Mort est sa couleur

Un sourire tourne en boucle sur twitter ? Qui-est ce ? Quelqu'un de bien ou détestable L'un et l'autre? Peu importe,sauf pour ses proches.En tout cas un être qui serait encore vivant s'il n'avait pas croisé la connerie humaine.Celle qui décide qu'on peut crever brutalement à cause de sa couleur, la forme de son crâne, ses opinions, ses croyances religieuses, son orientation sexuelle...

 

 © Marianne A © Marianne A

           Un sourire  tourne en boucle sur twitter ? Qui-est ce ? Quelqu'un de bien ou détestable. Peu importe, sauf pour ses proches. En tout cas un être qui serait encore vivant  s'il n'avait pas croisé la connerie humaine. Celle qui décide qu'on peut crever brutalement à cause de la couleur de son visage, la forme de son crâne, ses opinions, ses croyances religieuses, son orientation sexuelle... . Mettant fin d'un seul coup à ta traversée éphémère de la planète. Terminus de ton voyage décrète-t-elle au coin d'une rue ou derrière un écran en te délestant de ton existence. Comment reconnaître la connerie humaine ? C'est très difficile. Car elle a peut porter tous les visages. Même le sien et celui de ses proches. Elle opère seule ou en groupe. La plus meurtrière, celle mâchoires écumante de bave, se déplace fréquemment en meute. Une masse qui avance avec le masque d'un drapeau ou d'un dieu; parfois les deux mêlés parmi des "isme" de toutes sortes. La haine solitaire est souvent celle d'un individu se cognant d'abord aux murs de son enfance, puis à ceux de son quartier, citoyen du monde vu à la télé; il commencera par imploser sous son crâne puis, sa haine de soi et des autres bien chauffée, finira par dégoupiller et emporter dans son sillage mortel un ou plusieurs de ses contemporains. Inexcusable barbarie solitaire. Mëme si elle alimentée en partie par la propagande, virtuelle ou au pied de son immeuble, et accentuée par du décervelage pour rendre le cerveau indisponible à l'esprit critique, soluble dans la téléréalité et perméable aux marchands de produits de consommation et de division. Pas un scoop. Un enfonçage de portes dégondées. Certes mais le compteur à obscurantisme et violence de tous bords semble dépasser tous les records en ce moment ou, pour le moins, avoisiner ceux d'un autre jeune siècle basculant dans une des pires nuits de l'humanité. Peut-être moi qui traîne trop sur le Web ?

        Se déconnecter de la toile ne débranchera pas l’obscurantisme à tous les étages. Rester assis impuissant devant son écran ne sert pas à grand chose non plus. Que faire quand on ne peut rien faire ? Dans une époque, un pays, un monde, où ceux censés représenter la majorité se protègent les uns les autres, bien installés dans la minorité moelleuse de l'entre soi, avec comme principe enrobé dans des éléments de langage: encore plus pour nous. Même certains penseurs, très critiques de la société du spectacle, donnant des coups de crocs dans la main des médias, finissent peu à peu par manger dans cette même main. La gamelle sait retourner les vestes. La famille, de bons amis, semblent aussi pris par le raz de marée de verroterie de l'ego2-0 et de la confusion. Je suis aussi dans ce flot qui fait parfois perdre pied et le Nord. Le con réac et étriqué ce n’est pas toujours que l’autre. Chacun, accroché à sa psyché numérique, rame pour ne pas être noyé dans le flux et reflux de plus en plus rapide du quotidien plasma. Accroché à sa bouée de followers et pouce levés. Navigateur solitaire dans les eaux de son île privée et publique FB.

      Pendant ce temps, d'autres, par milliers, dérivent et crèvent dans une mer qui elle n'est pas virtuelle. Un copain l'a rebaptisée " La Meure Méditerranée". Sur les rives du globe, ici ou là, des populations entières crèvent sous des bombes ou massacrés par des tueurs de proximité. Avec des armes vendues par des pays qui, exceptés les attentats de décérébrés défoncés à la religion et à la came des influenceurs cathodiques, n'ont pas de guerre à domicile. À propos de fanatisme; si quelqu'un a le O6 de Dieu, peut-il lui laisser un message pour lui demander: comment se fait-il que quelqu'un n'existant pas soit de plus en plus présent et représenté sur terre. Je sais, je sais; tous les croyants ne sont sont pas des tueurs psychopathes ou sérial-killer potentiels. C'est vrai. La majorité exerce son culte sans emmerder ses prochains. Mais, en attendant, il y en un certain nombre de gens se recommandant de Dieu qui tuent, blessent, et sont obsédés en permanence par la femme qu'ils veulent mettre plus bas que leurs bas instincts et frustrations. Bon, j'en étais où de ma liste de courses de la haine et merde planétaire. N'en jetez plus, le caddie est déjà plein jusqu'à la gueule. Des produits tous plus désespérants les uns que les autres. Et tout ce qui va bien, tu ne le vois jamais ?

