Bill Gates vend Corbis moins de 100 millions de dollars

La présentation vient d'un site chinois, Le quotidien du peuple. La vente le séduit, quand elle est critiquée par les médias occidentaux qui pointent le risque de réécriture de l'histoire, feignant de croire qu'il n'y a qu'en Chine qu'elle subit de mauvais traitements, citant Bill Gates, la personnalité la plus maltraitée, qui n'a pas décidé de la vente qu'on lui attribue pourtant.

Vente non souhaitable, vente faite, la question est de savoir si elle peut être annulée, ce qui est plausible, du fait de l'intention de nuire qu'elle révèle, et du fait que ce n'est pas une première. Sa fortune est utilisée pour lui nuire. Dans quel délai peut-il en récupérer la gestion, et les ventes effectuées peuvent-elles être annulées, toute la question est là. Une autre question de taille concerne le fait qu'il ait été soumis à pareilles violences, sans aucun moyen de s'en protéger. Elle était exercée par sa femme, son père, Warren Buffett, et plus vicieux, par ses gardes du corps. Il en est dégagé. Si demain il rentre à Seattle, comment ça se passe ? Il est dans la position de celui qui sait ce que les autres refusent de savoir. Qui en a une suffisante connaissance pour mesurer le danger. Qu'il le dise, que mes notes le relaient ne sert à rien. A ce jour, personne n'est prêt à assumer la responsabilité de ce savoir, ce qui est inquiétant, tous les ordinateurs sont poreux. Ceux qui n'ont pas des softs Microsoft le seraient moins, ça se saurait. Qui plus est les antivirus sont des outils de piratage. 

Que signifie la vente de Corbis, dans ce contexte ? Il s'agit d'entailler l'image du vendeur qui n'aurait aucun critère quant à ses choix de placement. Sans compter qu'il l'a bradé. Que penser de pareil homme ? Le trait est tellement forcé qu'il sauterait aux yeux d'un aveugle. Il signale dans le même temps un besoin de disqualification qui se fait pressant, et un souhait : que cette disqualification touche le milieu intellectuel/artistique. Que le cofondateur de Microsoft y soit grillé, associé à un manque de goût. Qu'il devienne gênant de le côtoyer, de même le citer. Vendre à la Chine des photos d'archives historiques, non mais, ça ne va pas ? Sans compter que dans le même temps, un dernier classement, le 5 ou 6° de l'année, donc depuis janvier dernier le présente comme le plus riche du monde, et pour certains, même, de l'histoire. Tout y est, avec ce paradoxe, à côté, des accords portant sur la malnutrition et le paludisme montés en épingle. Comme s'il fallait tout tenter, sortir dans le même temps tous ses arguments convaincu que chacun saura trouver celui qui lui convient.

Que signalent ces prises de parts (CN le 31 décembre), vente (Corbis le 22 janvier) surexposées, autant que le sont ces dons ? Que se passerait-il s'il retrouvait la pleine gestion de sa vie et de ses moyens financiers ? A qui échapperait-il qui se manifeste si nettement ?

Une observation s'impose, une nouvelle fois, concernant la presse et son pouvoir, tout entier dévolu au contrôle, faisant et défaisant les images. Il y a énormément à dire sur les incohérences existant dans les différentes présentations de Bill Gates, mais elles ne retiennent curieusement pas l'attention, toute entière portée sur le prêt à disqualifier. Si c'est pratique courante, peu de personnes y sont exposées dans une telle mesure, probablement parce que derrière sa fortune, derrière sa personne existent des enjeux auxquels nous n'avons pas accès, et qui ne le concernent pas, lui, mais bien plutôt ceux qui sont déterminés à contrôler son image, à l'empêcher de sortir de la place qui lui a été, de force, assignée. Fortune toute entière contrôlée hors sa volonté par le tandem Buffett-Larson.

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Et s'il reprenait le contrôle de ce qui lui appartient ? Ca pourrait commencer par l'annulation de la vente Corbis.

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