Aux parents d'enfants handicapés

On vous ment. L Éducation Nationale vous ment.

On vous ment.

L Éducation Nationale vous ment.

 

La loi de 2005 est vue comme une avancée. Elle explicite le droit à l instruction et l'éducation pour tous les enfants, qu importe leur handicap.

Une école qui permet à chaque élève de s épanouir et de s instruire. Tout le monde applaudit des deux mains.

Septembre 2019- État des lieux.

L école publique est abandonnée. Les enseignants méprisés. Les collègues se suicident. 

L école ne parvient pas à combler les inégalités sociales. La fracture sociale est plus que jamais béante.

Dans ce contexte morose, on a osé instillé un espoir. Celui que l'école de la République était capable d accueillir tout le monde.

C est faux.

Vous le savez, vous parents dont l investissement pour votre enfant est quotidien . Les enfants porteurs de handicap nécessitent une attention particulière et un accompagnement plus ou moins poussé pour leur permettre de s épanouir.

A minimum, du matériel adapté ou du temps permettra à un élève de réussir sa scolarité.

A contrario, certains handicaps nécessitent l omniprésence d un adulte qualifié pour accompagner l'élève.

Aujourd'hui, les personnels accompagnant les élèves handicapés ne sont pas ou presque pas formés. De plus, pour bénéficier de leur accompagnement, le parcours est semé d embûches. Pire, sur une semaine de 24heures, l aide humaine attribuée n atteint jamais cette quotité.  8h, 15h au maximum attribuées par élève sur une semaine complète.

Le reste du temps, l'enseignant et l élève sont seuls.

Parfois, la scolarisation en milieu ordinaire est une souffrance pour l enfant. Comment supporter la collectivité lorsque l élève lourdement autiste ne supporte ni le bruit ni le contact ?

Certes, parfois l inclusion apporte des bénéfices. Parfois, c est le contraire. Malheureusement cette réalité est occultée.

L espoir que l institution permettra à l élève, qu importe son handicap, de d épanouir en collectivité est un mensonge.

Dans la majorité des écoles, l inclusion systématique sans prise en compte des réels besoins de l'enfant et sans aides pertinentes créé des situations explosives en classe.

Comment enseigner dans une classe lorsqu un élève grimpe sur des meubles hauts?

Comment enseigner lorsqu un élève émet des bruits malgré lui en continu?

Comment enseigner lorsqu un élève lors d une crise ( bien sûr qu il ne peut pas contrôler) se met à hurler et frapper à tout va?

 

"Si vous n'êtes pas pour l inclusion, vous êtes pour l'exclusion" répondent certains.

Cette phrase est incroyablement injuste.

Être pour l inclusion pour des élèves pour lesquels la collectivité pourra être un réel bénéfice.: Oui, un grand oui.

Être pour l inclusion systématique sans étudier le bénéfice ou le risque que cela représente pour l élève, non.

Comment croire à un réel engagement politique en faveur des enfants handicapés lorsqu en parallèle, les places en classes ou en instituts spécialisés manquent cruellement ?

Les enseignants sont en première ligne devant les parents désespérés à qui on a vendu un rêve. La désillusion est grande.

Aux parents qui prennent conscience que le handicap est trop lourd pour une inclusion en milieu ordinaire, on oppose le manque de place en classes spécialisées. 

Il faut attendre, attendre qu une place se libère. Pendant ce temps, l élève n'est pas correctement pris en charge et la famille est livrée à elle même.

Récemment, faute de place en institut spécialisé, une tentative nouvelle d inclusion en milieu ordinaire d une élève lourdement autiste a été tentée. En CE1, malgré la présence d un parent, l élève s est mise à manger la pâte à modeler proposée.

Quelle violence pour la famille!L élève n est plus scolarisée. A ce jour, aucune place ne s est libérée.

L école de la République va mal. Trop mal pour oser faire croire qu elle pourrait, sans moyens, réaliser l impossible.

Les élèves porteurs de handicap, leur famille et plus généralement la société méritent bien mieux.

Pour tous les élèves porteurs de handicap, je souhaite que l accueil en collectivité, s il est pertinent, soit effectué dans des conditions qu ils méritent. Un effectif largement réduit et un accompagnement dans la durée par un personnel formé.

 

 

 

 

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