Parents au travail et rentrée : galères en perspective

Elle est toujours là en arrière-plan. La menace Covid-19. La France est en vacances. Pourtant à la rentrée des bouleversements sont à prévoir notamment pour ceux et celles qui ont des enfants. Petit topo de qui risque probablement de se passer.

Le nouveau protocole sanitaire est furtivement sorti.

Grosso modo: tout va bien. 

Exit donc les masques pour les enseignants de maternelle. Quant aux enseignants d'élémentaire, uniquement si la distanciation ne peut pas s'appliquer.

Quid des recommandations nationales de porter des masques en espace clos ? A la trappe. 

A noter que ce fameux protocole publié dans les méandres de l'été a été rédigé.. le 7 juillet. Il n'est donc pas exclu que, comme l'Education Nationale se plaît à le faire, qu'un nouveau protocole voit le jour à l'aube de la rentrée.

Enseignants, parents, élèves, personne ne sait comment l'année scolaire sera organisée.

Pourtant certains écueils déjà connus vont peser très lourds dans le quotidien de tout ce beau monde.

Les enseignants ne pourront pas venir travailler s'ils sont symptomatiques du Covid-19. Quand on sait que ce virus peut provoquer a priori tout un  panel de symptômes, on peut s'interroger sur les événements à venir.

Toux, diarrhée, fièvre: tout enseignant va travailler en général avec ces symptômes après avoir pris soin d'avoir sa dose de doliprane dans sa besace.

Entre le jour de carence et les remontrances de parents coincés car l'enseignant n'est pas remplacé, il n'a souvent guère le choix.

Le paradigme s'inverse avec le Covid-19: un enseignant qui viendrait travaillera avec de la fièvre ou une toux sera potentiellement considéré comme mettant en vie la vie d'autrui.

Il ne devra donc ne pas aller travailler en attendant d'être testé. Idem si son conjoint ou leurs enfants sont malades. Tous à la maison.

Vous voyez venir la problématique?

Je vous aide: plusieurs départements vont commencer l'année avec une brigade de remplaçants déjà occupée sur des postes longs ( congés maternités notamment, métier à majorité féminine oblige).

D'où l'équation : Prof absent + 0 remplaçant = parents dans la panade ( restons poli).

Certains enfants pourront être dispersés dans des classes, certes, mais il suffit que 2 enseignants soient absents en même temps pour que le taux d'élèves par classe atteigne entre quarante et cinquante enfants.

Rien de rare: Grippes, gastro, bronchites , le tout s'enchaîne et se propage à une vitesse folle.

D'autant plus que le brassage des élèves et la promiscuité qui en découlera ( les salles de classe ne sont pas extensibles), n'aideront pas à freiner les épidémies.

La probabilité d'une hausse du taux d'absence est donc très haute.

De nombreux parents vont être empêchés d'aller travailler. Nombreux sont ceux qui seront sollicités au cours d'une journée si leur enfant se met à tousser ou si son nez se met à couler.

Comment la société et a fortiori le monde du travail va t il réagir à ce changement?

Les médecins vont être très sollicités pour tester vite afin de permettre à l'Economie de fonctionner. Ils devront prescrire des isolements et donc des arrêts de travail en attendant les résultats.

Comble quand on sait que les arrêts maladies étaient fortement limités frôlant parfois l'absurde. 

Comment l'Assurance Maladie va t elle gérer cet afflux d'arrêts de travail? Comment l'Education Nationale va t elle gérer la garde des enfants avec un personnel déjà en sous-effectif?

L'Italie commence déjà à s'organiser en recrutant des enseignants supplémentaires. Quid de la France?

Wait and see...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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