En quête d’humanité

Le 28 avril 2016, à Doliana (Épire). Après y avoir mis les pieds en tant que volontaire à quelques reprises, je suis revenu au camp de réfugiés de Doliana en tant que photographe et journaliste. Cela faisait près d’un mois que j’attendais le feu vert pour y aller. Le raison de cette longue attente ? Des affrontements (sans grande gravité heureusement) entre réfugiés ont eu lieu.

« Mais qu’est-ce que tu peux bien venir faire dans notre vie, toi ? » © Nicolas Richen « Mais qu’est-ce que tu peux bien venir faire dans notre vie, toi ? » © Nicolas Richen

Des volontaires en sont aussi venus aux mains avec d’autres volontaires. Le climat s’est apaisé depuis et j’ai eu l’occasion d’interroger certains réfugiés, notamment grâce à l’aide d’un interprète, Omar, parlant l’arabe syrien (le syro-libanais) et un peu l’anglais. La grande majorité d’entre eux sont Syriens, mais certains viennent aussi d’Afghanistan. J’ai aussi croisé Hişyaret et Ali, deux enfants kurdes bien occupés à jouer sur leur tablette avec leur copain Abadan. Hussen, père de famille et électricien, m’a parlé de l’enfer quotidien en Syrie. Khaled, un Palestinien qui a vécu en Syrie et en Norvège, m’a confié sa douleur de ne plus voir sa famille et ses enfants qui sont toujours au Liban. Omar, en s’adressant à moi, a souligné à plusieurs reprises leur soulagement: « Comme tu le sais, nous sommes beaucoup plus en sécurité ici en Grèce », un peu comme si j’avais déjà vécu en Syrie depuis le début de la guerre. Mais non, je ne sais pas, cette réalité me dépasse complètement…

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  L’impossibilité de rester uniquement photographe ou journaliste

J’ai ensuite passé plusieurs heures entouré d’enfants. J’attirais tellement leur attention que les militaires, bien que rassurés par le fait que je me sois présenté, continuaient à me scruter depuis leur petit local, à l’entrée du camp. Les enfants étaient bien intrigués par mon appareil photo (et peut-être aussi par ma présence). Admirer la pureté de leurs sourires, voir leur insouciance et leur joie de vivre, cela m’a beaucoup marqué. C’était un exercice intéressant d’échanger avec eux uniquement avec des regards et des intonations. Impossible de réaliser que ces enfants ont fui les bombes, les attentats, la terreur quotidienne et la mort. C’était vraiment un cadeau de pouvoir les photographier, d’essayer de capter leurs expressions et leurs manières d’être. Ils m’ont transmis beaucoup de joie et de motivation.

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