Vérité et justice, enjeux de nos démocraties

Les démocraties libérales agissent en faveur de la reproduction des inégalités et nourrissent ainsi les totalitarisme contemporains. C’est en ce sens que nous observons en leur sein des révoltes sociales accompagnées de sentiments de défiance et de lassitude à l’égard du système en place. Orbán en Hongrie, Trump aux Etats-Unis et tant d’autres en sont des illustrations assez significatives.

Ita est nous vivons aujourd’hui non plus dans une domination de la raison ou de la paix sociale mais de véritables fascismes ; y mettre fin devient urgent chaque jour davantage. Dans ce contexte angoissant de mutations politiques et sociales, il convient de rétablir des régimes honnêtes en s’interrogeant notamment sur la place de la vérité et du droit qui constituent des enjeux centraux auxquels nous n’accordons, de toute évidence, pas assez d’importance à l’heure qu’il est. 

 

Relever le défi de la vérité est une véritable nécessité à la vue de l’écart entre les connaissances produites par la recherche et la politique, le dernier exemple en date étant le débat autour de « l’islamogauchisme » à l’université. Il convient par ailleurs de noter que cette méconnaissance n’est que le reflet d’un mépris et d’un manque de considération, tous deux mis en évidence par un « sous financement chronique » de ces activités pointé cette semaine par plus de 600 universitaires et chercheurs dans une tribune au Monde. Malgré des connaissances pourtant acquises par la recherche sur une multitude de sujets (de l’usage des drogues à l’environnement en passant par les phénomènes migratoires), les dirigeants politiques continuent à tenir des discours complètement déconnectés et absurdes au sein desquels les mensonges passent peu à peu pour des vérités communes ; cependant l’écart est aujourd’hui trop grand entre la vérité objective et la forme de la décision politique. 

Que ce sujet soit si peu abordé dans le champ politique ne relève d’ailleurs pas d’un hasard mais bien d’un malaise généralisé de la classe politique à l’égard de cette notion.

De ce constat alarmant naît dès lors une urgence quant à établir un système où le rapport à la vérité serait plus contraignant  en dégouvernementalisant la politique pour la faire rentrer dans un appareil assurément lié à la vérité. L’enjeu n’est non pas d’instaurer un « Ministère de la Vérité » comme dans 1984 mais de permettre un climat de confiance source de stabilité politique et de nouvelles perspectives.

À ce premier objectif politique important s’ajoute la problématique du Droit. Il ne s’agirait non  plus d’être gouvernés par des pseudos « hommes politiques » qui n’ont de pouvoir que celui que le peuple leur donne, mais de donner aux juges le pouvoir de s’opposer, d’imposer des volontés basées sur la rationalité juridique, la générosité, les droits fondamentaux… L’aspiration des gilets-jaunes au référendum permanent traduisait en réalité cette volonté de mettre fin à le gouvernance. Cette volonté répandue d’abolir la politique, d’abolir le fait d’être gouvernés par des passions, des individus pour lesquels on n’exprime que du rejet et de la haine est mise en lumière à la fin du film « J’veux du soleil » de Gilles Perret et François Ruffin, où une femme jette son gilet jaune et part à la plage.

 

In fine, l’enjeu de nos démocraties est de lier la décision publique à la vérité et à la justice. Sans elles, nous serions condamnés à voir notre déclassement se poursuivre.. 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.