L'usine Areva-Malvési à Narbonne au centre des débats

   Contrairement au texte qui titrait " L'usine Areva-Malvési à Narbonne au centre des débats " évoquant l'hypothèse d'une délocalisation de l'usine Comurhex ( qui n'est pas une proposition du PCF), les communistes narbonnais et audois appellent à un débat sur le devenir de la filière nucléaire française, sur la nécessaire cohérence et maîtrise publique du secteur énergétique, sur la question de la sécurité de ce site face à la décision gouvernementale de démantèlement d'Areva qui entérine de fait des suppressions massives d'emplois....

           Ce débat aura lieu à Narbonne en octobre dans le cadre d'une réflexion globale sur les questions d' énergie.

           S ‘il y a une urgence écologique pour laquelle la collectivité territoriale doit se mobiliser, c’est bien le réchauffement climatique, exigeant la réduction de l’utilisation des énergies fossiles….

C’est pourquoi, les régions doivent accélérer encore une politique d'économies d'énergie, que ce soit dans le domaine du logement, des transports, de l’agriculture, de l'industrie ( qu’il faut pourtant développer au regard du chômage endémique dans le bassin d’emploi de Narbonne, touchant notamment notre jeunesse )

 Cela exige de rompre avec les choix de libéralisation qui mettent à mal nombre de ces secteurs économiques comme le  transport ferroviaire, et la politique d’austérité qui limite les possibilités d’intervention des collectivités  dans ce domaine.

Une autre  priorité est d’encourager les énergies renouvelables.

En concertation avec les habitants et les associations,  les régions peuvent s'impliquer par des appels à projets à produire localement de l'énergie photovoltaïque ou éolienne, ainsi que  de l’énergie verte par la méthanisation de déchets agricoles.

 Dans le Narbonnais et la Haute vallée de l’Aude, où l’éolien s’est développé de façon anarchique pour le bénéfice de sociétés bancaires, au détriment de l’efficacité et de l’environnement, les candidats « AUDE » aux dernières élections départementales, soutenus par plusieurs associations et mouvements écologistes ont demandé un moratoire sur l’éolien afin de mettre en place, dans un souci de maîtrise publique, un schéma départemental cohérent prenant en compte les intérêts divers des populations

Se pose aussi la question de l’énergie nucléaire.

Quelles que soient nos opinions personnelles sur cette question, force est de constater que la production d'uranium, d'électricité par les centrales nucléaires, de production de déchets ne cesseront pas au cours de la prochaine mandature régionale.

Or les logiques libérales qui ont guidé les différents gouvernements successifs ont abouti à une privatisation importante du secteur de l’énergie, qui devrait pourtant être du domaine public.

La filière nucléaire n’y a pas échappé.

Suite aux choix gouvernementaux et privés (investissements à l’étranger, politique de profit immédiat et maximum) elle se trouve aujourd’hui confrontée à une crise financière comme toute entreprise … sauf qu’Aréva n’est pas n’importe quelle entreprise… Elle a en charge la filière nucléaire, du traitement de l’uranium (Comhurex à Narbonne) à la gestion des déchets, en passant par les centrales…

Le choix du gouvernement est inquiétant: il s’inscrit dans le « dépeçage » de cette filière (pour reprendre  l’expression utilisée par les syndicats). Il entérine, de fait, la suppression de près de 6000 emplois à Areva.

Moins d‘emplois, moins de savoir-faire, moins de statut… c’est la sécurité qui est interrogée! C’est au cœur de la lutte menée par les syndicats de ce groupe notamment  sur le site narbonnais.

Ce souci de la sécurité, nous n’avons cessé de le mettre en avant lors des précédentes  élections - municipale et départementale (sur ce canton) - à  travers des exigences de transparence, d’information, de suivi…

Pour la Comhurex, il appartient à l'État et à AREVA de prendre toute disposition pour que , sur ce site classé Seveso, soient assurées les règles de sécurité optimales pour les salariés et la population. Cela passe par des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux liés à la sûreté indispensable à cette industrie.

Nous nous saisissons donc  de l'actualité de la restructuration d'AREVA et de la confrontation  publique que vont favoriser les régionales pour interpeller le gouvernement, la direction du groupe AREVA et celle de son partenaire EDF et  exiger l'organisation d’un débat citoyen et d'une concertation associant également l'ensemble des collectivités locales concernées, les représentants des salariés et des associations.

 Sans préjugés ni tabous, menons le débat :

.  Quel avenir pour la filière nucléaire française ? Comment s’opposer à son démantèlement? Comment reconquérir une véritable cohérence et maîtrise publique du secteur énergétique?

 . Quelles  seront les conséquences de la décision gouvernementale de dépeçage du groupe, accompagné d’une réduction importante des emplois  sur la sécurité de la population et des salariés, sur notre environnement?

 

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