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Billet de blog 26 nov. 2022

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Le jour se lève sur de nouveaux livres

Le jour se lève sur de nouveaux livres. Désormais plus le sien. Celui de son histoire. Le rideau s’est refermé sur ses yeux. Pas sur la fenêtre du monde. S’ouvrant sur un matin dont il ne sera pas lecteur. Ni auteur. Mais ses deux initiales restent à jamais gravées dans le papier. Et inscrites dans des dizaines de milliers de mémoires. Sa présence fragile et irréductible.

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© Vincent Van Gogh

        Le jour se lève sur de nouveaux livres. Désormais plus le sien. Celui de son histoire. Le rideau s’est refermé sur ses yeux. Mais pas sur la fenêtre du monde. S’ouvrant sur un matin dont il ne sera pas lecteur. Ni auteur. Le premier matin sans lui. Ni ses mots.

Le soleil, les étoiles, ne brilleront plus au-dessus de son corps. Mais leur lumière, ainsi que le souffle du vent, le ressac des vagues, le chant des oiseaux, le tempo d’une solitude, continueront d’habiter la planète. Pour de nouveaux arrivants. Et les êtres déjà présents au rendez-vous du vivant. Aujourd’hui.

D’autres livres se vivent.

Sans sa main discrète. Des doigts au service d'un regard interrogeant le monde. Et ses milliards de chairs solitaires. Pas juste une quête sans lendemain ni objet à transmettre. Entêté à recueillir des réponses. Rares celles qui duraient. La plupart des réponses finissaient par se dissoudre. Invisibles dans le fleuve du temps.

Que devenaient-elles ?

Nouvelles interrogations. À l’abri des regards et des certitudes. La question chrysalide, travailleuse de l’ombre, loin de la lumière, avant de se métamorphoser en papillon. Ses ailes en pleine lumière. Elles s’éloignent dans le jour. De moins en moins visible. Pour retrouver l’ombre des origines.

Celles qu’un homme a cherché à sonder. Tenter de comprendre, mettre des mots sur l’innommable. Le sien et celui de tout ce qui l’entourait. Lui s’est servi de Dieu comme béquille. Une divinité qu’il trouvait dans la senteur d’une fleur, la douceur d’une brise, un lever du jour… Chaque individu se cherche une béquille. Pour continuer d’avancer. Entre ombre et éclaircie.

Le poète est parti. S’effaçant  pour laisser sa place. La place de l'autre. Il laisse dans son sillage des interrogations.Quelques miettes d'égarement dans une ère de géolocalisation permanent ? Sa poésie continuera de nous dérouter. 

Le nommer ? Son nom d'état civil se trouve sur sa pièce d'identité. Mais il s'est nommé autrement, à travers ses mots. Signature d'encre sur papier. Avec des initiales qui me faisaient sourire. Aux antipodes de sa poésie. Certes jamais gratuite. Le sens a un coût. Les poètes lui offrent leur chair.

Tapez ses initiales sur Google. En quelques secondes, vous obtiendrez environ 2 520 000 000 résultats. Et le mot poésie sur un moteur de recherche ?  Environ 53 700 000 résultats. On ne rêve pas dans la même catégorie. Quelle sont ces deux lettres passagères ? Sa présence fragile et irréductible.

Grand merci CB.

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