Oser la liberté

Douter, évoluer, se remettre en question, conforter ses convictions, être intellectuellement en mouvement en somme. C’est ce que je recherchais en allant vivre 4 mois dans le pays devenu le laboratoire par excellence du capitalisme néolibéral du désastre. Indéniablement, la situation sociale et politique de la Grèce fait évoluer ma vision du monde : aussi bien ma façon de critiquer le capitalisme

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Crédit Photo: D.R.

Pensée anesthésiée, servitude volontaire

Pourquoi ne pas s’être débarrassé de l’idéologie capitaliste, malgré toute sa violence symbolique, son degré de sauvagerie sociale, ses ravages partout dans le monde et son autoritarisme intrinsèque ? Je vois au moins deux principales raisons. Déjà, parce que cette idéologie est très tenace, capable d’évoluer au gré des changements économiques, sociaux, sociétaux et de récupérer les idées qui pourrait la fragiliser. Elle excelle aussi pour servir les intérêts des puissants, ce qui n’est pas négligeable : bien que le capitalisme desserve une majorité de la population, il satisfait très bien les désirs d’une minorité de gens. Les anticapitalistes, même les plus féroces, doivent avoir l’honnêteté de reconnaître au moins ces qualités au système dominant.

L’autre explication est liée à notre imaginaire collectif, profondément colonisé par un capitalisme habile pour jouer sur nos certains de nos fantasmes, de nos failles et de nos peurs (consommation, désir de toute-puissance, d’illimité, de démesure). Oui, beaucoup d’entre nous ne sommes pas insensibles à ses charmes, à cette petite musique qui nous a bien endormi. Mais cela repose sur un projet politique et sociétal supposé combler (artificiellement) le vide symbolique de notre société, donner du sens à notre existence. Relier les gens non plus grâce au sacré des religions historiques, mais grâce à la promesse qui est aussi une religion : celle de l’Argent et « d’entreprendre en toute liberté ». C’est une certaine définition de la liberté et une vision pour faire (ou pas) société…

"La seule question qui importe aujourd’hui, c’est de savoir si les gens veulent être libres ou pas. Il y a eu des sociétés où les esclaves voulaient rester esclaves. C’est très facile de fuir ses responsabilités et de ne pas défendre le meilleur changement possible pour l’Humanité et la Terre."

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