Mouloud Akkouche
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Billet de blog 26 juin 2022

La femme esquisse

Libérer L'Homme.Esquisse est partie dans ce but.Un départ précipité.Personne ne l'a vue s'enfuir. Guère étonnant; elle est toujours passée inaperçue. Une silhouette absorbée par la lumière des autres. Tout le monde ici l'appelle " L'Esquisse". Elle a ouvert la route notamment à un Homme très connu dans le monde entier. Première de lignée célèbre.

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© Pascal Garnier

           Libérer L'Homme. Esquisse est partie dans ce but. Un départ précipité. Personne ne l'a vue s'enfuir. Guère étonnant ; elle est toujours passée inaperçue. Une silhouette absorbée par la lumière des autres. Tout le monde ici l'appelle " L'Esquisse". Quelques-uns rajoutent Femme. Au début, elle ne supportait pas du tout ce diminutif. Elle le trouvait méprisant. Pourquoi la réduire à un surnom ? Cherchaient-ils à minimiser sa place et son mouvement  ? Alors que tous s'extasiaient sur le rôle de son frère: L'Homme.  Appréciant aussi les autres membres de la fratrie. Pourtant, le frère,  la sœur, et le reste de la famille, ont la même activité. Dédiés à la même tâche depuis des décennies. Une "oeuvre familiale" qu'elle a débuté bien avant son jeune frère. Et les autres frères et soeurs lui ayant emboîté le pas. La première sur le chantier. Des années avant qu'il ne voit le jour. La femme des premiers pas reléguée en arrière-plan de l'histoire. Niée sur le registre de la famille.

         Seuls quelques-uns le surnomment L'Homme. Elle aussi  quand il l'agace. Le reste du temps, elle l'appelle " P'tit frère". Un frère qui ne passe jamais inaperçu. Où qu'il se trouve, on le remarque en premier.  Cela dit, ils est chaque fois mis en avant. Sa silhouette est incontournable. Occultant celle de sa sœur. La colère a fini par retomber. Elle a accepté d'être Esquisse. S'effacer sur la photo de famille. La vieille " non-bancable" toutefois acceptée dans l'ombre de leur histoire commune. Un regard furtif sur elle que quand il faut retracer la naissance de leur groupe. Petite silhouette frêle, sans regard, toujours dans l'ombre familiale. Dont celle de son jeune frère qui a capté presque toute la lumière. Toute la lignée a vu le jour sous le même toit.

       Combien de temps sans avoir revu son frère ? Plus d'une dizaine d'années. Leurs rencontres étaient de plus en plus brèves. Contrairement à elle et aux autres membres de la famille, il voyage beaucoup. Très demandé. Voyageur de luxe né dans un réduit sous les toits de Paris. Très mobile et sollicité, avant son nouveau point de chute. Depuis, il bouge moins. Esquisse est persuadée que son frère souffre de sa situation. Une souffrance muette et soumise. Elle a décidé de l'aider à s'évader de sa prison dorée.

        Son frère ne lui a rien demandé. Il n'est pas au courant de sa décision de venir " le sauver". Pourquoi aller le secourir alors qu'il n'en a jamais exprimé le désir ? Elle avait fini par se persuader qu'il se morfondait dans sa solitude de luxe. Une mort de première classe,  entouré que de quelques individus. Lui qui aimait tant côtoyer des inconnus. Puisant sa force dans le regard de l'autre. Sa présence fortifiant aussi certains êtres attirés par lui. Des échanges enrichissants voulus par l'homme nuit: le ciment familial. Pourquoi a-t-il oublié les racines de leur histoire ? Accepter de s'éteindre dans un cocon loin des bruits du monde. Planqué loin de l'humanité en marche. Son frère est aussi puissant que fragile.

      Dédié au mouvement.

.

         Des semaines de marche. Peut-être même des mois. Esquisse sait que le voyage sera long et très difficile. Ça ne lui fait pas peur. À son âge, plus rien à craindre. Ni à perdre. Libre et sans limites. Le localiser n'a pas été simple. " Vraiment un super lieu où il se trouve. Regarde les photos. Un endroit de rêve. Entouré que de gens triés sur le volet. Que du beau linge. Ça va le changer. Une sorte de retraite en or de L'Homme". Elle s'était concentrée sur leur conversation.

