Preuve que la crise des banlieues annonçait le mouvement des gilets jaunes.

Un texte aux allures de prémonitions ou plutôt un appel qui n'a pas été entendu . A écouter ou à lire. Texte de 2016. Édifiant.

Précision sur le titre: Kery james détourne le terme "Racailles" utilisé contre les jeunes de banlieues pour nommer les membres du gouvernement à l'époque de Manuel Valls.

La banlieue, comme souvent, est le théâtre où les conséquences des politiques se jouent de manière la plus visible. Les appels à l'aide ont toujours été étouffés et/ou minorés. On incrimine la population qui y vit tout comme on incrimine aujourd'hui les gilets jaunes.  Les maux de la banlieue sont aujourd'hui les maux de la France.

Kery James- Racailles- 2016 © Kery James

Extrait 1:

Sentez-vous le vent tourner comme vos vestes?
Entre vous et la rue, y'a plus que les CRS
A bout de souffle, votre système est dans un cul de sac
A essayer de se débattre, comme un cul d'jatte
(....)
Et si le peuple a l'idée de se rebeller
Vous disposez d'une armée de flics bien dressés et zélés
Le dialogue social gît dans un cercueil
Les keufs tirent aux flashballs, tu peux y perdre un œil
Vous faites monter le sentiment anti-policier
Usez de la police comme d'une armée privatisée.

Extrait 2:

On travaille plus mais on gagne moins

On attend juste le printemps européen
On cotise pour des retraites qu'on ne verra peut-être jamais
Tout l'argent qu'on fait rentrer vous nous le reprenez
Chaque fin de mois à découvert
On a l'impression d'être esclave du système bancaire
Même les riches connaissent le jeu, jouissent des niches fiscales
Les petites PME croulent sous les charges sociales
Radar, on paye!
Péage, on paye!
Pollution, on paye!
Oh! Qu'est-ce que vous faites avec tout ce fric?

 

 

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