doute mais je n'ai pas d'autres solutions que l'espoir. Pour moi et les autres. Bon, j'arrête de te gonfler avec ça. On se fait un jeu ? Roxana l’avait regardé avec un large sourire. Très fière de sa « Sœur d’enfer » comme elles s’étaient surnommées. Ce jour-là, toutes les deux devant l’annonce numérique des résultats du concours d’entrée en médecine, Roxana se rendit compte – plus intensément qu'à d’autres moments- de leur parcours en trois années. Deux orphelines ayant traversé l’enfer. Sans avoir la tête et le cœur en cendres.

Bon élève aussi, Roxana préféra opter pour un cycle court. Elle obtint un diplôme de coiffeuse. La seule des deux a s’être laissé pousser les cheveux : parfois, dans le silence de nuit, la main d’une ombre de l'autre rive remettait de l’ordre dans la tignasse rousse de sa fille. Moi à ta place, si on me l’avait proposée et si j’avais pu, j’y serai allée sans réfléchir. C’est une très bonne équipe. Bien placée au championnat. Et si tu es repérée, tu peux jouer en équipe de France. Roxana poussa un soupir. N’importe quoi. J’ai plus le niveau. Yasmina la fixa droit dans les yeux. Tu te souviens ? Elles se tapèrent dans la main. Je sais : on joue, on gagne. Roxana se sentait capable de reprendre la compétition. Mais hors de question de re-jouer sans sa Sœur d’enfer. C’est non. Yasmin lui saisit le poignet. Refuse pas à cause de moi. Ce n’est pas toi qui a brisé… Si tu refuses, ce sera encore pire pour moi. Toute ma vie a porter ta frustration. Roxana secoua son poignet pour se dégager. Lâche-moi ! C’est non. Yasmine haussa les épaules. Bon, écoute, fais ce que tu veux ! Tu m’énerves ! Yasmina gagna la cuisine.

Roxana s’en voulait. Leur premier conflit depuis leur départ en exil. Pourtant, malgré leur complicité et réussite, que d’engueulades entre les deux joueuses sur le parquet. Regarde quand je tourne sur la zone. Tu places tes balles pas assez vite. Si t’es pas contente, prends ma place. Roxana rejoignit Yasmine pour se réconcilier. Sûre qu’elle allait comprendre sa décision. Toute la famille était attablée. Une bouteille de champagne dans un seau. Ça se fête, les filles ! Le bouchon percuta le plafond. À notre futur médecin ! Toutes les flûtes convergèrent sur Yasmine. Elle affichait un large sourire. Et à notre futur championne de hand ! Les deux fêtées trinquèrent sous les applaudissements de la famille. Elles se regardèrent en silence. Puis Roxana posa sa flûte sur la table. Yasmine l'imita. Pour se tomber dans les bras.. Toujours de la même portée.

Inséparables.

           NB: Une fiction inspirée de cet article. Le sport est à nouveau interdit pour les femmes en Afghanistan. Une autre réfugiée Afghane, handballeuse de haut niveau, est arrivée récemment en France. Comme écrivait  ( son twitt transcrit de mémoire) un internaute: Peu importe le pays d’origine, la qualification, le niveau d´étude, les causes du départ... Chaque réfugié et réfugiée doit être accueillis de la même manière. Avec chaleur et dignité.

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