          Le couple avait parlé dans la pièce contigue. Comme d'habitude sans se soucier de L'Esquisse. Elle avait longtemps pesté contre le désintérêt à son égard, avec une part d'amertume : comment la pionnière, pouvait-elle être négligée à ce point ? Sans elle, rien ne se serait passé. Le socle de la famille et de tous les pique-assiette ou non gravitant autour d'eux. Puis elle a commencé à trouver une forme de plaisir à cette position. Et un intérêt à voir sans être vue. Après l'évocation du "paradis de l'Homme", ils étaient passés à un autre sujet. Elle ne saurait pas où il se trouve. Leur soirée avait duré longtemps. Elle s'était assoupie dans son carré d'ombre. " Tu peux me donner l'adresse exacte ?". Esquisse avait ouvert grand ses oreilles. La nouvelle adresse de L'Homme notée.

      Pour partir sur ses traces quelques jours plus tard. Après avoir demandé à une autre femme de la remplacer. Une sorte de doublure quand elle est en déplacement, beaucoup plus dans l'ombre qu'elle. " Bon... Je vais te le dire maintenant. J'ai toujours rêvé d'être à ta place. Et à plein temps." La réponse a été tout de suite positive. " Mais tu es sûr que ça ne va pas poser de problème. Moi, je ne suis pas... S'ils s'en rendent compte ? ". Esquisse a secoué la tête. " Ne t'inquiète pas. Ils n'y verront que du feu. Bien longtemps qu'ils ne me regardent plus. Enfin pas comme les autres... Bon. J'y vais. À une autre fois ou à jamais. " Un bref salut entre deux ombres. " Prends soin de toi.".  Elle a pris la route.

        La route de L'Esquise.

.        

          Et si quelqu'un me repère ? Sa principale  hantise au début de la cavale. Rompant les amarres de plusieurs décennies. Quittant la quiétude d'un port d'attache, certes où elle se considérait négligée, mais un espace protecteur à l'abri des spasmes d'un monde ne finissant pas d'en finir. Très vite, elle a constaté qu'elle continuait de passer inaperçue aussi dans la rue. Excepté quelques fois un regard trop insistant. " Regarde ! Elle est bizarre..." Le plus souvent des yeux de gosses. Esquisse s'immobilisait aussitôt. S'absentant sur place. Elle a l'habitude de disparaître. Vivre dans un tout petit espace. Dès ses premiers pas, elle a été confinée dans quelques mètres carrés, sans se douter que, derrière les murs ; une nuit affûtait ses couteaux. L'une des pires nuits de l'Europe et de l'humanité. La mémoire semble l'oublier de plus en plus. Une nouvelle nuit en suspens au-dessus de l'époque ?

          À la moindre alerte, Esquisse s'immobilisait. Dans une gogue mperméable aux flux et reflux  autour d'elle. " Je l'ai jamais vue ici." Sa présence passagère pouvait intriguer. Son corps très atypique ne laissait pas indifférent. Destabilisant les yeux curieux interrogeant ses formes. Quand le regard plus curieux que la moyenne reprenait sa route et le fil de son histoire, elle continuait sa marche. Avec une préférence pour l'obscurité. Une ombre dans la nuit est beaucoup moins repérable. Elle évitait le plus possible les parties les plus éclairées. Toujours au bord des villes et des villages. Planquée la journée souvent dans des squares ou en forêt, pour repartir à l'effacement du jour. Elle passe sans rien voir. Pressée. La cavale de la femme sans regard.

            Tout ce qui lui arrive, c'est à cause de lui. Elle lui en a beaucoup voulu. Pourquoi a-t-il fait ça ? Dans son esprit, les femmes ne pouvaient être autrement, en quelque sorte des écervelées. Un corps juste bon à reproduire et à accomplir les tâches du quotidien. Pour les plus belles, jouer aux images à la face repeinte au quotidien pour éclairer le regard des hommes et les faire bander. Sa colère s'est apaisée au fil du temps. Elle a accepté de sa vision réductrice des événements autour de sa naissance. L'époque où elle avait vu le jour était complexe. Aujourd'hui, avec le recul, elle sait qu'une nasse obscure étouffait un à un les pays d'Europe avant d'envahir le monde. En plus de l'histoire avec un grand h, il était bouffé par ses démons. Une sorte d'homme-obscurité. Sans cesse à vouloir tout détruire. Une destruction vitale. Insatisfait permanent rongé par le doute. Toujours en quête.

           Insatiable.

.

             Elle balaye les images du passé. Préférant se concentrer sur un seul objectif : libérer son jeune frère. Tous les deux ont un très grand écart d'âge. Elle pourrait être sa mère. En apparence, ils n'ont pas grand-chose en commun. Lui est grand, au centre d'une lumière qui décuple sa puissance et son aura partout où il se trouve; un géant salué par les regards fascinés par lui et quelque peu intimidé de la côtoyer un instant. Qui oserait le surnommer L'Esquisse ou Le Brouillon ? Sa position est toujours visible.

