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Billet de blog 12 févr. 2015

Du cauchemar à l'espoir

Naig Le Gars
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

A paraitre en mars 2015 !

                                                     Naig Le Gars

                                                     Du cauchemar

                                                          à l’espoir

                                                            IJIN

Le sujet central de cet ouvrage est l’ascension – semble t- il inexorable – du Front national. Il débute sur une vision cauchemardesque : l’élection de Marine Le Pen à

la présidentielle de 2017.

Le pire n’est jamais sûr, mais il faut l’affronter, et si possible le conjurer. À cette fin, Naig Le Gars va aux sources de l’idéologie et analyse la montée du Front national, pour comprendre. Une fois établi le diagnostic, la question est : que faire ?

De l’Europe, à la fois le problème– telle qu’elle est – et la solution – telle qu’on la voudrait–, à la Bretagne, contrariée dans ses aspirations, et à son tour contaminée par le vote extrémiste. Une seule solution, revendique l’auteure : l’émancipation ! Mais avec

des exigences démocratiques, et sans céder aux sirènes

de la démagogie, ni à

l ’unanimisme réducteur. Et dans l’espoir d’un monde meilleur, ici et ailleurs.

Naig Le Gars est enseignante bilingue et femme politique. Ce

livre est le fruit de son engagement et de son expérience d’élue et de

militante.

80 pages, 8 €

Commandez-le dès maintenant

(+ 2 euros envoi par la poste)

Ce livre paraitra également sous forme numérique : 5 euros

ijin@orange.fr

12, rue des Reguaires 2900, Kemper

1er chapitre
Cauchemar
Cette nuit-là, j’ai fait un cauchemar. C’était la nuit du dimanche
25 mai 2014. Je l’ai vue trois ans plus tard, ce dimanche de mai 2017,
à l’issue du deuxième tour de l’élection présidentielle. Triomphante,
arborant son sourire carnassier, entourée de ses collaborateurs et jeunes
loups, dont la fébrilité trahissait la volonté de tomber le masque
qu’ils contenaient jusqu’alors pour se rendre présentables. Ils exultaient
dans le décor bleu marine et annonçaient bruyamment des lendemains
qui cognent. En effet, le lendemain et les jours qui suivaient

, le ton était donné,
avec l’annonce du rétablissement de la peine de mort, de la fermetures
des centres sociaux et de toutes les structures « droits-de-l’hommistes
et communautaristes » (dont les ikastola, les écoles Diwan,
Calandreta…), la chasse aux immigrés, la diminution et la sélection
des minima sociaux, le renforcement des pouvoirs de la police, la
sortie de l’euro et de l’Union européenne, la dissolution des conseils
régionaux, etc.
Le rideau était tiré sur la démocratie, et sur ses faux-semblants. La
France entrait, tout à fait légalement, dans une nouvelle ère. Renouant
avec les affres d’un passé réactionnaire (dont certains mystificateurs
médiatiques célébraient les vertus) et présageant d’un avenir
sombre,
pour les opposants, mais aussi pour de nombreux malheureux égarés
qui avaient imprudemment porté Marine Le Pen au pouvoir.
S’il a fait l’effet d’un coup de tonnerre, le drame politique avait
été largement précédé de signes annonciateurs, qui, « comme la nuée
dormante porte l’orage » (Jaurès), avaient placé la droite extrême à
l’épicentre du séisme électoral. Bien que redouté et agité comme une
menace que l’on craint sans pouvoir y souscrire, ni le croire possible
dans « la patrie des droits de l’homme », ce scénario ne relevait cependant
plus de la fiction depuis 2014. Les élections européennes avaient
constitué les prémices du coup de tonnerre. Avec 25 % des suffrages
en moyenne (nonobstant de fortes amplitudes, allant de 6,26 % à
Paris, 17,08 % en Bretagne – contre 2,97 % en 2009 ! –, à 40 % dans
le Nord - Pas-de-Calais), la force « bleu marine » avait pulvérisé l’ordre
politique, tel qu’il prévalait jusqu’alors, fondé sur le bipartisme.
Comment expliquer ce succès ?
Selon Marc Humbert1, « le citoyen à la recherche de comment voter au
mieux le 25 mai était bien embarrassé. Pour les médias, à part la participation
,
l’enjeu principal était le poids du FN, puis de savoir si l’UMP serait devant
, et
ce qui resterait du PS. Au-delà, le citoyen était face à une cour
des miracles de la
politique et non face à un débat entre des projets plausibles répondant aux enjeux
réels […].
« Ni perspective pour le quotidien, ni grande ambition pour l’avenir. D’où
l’abstention massive tandis que le quart des votants a choisi l’autre option
, le
mirage proposé par le FN, d’un retour à une social-démocratie nationale, du type
de celle qui triompha de l’après-guerre aux années soixante-dix. Les promesses du
Front ont d’autant plus séduit qu’il avait lissé ses positions d’extrême droite ».
Ce succès n’était pas soudain. Le Front national était devenu le
premier parti de France, au terme d’une ascension qui avait débuté
dans les années quatre-vingt, pour s’imposer comme une force politique
incontournable à partir des années 2010.
Il dépassait pour la première fois les 10 % aux européennes de
1984, alors qu’il n’avait atteint que 0,18 % aux élections législatives de
1981 (mais Jean-Pierre Stirbois avait déjà créé la surprise en récoltant
12,6 % à Dreux, aux élections cantonales de 1982).

Dans son étude, Trois décennies de vote Front national, Bernard Alidières2
détermine quatre périodes dans l’évolution du parti :
« – de 1984 à 1988 : le temps de l’émergence,
– de 1989 à 1998 : le temps de l’enracinement,
– de 1999 à 2009 : le temps des reculs (malgré le « séisme » – prémonitoire
? – de 2002 qui avait placé Jean-Marie Le Pen au second tour
de la présidentielle), dans un contexte de dissensions internes et de
l’usure du vieux chef.
– Depuis 2010 : le temps du renouveau » avec l’arrivée de Marine Le
Pen à sa tête en janvier 2011.
Elle amorce une stratégie de conquête, par la normalisation et la
banalisation du FN, et en appliquant la technique du marketing, illustrée
par la marque « bleu marine ».

Table
Cauchemar...................................................................................................1
Comment en est-on arrivé là ?...............................................................11
Le grand flou politique............................................................................11
Les mythes et dogmes revisités..............................................................11
Une crise de régime.................................................................................11
Que faire ?.................................................................................................11
L’Europe : un enfer ou le salut ?............................................................11
La question bretonne à la croisée des chemins...................................11
La Bretagne fait peur à la République...................................................11
De l’insoumission nécessaire..................................................................11
De gauche à droite...................................................................................11
Une seule solution : l’émancipation.......................................................11
Bibliographie.............................................................................................11

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