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Le Club de Mediapart mar. 3 mai 2016 3/5/2016 Édition du matin

L'homme du jour

Lundi matin, 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme, petit déjeuner sous un ciel de laine irlandaise, entre deux lapées de thé vert, surgit sous mes yeux ébahis une horde d’Italian Rugby Players en slips D&G, entre l’itinéraire d’une banane dans la rubrique Planète du Monde et la photo d’une religieuse brandissant un cierge et se recueillant, à Moscou, devant la dépouille du patriarche Alexis. J’en oublie alors mon krisprolls qui nage désespérément parmi les yeux beurrés qui flottent dans mon bol. Ils sont bels hommes ! Oubliée, la gravité des atteintes aux droits de l’homme. Cela me ramène à cette conversation récurrente certains soirs autour d’un repas entre amis. Monica Bellucci, Vittoria Abril, Scarlette Johanson… leurs noms sont prononcés avec un arrondi des lèvres qui en dit long sur les fantasmes qu’elles suscitent chez ces messieurs d’autant plus remontés qu’en face leurs promises en restent d’abord comme deux ronds de flans. Enfin dans un sursaut ultime et salvateur elles entreprennent de rivaliser de noms d’acteurs tous plus reluisants et bodybuildés. Mais comme dans Matchpoint de Woody Allen, l’avantage final semble revenir aux gars visiblement plus à leur aise comme s’il y avait là quelque chose d’atavique. En général, je pratique le hors jeu mais comme il y a visiblement obligation de participer, je tente un Clint Eastwood dans Sur la route de Madisson. Hilarité générale. On veut du plus frais, du plus in, du plus branchu, du plus ??? Las, j’avance mon ultime cavalier : Harvey Keitel dans la leçon de piano, mais comme cela ne suffit pas je me lance carrément dans le hors piste : Michel Simon dans On purge bébé ! Ca calme tout de suite. Si je ne brille pas à cette joute, c’est que les hommes qui me font fantasmer prennent davantage chair par leur plume, leur voix, leurs instruments …C’est davantage un Tahar Ben Jelloun ou un Philippe Delerm, la voix d’un Julien Delifiori ou celle d’Abed Azrié, la guitare d’un Gianmaria Testa ou d’un Souchon, le clavecin d’un Scott Ross, qui me touchent et quand l’écriture déjà sublime est transcendées par un visage si beau comme jaillissant de Terre et cendres, celui d'Atiq Rahimi, c’est l’extase. La prochaine fois, j’essaierai de leur expliquer. Et vous, plutôt Ulysse ou plutôt Clooney ? L’insoutenable légèreté de l’être !

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Tous les commentaires
  • 09/12/2008 16:29
  • Par ..
Chère Nadja, pour répondre à votre question..permettez moi de partager Scott Ross et son clavecin avec vous..avec un grand faible, pour son interprétation de Jean-Philippe Rameau, au château d'Assas, " Les Sauvages", en particulier..Merci de votre billet.