          Personne ne peut ignorer la démarche de son frère. On le regarde avec un immense respect pour tout ce qu'il représente. Diffcile de ne pas être touché par un individu si fragile qui se bat pour l'humanité entière. Tenter de sortir de sa gangue de boue. Sa sœur aînée a la même démarche . Pourtant, même à ses côtés, elle sera ignorée. À peine une poignée de regards sur elle. Toute la lumière est projetée sur son frère. Lui est abouti. Il avance. Pas elle. L'inachevée de la famille ?

         Assujettie à son rôle d'esquisse de la famille. De loin en loin, on se souvient de son existence. Un bref éclairage sur la grande sœur. Pourtant son frère ne l'a jamais exclue du cercle familial. "Sans toi, je ne serai pas là. Tu m'as ouvert le chemin. Et ce n'est pas parce que tu n'es pas comme nous tous que tu n'es pas de la famille." Son frère a une profonde affection pour elle. Même si quelques fois, sous les projecteurs, il a oublié sa grande sœur. Elle ne lui en veut pas. La lumière peut parfois faire tourner la tête.

        Mais son frère connaît le prix de l'obscurité. La lucidité et l'empathie sont leur héritage commun. Le legs d'un homme qui avait conscience de l'autre. Tous les autres. Les sans visages ni voix, avançant à tâtons. Une marche engluée dans la boue de l'époque. Des êtres noyés dans la foule marchant penchée avec parfois quelques coups d'œil à l'autre trottoir. Le seul éclairé. De très rares passants sur l'autre rive. Ils les invitent à changer de trottoir.

         Sur la rive Espoir.

.

       Esquisse ouvre la porte. Il est là. Son frère ne bouge pas dans la pénombre de la pièce très haute de plafond. Il se trouve devant une large baie vitrée. Elle donne sur un parc. Une villa très luxueuse. À l'intérieur, il y a peu de mobilier, d'objets, quelques toiles sur les murs blancs. Un luxe pas clinquant. Une odeur de fleurs flotte dans l'air.

_ Qu'est-ce que tu fais là ?

Elle s'approche.

_ Je suis venue te sortir d'ici.

Il hausse les épaules.

_ C'est chez moi. Tu sais combien j'ai...

         Elle l'interrompt d'un " Ça suffit tes conneries de vieux gosse gâté pourri ! ". Il ne moufte pas. Surpris par la réaction de sa sœur. Ronchonne mais toujours en silence. Elle est colère contre son accueil. La recevant comme s'ils s'étaient quittés la vieille. Une indifférence sûrement de protection. De quoi a-t-il peur ? Sans doute d'être rattrapé par une part de leur passé. Avec des images sombres qui viennent parfois le tarauder. Les années en attente d'une aube incertaine.

_ Oui je le sais. Tout le monde n'a parlé que de ça. Dire qu'on a vécu dans 25 mètres carrés et que... Tu pèses des millions de dollars en...

_Tu es jalouse ou quoi ?

Elle se raidit.

_ Tu sais bien que non.

- Qu'est-ce que tu veux alors ?

Esquisse cherche ses mots.

_ Tu te souviens pourquoi tu es venu au monde ?

_ Bien sûr.

Un chat s'étire sur un fauteuil.

_ Rappelle toi la douleur de l'homme. Tous les hommes et les femmes englués dans leur solitude. Malgré la souffrance et les difficultés, ils continuent d'avancer, d'aller de l'avant. Ne perdant jamais l'espoir.

Il pousse un soupir.

_ Je sais bien tout ça. Tu n'es quand même pas venu pour me refaire une histoire que je connais par cœur. Comment ça va la frangine ?

       Son frère a adouci son ton. Tour à tour très heureux et mécontent de l'arrivée de sa sœur. Pourquoi le visiter pour casser son bonheur en lui assénant des principes d'un autre âge ? Qui pense encore comme elle aujourd'hui ? Les temps ont changé, a-t-il envie de lui dire. L'argent et l'ego numérique ont gagné sur toute la panète. Les grandes idées ne sont en vitrine que pour attirer le plus de clients possibles. La quinzaine des bons sentiments et de " l'indignation de confort" fait beaucoup vendre. Comme elle, il le déplore. Ce qui ne l'a pas empêcher de l'accepter. Vivre avec. Se contentant de constater la chute du siècle. Devenu un puit de pessimisme. Contrairement à sa sœur. Elle est restée fidèle aux principes de l'homme-nuit. Irréductible idéaliste.

- Tu vois, continue-t-il. Je n'ai plus envie de bouger de ce lieu. Jamais auparavant, il ne s'est senti aussi bien quelque part. Comme à l'abri de toutes les nuits. Sans avoir peur de ne jamais revoir l'aube.

