Des seins et des yeux

Dieu a-t-il des seins ? Un copain m’avait avoué au collège qu’il s’était posé la question. À cause du « Vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints » entendu dans sa famille. Aujourd’hui, nombre d'hommes et de femmes veulent s’adresser aux seins. Plus exactement disserter sur de jeunes poitrines accusées d'être trop visibles. Les seins sont-ils des armes de destruction publique ?

       

Clara Luciani - La grenade © ClaraLucianiVEVO

 

           Dieu a-t-il des seins ? Un copain m’avait avoué qu’il s’était posé la question au collège. À cause du « Vaut mieux s’adresser à Dieu qu’à ses saints ». entendu sous le toit familial. Aujourd’hui, nombre d'homme et de femmes veulent s’adresser aux seins. Plus exactement disserter sur de jeunes poitrines accusées d'être trop visibles. Apparemment, petites ou grosses, elles embouteillent l’espace public. On ne parle plus que de ces seins qu’on ne voudrait plus voir autant. Certains prônant même l’obligation du soutien-gorge au lycée et dans les espaces publics. Tous ces gens feraient mieux de s’occuper de leur cul, expliquait une femme au téléphone. Sa réaction, happée dans le TER, m’a fait m'interroger sur le sujet. Alors que je l’avais relégué dans la boite à leurres que nous envoie très souvent les médias. Juste pour qu’on ne regarde pas la lune. Mais telle ou telle info faisant le buzz.

         Ce problème de poitrine est-il le reflet d’une régression en cours ?  Comme un boulevard aux intégristes religieux et autres ligues de vertu. À force, on va penser qu’ils ont raison et que les seins sont dangereux. Des armes quelles que soient leur forme et taille. Les seins, tuent-ils une compagne tous les trois jours ? Les nichons, massacrent-ils un gosse tous les quatre jours ? Les roberts, bombardent-ils des villages entiers pour quelques pétrodollar? Les lolos commettent-ils des meurtres au non de Dieu ? La réponse est non. Les seins ne sont pas des armes de destruction publique.

          Le souci n’est pas la poitrine ou les cuisses d’une femme. Mais le regard qui se pose dessus. Un homme ça s'empêche, écrivait Albert Camus. Une phrase qui peut-être raccord avec cette actualité. Il ne s’agit pas de verrouiller les yeux des hommes. La rue, tous les espaces publics, sont un lieu d’échange de regards. Mais que les hommes apprennent à les tenir en laisse et faire en sorte qu’ils soient moins pesants. Pour que les seins et les cuisses des jeunes filles et femmes puissent circuler encore librement. Sans qu’ils soient cachés derrière un mur de tissu.

       Ma réaction serait-elle différente si j’avais une fille au lycée  ? Peut-être. En tout cas, contrairement à ce qu'on pouvait imaginer; c'est un sujet qui ricoche sur les réseaux sociaux et génère pas mal de polémiques. Tenue décente ou républicaine ? Porte ouverte à la perte de liberté vestimentaire des femmes ? Qui a raison ? Qui a tort ? Le débat a déjà commencé sur la toile. Comment régler cette tension vestimentaire ? Peut-être en demandant une tenue décente.

       À certains regards sur les femmes.

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