La fortune de Bill Gates, outil de contrôle de son image par Warren Buffett

Un homme qu'on a privé de la gestion de sa fortune, de surcroît détournée par le biais du Giving Pledge, se fait constamment identifier à elle, comme s'il avait multiplié les méfaits pour l'accumuler. La rengaine de l'homme le plus riche du monde est maintenant doublée de celle de l'homme le plus riche de l'histoire. Le mensonge est au rendez-vous, Kanga Moussa au placard.

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Un précédent classement, établi par Celebrity Networth et relayé par bilan.ch le présentait douzième, avec une différence impossible à combler avec le premier, Kanga Moussa, roi du Mali de 1312 à 1337, sa fortune représentant un tiers de celle de ce monarque. Mais qui l'annonce le plus riche de l'histoire ? Le journal de Montréal, se fondant sur un article de Business Insider dont il évite de donner l'adresse, et qui ne porte pas sur l'histoire, mais sur l'actualité, ce que permet de vérifier le contenu des deux articles. Pourquoi donc le journal de Montréal ? Le Québec aurait-il des motifs légitimes d'en vouloir au fondateur de Microsoft ? Après l'histoire du Pont de Québec qu'on voulait lui faire repeindre, du fait qu'il est actionnaire de CN, ça fait beaucoup. A moins que la belle province ait signé un engagement de chasse à l'homme avec Buffett, on se demande pourquoi elle s'acharne, aidée de la prise de part dans CN faite en décembre par Michael Larson, le gestionnaire de fortune qui obéit aux ordres dudit Buffett, y compris pour la gestion des biens de ce benjamin dont il se prétend l'ami, tout en ne ratant pas une occasion de lui nuire. Le scoop, créé de toutes pièces, à partir d'une fausse information, est pour l'instant repris par un seul site, africain. Le Journal de Montréal paie pour paraître en tête de Google news, y a donc intérêt. Quels sont ses liens avec l'escroc Buffett ? 

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Dans un autre registre, Time, qui, en anglais, titre en respectant l'article d'origine, et présente Bill Gates comme une des personnes les plus riches de l'histoire, renvoie à un autre sur ce thème qu'il a mis en ligne le 30 juillet 2015, et dans lequel il confirmait la place de premier de Kanga Moussa, positionnait Bill Gates neuvième, article repris par Sputnik et Vanityfair. Il y a comme une cacophonie dans la recherche de biais pour nuire. Un béotien sur internet identifie très vite Kanga Moussa, s'il cherche à voir à qui revient la palme. Le biais, cela dit, est partout, la vidéo du Time nommant le père de Bill Gates, sans mesurer l'emprise évidente que celui-ci a toujours exercée, et qui se voit par sa présence à nouveau à la BMGF. 

Pourquoi donc cet acharnement qui va jusqu'à la disqualification même du support, en ce qui concerne le journal de Montréal ? Il faut croire que Buffett se sent mal depuis que Bill Gates manifeste qu'il est déterminé à quitter la BMGF, ce qui l'expose, lui, pour la place qu'il y a toujours tenue, comme il risque d'être exposé par le changement de gestionnaire de fortune. La roue tourne. Une sortie de la narration s'opère pour faire place à la réalité. Celle de Buffett lui ferait-elle peur ? Tremblerait-il à l'idée d'être exposé pour l'escroc, le criminel qu'il est, ce que l'affaire Clayton Homes a commencé à révéler ?

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