Monsieur Hessel, que j'aurais aimé vous lire aujourd'hui!

En cette journée ayant atteint son point Godwin avec les propos inacceptables tenus par un ancien ministre qui plus est, de l'Education Nationale, j'ai souhaité, désespérément peut être, trouver une source d'apaisement, un moyen de remettre de l'ordre dans mes idées.

En cette journée ayant atteint son point Godwin avec les propos inacceptables tenus par un ancien ministre qui plus est, de l'Education Nationale, j'ai souhaité, désespérément peut être, trouver une source d'apaisement, un moyen de remettre de l'ordre dans mes idées.

Un mot revient sans cesse: VIOLENCE.

Voici donc le leitmotiv du jour, "le mot clé " de cette journée. 

Allez comprendre le fonctionnement de notre système neuronal mais ce mot a évoqué chez moi un souvenir. Une madeleine de Proust numérique, sauce XXIème siècle.

Le souvenir de ma lecture du fantastique "Indignez-vous" de Stéphane Hessel. Des phrases lues une seule fois, il y a déjà quelques temps, me sont revenues tel un boomerang lancé il y a quelques années et qui aurait soudain décidé de rebrousser chemin.

J'ai donc farfouillé et j'ai finalement remis la main sur ce petit et frêle ouvrage , ô combien dense et inspirant.

Si ce n'est pas encore fait, je vous invite fortement à lire ce condensé de sagesse d'un ancien Résistant, qui au crépuscule  de sa vie, a su "prophétiser" les enjeux de ce début de XXIème siècle.

Je ne résiste pas à citer ces extraits à la résonance particulière en cet hiver 2018/2019:

"On ose nous dire que l'Etat ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l'argent (...) n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat. L'écart entre les plus pauvres et les plus riches n'a jamais été aussi importants".

 

" (.....) Dans la notion d'exaspération, il faut comprendre la violence comme une regrettable conclusion de situations inacceptables pour ceux qui la subissent. (...) Elle est compréhensible, je dirais presque qu'elle est naturelle, mais pour autant elle n'est pas acceptable."

 

"Il faut comprendre que la violence tourne le dos  à l'espoir. Il faut lui préférer l'espérance, l'espérance de la non-violence.(....) Aussi bien des oppresseurs que des opprimés, il faut arriver à une négociation pour faire disparaître l'oppression (..).

 

"Il est grand temps que le souci d'ethique, de justice, d'équilibre durable prévale. Car les risques les plus graves nous menacent. Ils peuvent mettre un terme à l'aventure humaine sur une planète rendue inhabitable pour l'homme."

 

"Aussi, appelons-nous toujours à une "véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. A ceux et celles qui feront le XX1ème siècle, nous disons avec notre affection: "CREER C EST RESISTER, RESISTER C EST CREER"

 

MERCI à vous Monsieur Stéphane Hessel. Vos écrits sont immortels.

 

 

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