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Billet de blog 26 juin 2022

Groupe unique NUPES : un bras de fer annoncé ?

Mais à quoi donc jouais Jean-Luc Mélenchon ce lundi 20 juin en demandant un groupe unique des députés NUPES à l’Assemblée nationale ? Faut-il pour les partenaires de LFI s'inquiéter d'une stratégie future qui viserait plus à les faire disparaitre qu'à faire gagner la gauche ?

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Mais à quoi donc jouais Jean-Luc Mélenchon ce lundi 20 juin en demandant un groupe unique des députés NUPES à l’Assemblée nationale ?

La proposition a été immédiatement refusée par le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français et Europe-Ecologie-les Verts, mais le mal était fait. Depuis les journaux considèrent cet événement comme un premier signe de la désintégration annoncée de l’Union de la Gauche.

Pourtant la NUPES a été un succès, plus que doublant le nombre de députés de gauche, permettant à chaque groupe d’augmenter ses effectifs. Evidemment, certains en auront plus profité que d’autres, LFI et les écologistes en tête, mais c’était une conséquence logique de la présidentielle et du rapport de force qui en découlait.
Notre Union aura aussi permis de redonner à certains l’espoir que nous ne sommes pas la gauche la plus bête du monde, pas tout le temps, et que face à la destruction des conquis, nous savons mettre nos différences de côté pour défendre ce qui nous rassemble.

Il faut pour autant admettre que la NUPES n’aura pas permis « d’élire Mélenchon Premier Ministre », et que les résultats sont inégaux selon les formations. Ainsi, alors qu’EELV et le PCF remportent en proportion autant de circonscriptions qu’ils avaient de candidats, LFI passe de 60,4% des candidats à 54,1% des élus, alors que le PS fait le trajet en sens inverse 12,3% à 19,5%.

Peut-être est-ce cette majorité interne réduite qui a poussé Jean-Luc Mélenchon à aller plus loin que l’accord initial et demander le groupe unique ou le fait que le groupe Insoumis se trouvait inférieur à celui du RN. Plus cyniquement, peut-être le besoin de prendre à partie les citoyens face à une soi-disant mauvaise volonté de ses partenaires.

Comment imaginer un instant que les autres groupes accepteraient ? Un groupe unique, c’est quatre fois moins de niches parlementaires pour la gauche, soit quatre fois moins d’occasions de présenter les lois inspirées du programme NUPES.
C’est aussi des temps de parole, interventions, commissions attribuées à un groupe qui doit ensuite les répartir en interne, interne où LFI serait absolument majoritaire. De manière logique, on entre difficilement dans un mariage à quatre où un des partenaires peut décider pour les trois autres du droit de parole.

L’argumentaire sur la commission des finances a été revu et démonté comme ne tenant pas. Et aucun doute que Mélenchon connaît assez bien nos institutions pour savoir qu’il ne faut pas être le plus gros groupe, juste présenter un candidat qui récoltera le plus de voix. Ce que celui de la NUPES fera assurément, sauf si LR vote pour le RN, ou LREM pour LR, contre tout précédent et tradition.

Les grognes dans les partis étaient minoritaires contre cet accord, y compris au Parti Socialiste, mais cette sortie soudaine ce lundi a pu faire tiquer y compris parmi les plus optimistes sur l’union de la gauche.
Une inquiétude enfouie remonte alors. Et si non content de ce rééquilibrage en sa faveur, LFI ne cherchait pas à pérenniser l’Union mais à phagocyter ses partenaires, en dépit du bon sens ?

Ce serait une stratégie égoïste, qui n’aurait pas l’intérêt de nos concitoyens en tête, de notre famille politique. En attendant, espérons que la NUPES tiendra d’ici 2026 et les municipales, ou peut-être avant, si dissolution.

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