L'assistanat n’accélérerait-il pas le développement du transhumanisme !

Ressorti de nombreuses discussions, écrits dont mes propres travaux de recherche en comportement des cybercriminels, la question, me semblant pertinente, se pose ! Cette réflexion vient d'un ensemble d'analyse comportementale face à l'évolution de nombreux critères de type assistanat ou assistance dans les tâches journalières de l'être humain, décelés et détectés ces dernières années.

Les éléments qui nous entourent sont de plus en plus automatisés, intuitifs et répondant à faciliter notre comportement et nos tâches quotidiennes. Par exemple : la voiture peut se garer « toute  seule », c'est à dire qu'en activant un logiciel dédié dans la voiture, cette dernière reproduit exactement ce que nous avons appris à faire avec nos propres gestes pour garer notre véhicule. Autre exemple : nous sécurisons notre intérieur virtuellement grâce à une assistance qui sera dédiée à ce que nous voulons surveiller, quand nous le souhaitons, ce qui nous autorise à avoir la main sur ce qui se passe chez nous en étant ailleurs.

Nous en ressentons un réconfort, une assurance, qui nous autorise dans certains cas, à ce que la distance, les craintes, la gestion de temps, l'incapacité soient comblés grâce à ces assistances dans notre quotidien dont certaines sont totalement assurées à une connexion virtuelle.

Avant de rentrer chez moi, je peux programmer mon feu de cheminée, ma cafetière, le chauffage de ma salle de bain, l'éclairage de ma maison, la déprogrammation de l'alarme, etc. afin de gagner du temps, de souffler. Ce gain de temps est reporté sur quoi ! Cette facilité accordée que nous apporte-t-elle concrètement ? Avons-nous mesuré le ratio temps/ report sur autre activité ?

A-t-on analysé les incidences sur notre comportement ? Les modifications dans notre façon de vivre et d'agir intellectuellement ? Notre regard émotionnel sur ces facilités ? Quelles sont les retombées de notre vie assistée sur tout ce qui fait notre personne !

Le fait de ne plus avoir à agir physiquement, réfléchir sur ce que nous devons faire, reproduire des gestes acquis depuis plusieurs générations, considérer pouvoir se reposer sur une ou plusieurs facilités, modifie notre comportement dans le quotidien. Il semble peu probable que ces soutiens se transposent sur un réel repos et une diminution conséquente de stress, alors qu'en revanche cela permet de développer d'autres aspects de notre personne tant comportementaux, intellectuels qu'émotionnels. Se reposer sur une surveillance assistée à distance de son domicile oblige à se rassurer tout en développant une approche intellectuelle d'autonomiser sa propre sécurité sans bouger. Une approche téléportation avant l'heure ! Cela peut toutefois générer un stress dans un premier temps d'agir de la sorte n'en ayant pas l'habitude.

Faciliter notre quotidien dans la gestion de nos tâches, recherches, envies, besoins, obligations au travers d'outils et logiciels nous assistant, créera une habitude devenant une addiction pour beaucoup. Ce genre de révolution a déjà existé plusieurs fois dans l'existance de l'Homme surtout à l'époque de l'industrialisation. Toutefois, les retombées étaient réellement dans un gain de temps et une facilité dans notre vie, ce dont je ne crois pas face à l'assistance des Intelligences Artificielles telles que nous commençons à le vivre.

 

Je pense même que les robots sont créés au plus près de ce que sont les humains tant dans leur comportement que l'intellect, le ressenti. Un clonage humain en somme qui développera le transhumanisme aboutissant à se demander qui est l'Homme et qui est le robot ! L'Intelligence Artificielle, support de cette évolution, ne me semble pas inquiète sur le sujet et se couvrira d'avantage pour voiler les incidences destructrices pour l'Homme si rien n'est charté, contrôlé de façon indépendante et canalisé.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.