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Billet de blog 9 août 2022

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La maison de ta mère

Pour te retrouver en ton absence, j’aimais rendre visite à ta mère dans la douce maison de ton enfance, la maison où nous nous étions rencontrés, la maison où je t’avais si souvent attendu, la maison où nous nous étions tant aimés, la maison de nos plus beaux souvenirs, la maison illuminée de soleil les soirs d’été,

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La maison de ta mère

Pour te retrouver en ton absence, j’aimais rendre visite à ta mère dans la douce maison de ton enfance, la maison où nous nous étions rencontrés, la maison où je t’avais si souvent attendu, la maison où nous nous étions tant aimés, la maison de nos plus beaux souvenirs, la maison illuminée de soleil les soirs d’été, et d’hospitalité toute l’année, la maison dont, toujours pimpante, ta mère était la gentille fée.

Ta mère chérie m’offrait le thé et ses merveilleux gâteaux à sa manière anglaise, nous parlions de toi, je n’avais que du bien à dire de toi, je ne savais pas qui tu étais loin de moi, je te croyais aussi amoureux que moi, je te croyais sincère, je te croyais loyal, je ne doutais pas de ton fair-play britannique. Ta mère était heureuse de me voir, de me savoir ton épouse passionnément aimante, je la remplaçais un peu auprès de toi, elle savait que je prenais soin de toi comme elle-même l’avait fait avec tant d’amour maternel en ton jeune âge. Elle savait que je cherchais à te rendre la vie douce, elle savait que notre maison était havre de paix.

Ton père, souvent facétieux, me faisait sourire et rire avec ses manières brusques qu’elle réprimandait tendrement ; c’était quelquefois lui qui préparait le thé, je le vois encore tournant à toute vitesse la longue cuiller dans la théière pour plus efficacement faire infuser les feuilles parfumées venues d’ailleurs, comme il aurait tourné la manivelle d’un moteur dans la salle des machines des navires sur lesquels il avait si longtemps navigué au long cours, par tous les temps, toutes les conditions, la guerre, la paix, la tempête, le calme plat. Son thé était toujours délicieux.

N’était ton absence si fréquente, ce furent les plus beaux jours de ma vie, ceux que je ne vivrai plus jamais, images ensoleillées que le temps effacera peu à peu avant de les faire disparaître pour toujours, comme l’ombre de notre amour, comme ta silhouette lointaine, comme le chagrin qui m’étreint et qui va aussi s’éteindre un jour.

9 août 2022 Aimée Saint-Laurent ©

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