Chronique Morbihannaise d'une tyrannie sanitaire

L'obligation du port du masque a été réglementé par deux décrets du 10 et 31 juillet 2020 et « le préfet de département est habilité à le rendre obligatoire, sauf dans les locaux d'habitation, lorsque les circonstances locales l'exigent ... ces mesures devant être strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu »

Un arrêté préfectoral du 11 novembre 2020, prolongé jusqu'au 20 décembre 2020, rend obligatoire le port du masque dans les communes du Morbihan de plus de 5 000 habitants, de 7 h à 21 h, pour toute personne de 11 ans et plus sur la voie publique ou dans les lieux ouverts aux publics. « Considérant que malgré l'évolution favorable du taux d'incidence dans le département, la situation reste fragile (taux d'incidence de 45,9 pour 100 000 habitants et taux de positivité de 5,23 %) et qu'il convient d'empêcher une reprise épidémique...Considérant que, dans les communes morbihannaises de plus de 5000 personnes, la densité de la population, la présence d'établissements d'enseignements secondaire, l'activité économique créent les conditions d'un nombre plus important d'interactions sociales favorisant la propagation du virus de la Covid 19 »

Seuls deux critères sont utilisés pour justifier cette mesure dont le taux d'incidence, une opération mathématique de calcul pour 100.000 habitants sur une semaine, du nombre de tests virologiques positifs réalisés dans un lieu géographique déterminé. Il n'a d'intérêt que comparer à d'autres territoires et « peut fluctuer en fonction des activités de dépistage et de délais de rendu des résultats » comme le précise Santé publique France. Ce taux n'est pas fiable.

L'exemple utilisé par la Préfecture du Morbihan de l'EPCI de Pontivy en est un exemple flagrant « Considérant qu'au sein de l'EPCI de Pontivy Communauté, le 27 novembre 2020, le taux d'incidence s’élève à 169,7 cas pour 100 000 habitants et le taux de positivité, qui atteint 13,5 % reste particulièrement élevé » (le 11 décembre, il n'est plus que de 44,7)

  • la population locale : l'EPCI de la CC Pontivy a une population de 46 373 habitants, un astérisque dans les bulletins d'informations stipule « à une échelle inférieure à 50 000 habitants , les indicateurs sont considérés comme instables »

Il est surprenant que ce taux d'incidence ne soit pas un chiffre entier alors que les trois éléments de ce calcul sont des personnes. Comment peut-on avoir un septième ou un neuvième de cas ?!

Quand au seuil de référence, vert en dessous de 10 personnes et rouge au delà de 50 personnes, si l'on se réfère à celui de la grippe sur les 30 dernières années, il variait de 410 à 1793 sans mesures spécifiques. ( tableau de https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/irv.12620)

Il existe pourtant, plusieurs autres critères pour vérifier l'activité de cette épidémie:

  1. Le taux de positivité des tests virologiques est calculé, à l'échelle départementale, sur une semaine : (nombre de tests positifs/nombre de tests réalisés)*100. Cet indicateur est en vert en dessous de 5%.

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    Par rapport à la population, ce taux est inférieur à 1 %.

    Selon l’Insee, le Morbihan a une superficie de 6 823 km² et 755 600 habitants soit 108 habitants/km².

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    Le Morbihan a une densité moyenne (France 105 habitants/km²)

    Pour information, les départements les plus peuplés :

  2. Le facteur de reproduction du virus (évolution du R0) est le nombre de personnes contaminées par chaque malade. Cet indicateur à l'échelle régionale est en vert quand il est compris entre 0 et 1 ; 

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  3. La tension hospitalière sur la capacité en réanimation est le taux d’occupation des lits en réanimation/SI/SC par des patients COVID par rapport à la capacité initiale en réanimation.Calculé à l'échelle régionale, il est en vert lorsque le taux d’occupation est compris entre 0 et 30%. Le bulletin Covid 19 Bretagne n° 46 du 4 décembre 2020 donne ces chiffres de capacité hospitalière .

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    Il semblerait donc qu'en Bretagne et surtout dans le Morbihan, la capacité de lits en réanimation soit très faible ! Pourtant, selon le bulletin d'information n° 45 Covid-19 de l'Ars Bretagne de fin novembre :

    transferts-patients

    Alors que , selon la DREES, le nombre de lits de soins critiques en Bretagne est de 538 lits dont 162 en réanimation et dans le Morbihan est de 120 lits, dont 22 en réanimation.

    Donc, le taux d'occupation réel en soins critiques en Bretagne et dans le Morbihan n'est que de 12 % donc vert.

    Quand aux décès, les statistiques de l’Insee montrent qu'il n'y a pas de surmortalité en Bretagne .Voir https://www.insee.fr/fr/statistiques/4487876?sommaire=4487854 et Insee Analyses Bretagne C:/Users/PC/AppData/Local/Temp/br_ina_93.pdf

    En conclusion, tous les indicateurs sont en vert et le compte rendu de cette note de l'Institut Pasteur le confirme (https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/covid-bretagne-region-plus-epargnee-france-finistere-est-departement-coronavirus-circule-moins-1902058.html) la Bretagne et le Morbihan ont toujours été épargnés par l'épidémie, même pendant les vacances.

    Pourtant, on nous contraint à porter un masque à l'extérieur et cette mesure liberticide va être prolongé indéfiniment avec comme justificatifs les vacances, les fêtes de fin d'année et l’éventuelle troisième vague de février....

    Va-t-on encore longtemps nous faire prendre des vessies pour des lanternes ?

    Voilà comment la technocratie médicale bafoue la démocratie.

Les sources : données Covid Santé Publique France, Bretagne ARS et préfecture Morbihan, Démographie Insee, données hôpitaux DREES

 

 

 

 

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