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Billet de blog 1 déc. 2021

Conseil municipal de Libreville : les fourberies de Chantal Myboto Gondjout

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Chantal Myboto Gondjout consolée par son père Zacharie Myboto, ex-Président de l'UN

Mauvais perdants jusqu’au bout, les Myboto-Gondjout  ! A peine éteints les lampions de la victoire – méritée – de Paulette Missambo que de sordides  manœuvres pour un débauchage des militants de l'Union nationale (UN) ont commencé. A la manœuvre, l’épouse et colistière déguisée de Paul-Marie Gondjout, le candidat malheureux à la dernière élection pour la présidence du principal parti de l’opposition gabonaise. Rien de surprenant, en réalité, car tous ceux qui ont suivi les récentes péripéties des différents congrès avortés  subodoraient un coup tordu de la part des Myboto-Gondjout en cas de défaite. Et ils ont eu bien raison ! En effet, après l'échec essuyé par son époux, « Madame Chantal » entend désormais  « tout casser » comme elle le disait à qui voulait l'entendre avant le congrès. « L'UN c'est à nous, si d'autres personnes arrivent à sa tête, nous allons tout casser ! ». Et cela n’a pas tardé.

Selon nos informations, la bouillante Chantal Myboto Gondjout vient d'entrer en  négociation avec Christine Mba, la mairesse de Libreville,  pour trouver des  places à certains des anciens soutiens de son époux. En contrepartie de leur nomination au cabinet du maire, ces « opposants » démissionneront en bloc pour intégrer le PDG et ceci avant le congrès du parti d’Ali Bongo. Notons, au passage, que nous tenons là sans doute l'une des nombreuses raisons du report du congrès du PDG. Comme quoi, le plan de débauchage initié par le maire emprisonné  Léandre Nzue est toujours en marche. 

A ce propos, rappelons qu’un autre parti d’opposition, en l’occurrence le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité  (RPM) a déjà enregistré ses premières démissions en série. Pour la suite, avec le concours de Chantal Myboto Gondjout, c'est l'UN qui devrait très prochainement  prendre le relais.

Dans  cette histoire de débauchages, le premier à réagir a été le Secrétaire général du RPM, Faustin Bilie Bi Essone, également Vice-président du groupe politique UN/RPM au Conseil municipal de Libreville. Et son message est sans ambigüité  : « Bjr, Chantal.  Je viens d'être informé de ce que tu as saisi un conseiller du groupe en vue de la collecte des données personnelles des Conseillers, à la demande du Maire de Libreville qui aurait mandaté son conseiller politique pour cela. Au-delà du caractère obscur d'une telle sollicitation, je pense qu'en tant que vice-président du groupe et représentant la deuxième aile du groupe, tu aurais dû m'informer au lieu que je l'apprenne par personne interposée. Je réunirai les Conseillers municipaux RPM ce jour pour apprécier cette demande du Maire de Libreville, dont je pourrai te faire l'état des services ces derniers temps en matière de débauchage des Conseillers municipaux et autres compatriotes pour rejoindre le PDG. Merci et bonne journée encore à toi. »

Il faut noter que la veille de cette démarche, le Président et le Secrétaire général du RPM avaient déjà été informés d'une opération de débauchage en cours. La correspondance ci-dessous l'atteste clairement : « Bsr Mr le Président,  Je viens vous informer que depuis trois jours les conseillers de Mme le Maire nous approchent. En effet, de ces rencontres il ressort que notre ralliement au PDG sera ponctué par des régularisations  administratives et financières concrètes. Ainsi que des nominations dans différentes entités publiques et privées. Et ils sont prêts à tout mettre en œuvre pour nous avoir avec eux. Bonne soirée Mr le Président. »

Quelque temps après, un autre message, plus explicite, celui-là, tombe. Il est envoyé par un conseiller RPM : « Bjr mr le Président.  Excusez moi du dérangement, juste vous informer que Christine Mba a envoyé son conseiller nous rencontrer. L’ordre du jour était de nous ramener à ses côtés pour pouvoir maitriser les Awendjé et Akb. Pour cela elle souhaite régulariser nos situations administratives, régler le problème de indices et reclassements. Elle souhaite que nous puissions rédiger une démission. »

Apparemment, la mairesse de Libreville qui présente d’énormes lacunes en lecture est une experte en filouterie politique. « Grand bien lui fasse ! », s’est exclamé, ironique, un cadre du RPM. « Il fallait au moins que l’ancienne dactylo serve à quelque chose… », a-t-il poursuivi.  Quant à Chantal et Paul-Marie Gondjout, sa conclusion n’est pas moins corrosive : « Les Bonnie & Clyde de l’UN n’ont plus qu’à (re)prendre leurs cartes au PDG, cet héritage éternel d’Omar Bongo ! ». Sans commentaire.

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