Fiche pratique 8 : la robotisation

On entend partout des contre-vérités ou des explications partielles. C'est pourquoi j'ai créé quelques fiches pratiques. Chacune traite d'un seul sujet et l'explique de façon très synthétique et claire.

Pour une fois on va commencer par la conclusion : la robotisation/l'automatisation ne sont pas des dangers pour le travail mais elles le sont pour les emplois.

Une fois encore je vous renvoie vers la fiche pratique 3 : les producteurs de richesses de ce blog pour en savoir un peu plus sur la définition du travail.

Maintenant que la conclusion est énoncée, passons à l'argumentaire.

L’automatisation des tâches pénibles ou répétitives est plutôt une bonne nouvelle. Faire un travail qui va déclencher au fil des ans des pathologies qui vont venir gâcher les dernières années de la vie, c'est pas terrible.

Ce à quoi il faut veiller, c'est aux dérives dont l'être humain a l'habitude. Par exemple, il ne faut pas que le robot vienne remplir une tâche qui apporte du bien-être, une satisfaction à celui qui l'accomplit. L'ébéniste ne prendra aucun plaisir à programmer une machine pour créer un meuble. La brodeuse ne prendra aucun plaisir à programmer une machine qui va broder toute seule. Le joueur d'échecs ne prendra aucun plaisir à jouer contre un adversaire humain en répétant bêtement les coups qu'un ordinateur va lui dicter.

Aujourd'hui on fabrique des meubles à la chaîne uniquement pour des questions de rentabilité et de "diminution des coûts". De ce fait nous n'avons plus d'ébénistes ou du moins plus assez, ce qui fait que ce qu'ils fabriquent est inaccessible économiquement parlant pour la plupart des citoyens. De plus, tous les meubles sont identiques. Aucune personnalisation, aucun intérêt. Sans parler de la qualité plus que médiocre ni de la perte de technicité. Dans ce cas la robotisation n'est pas la bienvenue mais le système capitaliste, dont la seule préoccupation est la rentabilité à court terme, ne donne pas le choix. Si on ne robotise pas ces tâches on est voué à la faillite. Le danger est là : quand la robotisation est subie, excessive, et imposée par des intérêts privés.

En revanche lorsque l'automatisation est réellement utile, elle ne prend pas le travail de l'être humain. Elle le déplace. En effet, la tâche que l'automatisation fait disparaître va laisser la place à une nouvelle, que ce soit dans le même secteur d'activité ou dans un autre.

Qui oserait dire aujourd'hui que l'automatisation du lavage du linge par l'invention du lave-linge n'est pas un progrès ? Elle permet de passer moins de temps à entretenir le linge et d'en passer davantage auprès des enfants ou à faire de bons petits plats par exemple.

Comme d'habitude, la solution à ce problème de robotisation/automatisation sauvage est toujours la même : il faut que nous reprenions le pouvoir sur les outils de production pour qu'ils répondent à l'intérêt général et non plus aux seuls intérêts du capital.

 

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