Il n'y a rien de saint dans une ville occupée

Il y a un an aujourd’hui débutait l’opération « PlombDurci ». Hier, suite à l’assassinat d’un colon sur une route israélienne revendiqué par une organisation terroriste, Tsahal a tué trois hommes dans la ville de Naplouse.

Il y a un an aujourd’hui débutait l’opération « PlombDurci ». Hier, suite à l’assassinat d’un colon sur une route israélienne revendiqué par une organisation terroriste, Tsahal a tué trois hommes dans la ville de Naplouse.

L’association de défense des trois humains Btselem a ouvert une enquête après que plusieurs témoins aient souligné que la liquidation de ces trois hommes par les soldats israéliens s’est faite sans sommation « comme s’ils se préparaient pour une exécution, pas une arrestation ».

Le fait que l’armée israélienne ait supposément réussi a trouver en moins de 48 heures les coupables du meurtre du colon dans l’immense ville de Naplouse (plus de 300 000 habitants) mais que quinze jours aprèsl’incendie raciste d’une mosquée (où les pyromanes avaient brûlés des exemplaires du Coran et signé leur acte de plusieurs graffitis) les même services d’intelligence n’arrivent toujours pas à comprendre qui parmi les 20familles de colons habitant aux alentours serait coupable de ces actes, en dit long.

 

Trois hommes ont été tués alors qu’ils essayaient d’entrer en Israël depuis Gaza. Des terroristes, assure Tsahal. Des demandeurs d’emploi, selon leurs familles.

 

Ni Shalit ni Bargouti ont été libérés de leurs prisons respectives.

 

Et après que les identités des terroristes supposés de Naplouse aient été divulguées, leur libération semble de plus en plus compromise… En effet, les trois hommes exécutés hier étaient tous connus desservices de police israéliens, deux d’entre eux ayant déjà été en prison pour avoir organisé des attaques contre des cibles israéliennes. En gros : même si les Etats-Unis demandent des explications à Israël quant à leur sommaire exécution, il n’y a pas de quoi s’épancher… ils étaient déjà plus ou moins coupables de quelque chose, non ?

 

Nethanyahu mime l’hésitation face au dilemme de la libération des prisonniers. Il transpire de plus en plus, ces jours-ci il a toujours l’air de sortir du bain.

Mais ce qui préoccupe vraiment les hommes et les quelques femmes politiques israéliens c’est si oui ou non Tzipi Livni va s’asseoir au gouvernement. Ça oui, c’est de la politique. Et de haut vol. Livni est endifficulté : les membres de son parti, Kadima, en ont marre d’être à l’opposition et réclament des postes ministériels. Pas parce qu’ils ont de grands désirs de faire avancer les choses du point de vue du processusditdepaix ou même des idées pour changer la société israélienne. Non. Ils s’ennuient dans ce rôle d’opposition sans gloire… Ils sont mal payés et ils aimeraient retrouver des postes plus importants et plus lucratifs. Le minable suspens est intenable et les commentateurs politiques s’interrogent sur les aléas des mois à venir, Nethanyahu met la pression à Livni, la pressant de se décider. Livni dit que Nethanyahu veut en finir avec Kadima, elle court partout pour essayer de trouver une solution qui d’un côté ne la décrédibiliserait pas, de l’autre lui permettrait de garder auprès d’elle les membres de son parti atteints de la bougeotte.

La politique comme un jeu de chaises musicales cynique et avide.

 

L’un des slogans scandé par des manifestations contre le voldes maisons Palestiniennes par des colons israéliens : RIEN N’ARRETE UNE LUTTE POPULAIRE !

En effet, le nombre des manifestants croit chaque week-enddans les villages de Bil’in et Nal’in et SheikJara, où des Israéliens et des Palestiniens se retrouvent pour protester contre le mur de séparation et l’expropriation légalisée. Ces manifestations durent depuis quelques années maintenant mais il semblerait que, lassés de l’absolu vide de la realpolitik des professionnels de la profession, de plus en plus ont décidé d’hurler plutôt que d’attendre.

Autre slogan : IL N’Y A RIEN DE SAINT DANS UNE VILLE OCCUPEE !

La loi qui déloge les Palestiniens de leurs maisons dans ces quartiers de la périphérie de Jérusalem stipule que « des Juifs habitaient ces maisons en 1948 ». On pourrait en rire si ce n’était si réel. On pourrait aussi se prendre à rêver… et si tous ceux qui habitaient des maisonsen 1948 les retrouvaient ?

Mais non : c’est aussi ça, un état raciste. Il y a des lois pour les uns et des lois pour les autres, des droits pour les uns et des droits pour les autres. Et des « lois » pour sceller le sort des uns, et surtout des autres.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.