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Billet de blog 20 oct. 2021

Etais-je aimée ? Poème d'hier

Quand j’allais, autrefois, seule, par les rues et les ruelles de ta ville, comme enveloppée de tes pensées les plus tendres, j’étais heureuse, étais-je aimée ?

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Etais-je aimée ?

 Quand j’allais, autrefois, seule, par les rues et les ruelles de ta ville, comme enveloppée de tes pensées les plus tendres, j’étais heureuse, étais-je aimée ? Caresse sur l’âme, je voyais sur l’écran de ma rêverie l’instant toujours magique où, impatiente, j’allais pouvoir te retrouver, t’enlacer, t’embrasser, te parler, plus doux moment de ma journée, de ma semaine. Mes jours sans toi étaient prières de moniale à toi adressées comme à un dieu, tapisserie qu’il faut tisser sur le métier et défaire sans cesse. Au long des années, je suppliais un ciel pourtant vide que t’épargne le destin, celui qui avait couché pour toujours tant de mes amis. Rêver à nos retrouvailles rendait ma solitude plus légère et, en toutes circonstances, mon sourire épanoui. Ton image me servait d’étoile, de jour comme de nuit, tu étais mon guide, mon ange gardien. Je me sentais invulnérable. Ton retour chez nous était célébration de joie, fête toujours renouvelée.

Qu’en était-il pour toi ? Etais-je aimée ? Aimée comme je le croyais, comme tu le disais, comme tu l’écrivais. Invulnérable comme je le ressentais? Me rejoindre était-il pour toi fête et joie ? Ou ma vision se confondait-elle avec l’illusion? Tu me prenais rarement dans tes bras. Tu allumais la télévision.

Aujourd’hui, mes pensées pour toi tournent dans le néant sidéral de ton absence, de ton silence, comme toupies animées de mouvement perpétuel, et le moment ne viendra pas, ne viendra plus, où je t’enlacerai, t’embrasserai, te parlerai, où notre maison sera provisoire havre de paix, pour toi et moi. Elle n’est plus que le théâtre désert d’un chagrin inconsolable, écho de l’inlassable ressac des brisants sur les rochers, que vont vainement interroger au long des siècles les veuves des marins péris en mer. 

  19 octobre 2021  Aimée Saint-Laurent ©

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