       De le voir et l'entendre ça l'a replongé dans le passé. Une très ancienne conversation remonte à la surface. " Moi, je ne sers pas à grand-chose. Même pas de tête.". Son frère avait froncé les sourcils. " Arrête de dire ça ! "l elle se sentait écrasée par un grand manque; sa différence avec le reste de la famille. " Tu sais bien que je ne suis pas tout à fait fini, quoi.". Il s'était apprêté à l'engueuler avant de se raviser. À quoi bon ? Inutile de rajouter à sa détresse. Son corps ne changera pas. " C'est vrai que... Mais... Mais toi, tu possèdes un regard. Ça compte. Autour de toi, de nous, combien de têtes bien faites, bien pleines, sans regard ? " Il avait quitté sa posture de star, pour la prendre entre ses bras. Consoler sa sœur aînée. La conversation remontait à un demi-siècle.

        Son frère aurait-il tout oublié ? Perdu la mémoire des longues mains silencieuses posées tendrement sur nos jeunes épaules. Et le regard d'un homme-nuit à l’affût d'une moindre lueur pour comprendre et continuer d'avancer. Si Esquisse lui dit le fond de sa pensée, il va penser qu'elle est devenue folle. Paumée dans un monde qu'elle ne comprend plus. Accrochée à des idées qui n'ont plus cours. La frangine a l'esprit embrouillé par la vieillesse. Le frangin a sûremetn raison, soupire Esquisse. Bonne pour la Casse du Siècle.

_ Si je suis venue, c'est parce que j'ai pensé à lui... L'argent n'était pas sa quête principale. Un homme qui ne serait jamais laissé enfermer dans une prison dorée. Se méfiant du pouvoir de l'argent et de celui des apparences. Il ne t'a pas rêvé finir ici. Son rêve pour nous tous n'était pas... Comment te dire ? Il n'aurait pas supporté de te voir pieds et poings liés au pouvoir de l'argent, et...

   Il l'interrompt sèchement :

_ Ce n'est pas vrai du tout ! Je fais  partie en quelque sorte de leur famille. Regarde comment je suis bien installé. On me respecte ici. Les enfants m'adorent. Je sais tout de cette famille. Ses larmes, ses rires, ses... Ses tromperies aussi. Je suis bien ici. Désolé... Tu as fait tout ce chemin pour rien.

      Un silence pesant.

_ Après tout, tu as peut-être raison. De quoi je me mêle ? Si tu te sens bien avec ta nouvelle famille. Bonne continuation à toi, Cher P'tit frère.

.      

    Elle quitte la pièce et sort de la villa. L'air est frais. Les étoiles tapissent le ciel. Elle s'est glissée à travers les barreaux du portail. Sous l’œil des caméras qui ignorent L'Esquisse. Elle avance à pas lents.

      Le cœur gros de ne pas avoir réussi à le convaincre. Le cynisme a raflé la mise. Même le rêve d'un homme qui doutait. Elle marchera toute seule. De pays en pays. Insatisfaite comme celui présent à ses premiers pas. Habitée par une grande soif d'espace et de rencontres.

      Un bruit derrière elle. Un pas résonne dans la rue. De plus en plus proche. Elle se colle contre un mur. Fondue dans le décor. Un bruit de moteur au loin. Le quartier résidentiel est bourré de flics.

- Attends-moi.

   Elle se détache du mur.

- Tu veux quoi ?

Il secoue la tête.

- C'est la meilleure celle-là.

-...

- Tu as bien fait des milliers de km pour... Pour m'inviter à me dégourdir les jambes.

          Le frère et la sœur se marrent. Comme quand ils étaient tous ensemble. Sous un toit exigu de Paris.

- En route.

Il se penche sur elle.

- Où va-t-on ?

        Esquisse ne s'est jamais posée la question. Ni de ce que la disparition de son frère allait générer. Sa cavale fera la une des télés et de tous les journaux. Les flics du globe entier vont se jeter sur leurs traces. Des spécialistes vont disséquer la cavale du frère et de la sœur. Esquisse n'est pas inquiète. Elle a tellement envie de marcher. Sous le regard d'une sorte de père. Un sourire esquissé sur le visage de l'homme-nuit. Si heureux de les voir avancer. Encore debout.

- On y va.

NB :  Ce petit conte de la " Femme esquisse" est inspirée de la "Femme qui marche", de Giacometti. Partie à la recherche de son " jeune frère" désormais " confiné" dans une collection privée. La moins connue des " hommes et femmes qui marchent" du sculpteur. Mais la première de la lignée. Ombre marcheuse de l'histoire de l'Art ?

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