Bill Gates face au scandale Warren Buffett-Clayton Homes et à ce qu'il révèle de Gates sr

L'image qui nous est donnée de l'homme prétendument le plus riche du monde est délibérément faussée, et le scandale de la Société Clayton homes le met en évidence de façon indéniable, exposant tant Warren Buffett que son père et sa femme comme les véritables décisionnaires de la Fondation Bill et Melinda Gates. Ce scandale est à relier, par les méthodes employées, à Monsanto.

L'étude approfondie publiée le 26 par BuzzFeed et le SeattleTimes sur les pratiques de la société de construction de mobile homes Clayton Homes, rachetée dans des conditions scabreuses par Berkshire Hathaway en 2003, est largement reprise, notamment par Max Keizer, et libertyblitzkrieg. Depuis avril, cette société est observée, largement critiquée, à juste titre, pour son calcul effectué sur les marchés à conquérir et la cible qu'elle s'est choisie : pauvres et minorités de couleur auxquels elle vend à des taux d'intérêt largement supérieurs à ceux pratiqués pour les blancs, leur communiquant de fausses informations, n'hésitant pas à changer le taux, une fois la réalisation de la vente effective, les condamnant, à terme, à perdre leur maison qu'elle pourra ainsi revendre. 

Clayton Homes cible les minorités de couleur Clayton Homes cible les minorités de couleur

Le calcul, et sa réalisation sont particulièrement choquants, émanant d'un homme connu pour cette remarque "Il faut 20 ans pour se construire une réputation, cinq minutes pour la perdre. Il suffit d'y penser pour se comporter différemment" :

Citation de Buffett sur la réputation Citation de Buffett sur la réputation

A croire qu'il a imaginé sa réputation si installée qu'elle le mettait à l'abri de toute critique. Siéger au Conseil d'Administration du Washington Post durant 26 ans l'a sans doute protégé, voire lui a fait perdre conscience de ce que passée la limite de l'acceptable, des voix, immanquablement, se lèvent. Clayton Homes a radicalement changé dès l'instant où il l'a rachetée. Il porte l'entière responsabilité des dégâts aujourd'hui dénoncés, et qui mettent en évidence une mentalité désastreuse présente en 2003, ce qui donne un aperçu de la fausseté de sa réputation. Il n'est pas pensable qu'il y ait eu changement radical de comportement à l'occasion de cet achat qui, tout au contraire, met en évidence l'origine plus que probable de sa fortune dans des pratiques abusives, comportant intimidation et chantage.

Les faits sont là, impardonnables, qui ont mené des personnes pauvres, issues de minorités ethniques, à tout perdre, y compris leurs terres, et à se retrouver, en plus, endettées. Les pratiques développées sont à l'opposé de celles pratiquées par Kevin et Jim Clayton avant le rachat par Berkshire. La réaction est telle que des contrats de vente ont été mis en ligne, tels celui de Rocio Orozco, mère célibataire vivant dans le Texas rural, indiquant un taux d'intérêt de 14, 2%, là où il lui avait été annoncé 8%. Ce document est en anglais, alors qu'elle ne maîtrise que les bases permettant d'avoir une simple conversation. Clayton, pourtant, se fait connaître pour sa capacité à communiquer en espagnol. Un chèque de 500 dollars, avec ordre vierge lui fut demandé, non déduit sur les documents. Sa remarque qu'elle ne comprenait pas ce qui était écrit, et qu'elle devait signer fut évacuée par l'affirmation que c'était très simple, juste ce que demandait la banque. Comme elle partait, des documents lui furent remis, qu'elle n'avait pas vus, sur lesquels figure un salaire bien supérieur à celui qu'elle touche. Avec des remboursements mensuels de 1000 dollars, elle est quasiment certaine de perdre sa maison à terme. Un exemple parmi de nombreux autres, dénoncés par une ancienne employée, Gwen Schablik, qui a tenté, en vain, d'obtenir que les documents soient traduits en espagnol, rapportant par emails aux dirigeants de Clayton que les acquéreurs n'étaient pas conscients de nombreux aspects de ce qu'ils signaient. Clayton gagne de l'argent dans un cycle sans fin : les acheteurs malheureux se voient reprendre leur maison que Clayton revend à un nouvel acquéreur. L'exemple de Kevin Thibodeaux, qui risque de perdre une terre possédée par sa famille depuis quatre générations, est cité, dans le paragraphe "Ils m'ont vendu un rêve"...à l'opposé de l'american dream. 

Warren Buffett, par Berkshire Hathaway, est aussi présent dans l'agro-alimentaire, à la tête de la troisième compagnie américaine, cinquième mondiale, Kraft Heinz, et par la BMGF, dans Monsanto. Une telle présence, avec ses conséquences évidentes, le désigne comme bien plus dangereux qu'il n'y paraît, d'autant que tout est calcul chez lui, jusqu'aux abus récurrents qu'il fait de l'image de Bill Gates, à qui il peut manifestement imposer de lui donner une caution que rien d'autre que le chantage ne peut permettre d'obtenir. Ce fut le cas, notamment lors de la publication de la dernière lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway, qui présente pourtant des résultats impossibles à obtenir par des moyens légaux. Ce fut aussi le cas pour cet échange enregistré. Cette photo, présente sur son blog, le montre entre son père, de trente ans plus âgé, et Buffett, de vingt-cinq ans son aîné :

Bill Gates entre Gates sr et Warren Buffett Bill Gates entre Gates sr et Warren Buffett

Elle illustre l'emprise exercée sur lui. Buffett lui a été présenté par sa mère. Le seul fait qu'il ait une relation suivie sur des années avec ses parents les révèlent, eux, comme acceptant de telles méthodes, qui, encore une fois, ne peuvent s'être développées en un jour. Deux articles parus sur Geekwire à l'occasion des 90 ans de Gates sr confirment cette réalité de façon paradoxale. L'un présente son cursus et les multiples réseaux auxquels il est rattaché, l'autre est un éloge sur commande du fils qu'il ne cesse d'abuser, ce qui lui est possible du fait de ces réseaux précisément. Cette situation d'emprise semble avoir existé dès qu'il a été clair que Microsoft contenait en potentiel un instrument de contrôle sans équivalent par son système d'exploitation. Sans le contact de Mary Gates avec IBM, MS DOS, aussi bien, n'aurait jamais été repris de Q-DOS, n'aurait jamais existé. Plus tard, après être tombé dans le piège Sarah Bajc, et s'être vu ligoter par la menace de rendre virales des vidéos intimes prises par tromperie, il s'est marié avec une femme qui était proche de sa famille avant d'être proche de lui, ce qui explique les échanges entre elle et Connie Ballmer, toutes deux ayant leurs entrées dans les médias, qui ont mené au départ de Microsoft en 2008. La place prise par Melinda Gates dans la fondation se situe dans cette logique. Elle fut choisie pour le contrôler, et n'a pas cessé depuis.

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