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Billet de blog 22 avr. 2022

Le baiser sur ton front

Un soir d’été, en un autre temps, délicatement, longuement, je posai les lèvres sur ton front pour te souhaiter bonne nuit. Ce fut mon tout premier baiser d’un amour sublime, d’un amour platonique, d’un amour fervent qui transfigurât le dur réel, qui scellât pour toujours la Rencontre de deux êtres destinés l’un à l’autre sans le tourment du désir, sans l’appel de la chair.

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        « Mon front est rouge encor du baiser de la Reine »

                                             Gérard de Nerval

Le baiser sur ton front

Un soir d’été, en un autre temps, délicatement, longuement, je posai les lèvres sur ton front pour te souhaiter bonne nuit. Ce fut mon tout premier baiser d’un amour sublime, d’un amour platonique, d’un amour fervent qui transfigurât le dur réel, qui scellât pour toujours la Rencontre de deux êtres destinés l’un à l’autre sans le tourment du désir, sans l’appel de la chair. Tu avais l’air si triste, si seul, si tourmenté déjà. Je croyais pouvoir t’apporter un peu de ma douceur, de ma gaieté de jeune femme, de la lumière que le destin avait éveillée en moi, dès l’enfance je le savais, un peu de l’espérance des beaux jours à venir dont j’étais sûre, du feu sacré qui m’embrase encor et qu’avec l’Unique je voulais partager. Tu écrivais de doux vers qui me plaisaient, et ton âme de poète enchantait mon âme de rêveuse. Le baiser qui avait effleuré ton front nous lierait-il pour l’éternité dans l’extase folle de l’échange qu’on ne vit qu’une seule fois ? Il nous lia pour longtemps. Trop longtemps pour toi, trop peu de temps pour moi.

Car la vie morose de chaque jour reprit ses droits et nous sépara, loin de nos roses aux pétales essaimés. Les retrouvailles de l'Aimé, un autre été, furent comme le feu éclatant qui rejaillit de l’ancien volcan d’un poète oublié, celui qui gît aux îles Marquises. Cette fois nous vécûmes la victoire de "l’amour fou, l’amour doux, l’amour exceptionnel", celui dont je ne pourrai plus me détacher jusqu’à mon dernier souffle. Les années s’accumulant, ton cœur s’aigrit et se referma à jamais comme une huître sur cette perle nôtre avant que de durcir comme la pierre tranchante de l’obsidienne. Aujourd’hui, pour toi, la perle a perdu son éclat et tu l’as jetée avec le fatras des souvenirs passés dont tu t’es débarrassé. Tu n’as pas trouvé ce que tu cherchais, le pays où l’on n’arrive jamais, et tu m’as laissée sur le bord du chemin avec mes espoirs morts et mes chagrins.

                           22 avril 2022         Aimée Saint-Laurent ©

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