         En effet, les trains à l'heure font moins de bruit que les autres à l'arrivée. Tous les gestes joyaux, petites et grandes beautés des individus, ont du mal à affleurer à la surface de nos écrans ou du papier. Les pages nécrosées de l'époque colonisent tellement l'espace. Indéniable que changer le monde commence aussi par changer son regard posé dessus. Ne serait-ce que le décaler de très peu, sur sa fenêtre-écran ou autour de soi, pour découvrir de belles choses, importantes en terme d'impact sur une existence ou dérisoire et paraissant futile dans la marée de nouvelles quotidiennes. Comme cette femme racontant sur twitter l'oubli de tous ses journaux au kiosque d'une gare, trop tard pour faire demi-tour et risquer de rater son train; le kiosquier lui avait couru après avec sa dose de papier oublié. Un exemple découvert à l'instant mais il y en beaucoup d'autres. Fort heureusement. Nombre d'actes altruistes d'anonymes, sans besoin d'un selfie ou un retweet "regardez c'est moi qui a fait ça", passent totalement inaperçus. Normal parce qu'ils ne veulent pas de mousse autour de leur action. Ces actes sans buzz, un regard, un sourire, un clin d’œil, un pouce de chair et d'os levé, etc, sont nécessaires pour ne pas désespérer de ses colocataires de palier et de planète. Quelques rayons de soleil pour sortir en pointillées du sale temps sur notre siècle. Un siècle qui va fêter son vingtième anniversaire.

      Vingt bougies à ciel ouvert. Un ciel crachant sa couche d'ozone. Son cancer de fumeur passif alimenté par de grands industriels et tel ou tel accord de liberté de dépecer la planète pour un zéro de plus de dividendes. Pas un scoop non plus. Toujours la même porte ouverte à tous les mauvais vents. Le signal d'alarme est tiré depuis des décennies mais, le regard rivé sur l'horizon de contrats à signer, les pilotes du vaisseau entendent et écoutent de temps à autre. Pourquoi, eux qui peuvent faire, n'agissent-ils pas concrètement ? Le tiroir caisse, qui a le dernier mot, étouffe tous les cris exhortant à donner un coup de frein pour arrêter le voyage en direction de la mort pour tous. Ainsi que celle de la faune de la flore. La course au sonnant de nos dirigeant nous fait tous trébucher : eux et leur famille aussi. La mort viendra et aura tes cieux, pour paraphraser l'immense Cesare Pavese. Pas que le ciel devenu une épée de Damoclès sur sept milliards d'individus. Ne pas oublier les autres snipers, fous de dieu ou du pétro-dollar, positionnés à de nombreuses fenêtres du village planétaire. Prêts à dégommer tout ce qui ne bouge pas comme eux pour protéger leur territoire. Cols blancs ou petites mains, tous à sont à leur niveau des "je hais un autre". Une haine, plus ou moins grande, qui peut saisir tout un chacun dans cette période de confusionnisme. Rester vigilant devant son miroir à douter. Surtout quand le temps se gâte. Un réchauffement climatique, pas des relations humaines.

       Le bout de la nuit déjà dans notre dos ? L'aube sans promesses gravée sur le rétro ? Des  questions pouvant se poser quand l'esprit des lumières fait pâle figure. Une lueur à peine visible. Que faire quand on ne peut pas faire grand chose ? Au moins d’essayer de changer les ampoules. Et pour les plus ambitieux donner un petit coup de fraîcheur à toute l'installation. Remettre de l'éclairage avant que l'humanité ne prenne l’air qu’avec un gilet pare-balles et un masque à oxygène. Le temps presse. Mort sera bientôt la couleur de notre planète ?  De nombreux avis annoncent sa mort pas naturelle  à court ou moyen  terme.  La planète bleue comme une orange survivra-t-elle à la connerie galopante des hommes ? Elle les enterrera tous. Mais dans quel état continuera-t-elle de tourner ?

     Le XXI ième siècle sera urgent ou ne sera pas.

NB. LIre ou relire l'incroyable " Lettre d' Arthur Rimbaud à Paul Demeny". Celle ou se trouve le fameux "Je est un autre".

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