Bill Gates après la BMGF, attendant de diriger à nouveau Microsoft

Le départ, longtemps espéré, est maintenant ancré. Depuis le 23 janvier, il est à Paris, à l'heure de l'inscription dans un autre temps, qui, à terme, le ramènera chez Microsoft. Sa relation à Steve Jobs, régulièrement évoquée, l'est d'autant plus qu'est sorti sur les écrans l'adaptation de la biographie de ce dernier par Danny Boyle.

Cette relation, à l'heure où il souhaite revenir chez Microsoft, comme Jobs est revenu chez Apple, ne peut manquer d'être évoquée, le parallèle du retour à l'entreprise fondée étant présent. Bill Gates a vu la reprise en main d'Apple par son cofondateur, en a été témoin. Revenir chez Microsoft signifie mettre un terme à la possibilité de pirater les ordinateurs de l'extérieur. C'est l'enjeu. Un documentaire, volontiers évoqué, Steve Jobs vs Bill Gates, le montre curieux de la réalité de cet autre, si différent de lui. Il faudrait, pour savoir si la différence était telle, savoir à quelles pressions Jobs était exposé, s'ils étaient tous les deux soumis à des chantages similaires. Autant dire dépasser le cadre des présentations qui maintiennent une narration plus ou moins convenue. Le documentaire qui les présente conclut sur la BMGF. Il date du 8 mai 2014. Après donc la démission de Ballmer, et après la difficile recherche de CEO, sa détermination à revenir, empêchée, ayant cependant été connue. Que fait ce documentaire ? Il conclut sur différents éloges de ce qu'il fait à la fondation, alors qu'il était évident à l'époque qu'il s'inscrivait en faux. Toute la difficulté se trouve dans ce temps où il y a opposition à changement, et production d'interviews, de documentaires, comédies musicales dont le seul propos est d'annuler l'avancée.

Une histoire est à écrire, de la réalité derrière la narration. Bill Gates a pu être contraint pendant près de huit ans à être à temps plein dans une fondation qui le maltraitait, et en opposition à laquelle il était. Il a pu subir de se voir exposé comme coupable de morts causées auxquelles il ne pouvait rien, la décision n'étant pas de lui. Que vivait, de son côté, Steve Jobs, et savait-il ce que subissait son rival ? Il est peu probable qu'il l'ait ignoré. Il s'autorisait les piques que l'on sait, tout en ayant aussi, à côté, cette dimension spirituelle en opposition au narcissisme si souvent reproché. Oser une comparaison entre John Sculley et Steve Ballmer est risqué, mais la résultante est identique, s'est produite de façon différente. Ce n'était pas la même durée. Steve Jobs a été rejeté par les employés d'Apple, son départ leur fut soulagement. Dans les deux cas, un cofondateur a quitté l'entreprise qui lui tenait tant à coeur en relation directe avec l'introduction d'un élément extérieur dont il est dit que c'est lui qui a demandé de venir à celui qui provoquera son départ. Dans le cas de Microsoft, c'est faux. Un tel décalage permet de se demander ce qu'il en a été d'Apple. On a parlé de décennie perdue de Microsoft. Apple était très mal quand Jobs est revenu. Le piège, pour Bill Gates était son père, et l'emprise qu'il a toujours exercée sur lui. Le fait que son nom a été associé à cette fondation. Ensuite, un deal a été créé dont le but était plus de l'empêcher de revenir que de nommer Nadella. Ce seul fait signe la nature criminelle des pressions exercées, du blocage de sa candidature qui n'a pu paraître que sur ce blog.

Nadella n'a pas les moyens d'imposer des softs inviolables. La dangerosité de la porosité n'est plus à démontrer. Reste, s'il ne se décide pas à partir, les procédures. Engagées, mais longues. Il est déterminé, sans être rongé d'amertume. Alors, la véritable histoire de Microsoft pourra s'écrire.

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