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Billet de blog 26 juil. 2022

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Ta petite fille (à mon père)

Ta petite fille, mon père, dont tu tenais la main d'enfant dans ta grande main rêche à force de manier si souvent les désinfectants pour soigner tes patients, tandis que de l’autre tu tenais le volant de la 2 CV brinquebalante qui, le lundi matin, la conduisait, le cœur déchiré, la gorge nouée, à l’internat du lycée,

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Ta petite fille (à mon père)

Ta petite fille, mon père, dont tu tenais la main d'enfant dans ta grande main rêche à force de manier si souvent les désinfectants pour soigner tes patients, tandis que de l’autre tu tenais le volant de la 2 CV brinquebalante qui, le lundi matin, la conduisait, le cœur serré, la gorge nouée, à l’internat du lycée pour une longue semaine loin de la maison, 

Ta petite fille, que plus tard tu crus à l’abri des dangers du monde dans les bras de son beau et jeune mari, ta petite fille est devenue une vieille dame que cet homme a trahie au long des années, au mépris de son amour si candide, si profond, avant de l’abandonner, sans remords, pour son propre compte, ses propres visées, aux hasards de la destinée.

Ta petite fille, mon père, n’a plus de main aimante où abriter sa vieille main ridée, plus de nid familial où réfugier sa solitude et ses larmes ; tous dorment maintenant sous la pierre des cimetières ou leurs cendres ont été dispersées par le vent au-dessus des vagues de la mer.

Devenue grand-mère, ta petite fille, mon père, n’a plus comme avenir que celui de sa douce petite-fille au grand cœur que tu ne connaîtras jamais, dont tu serais fier,  âme noble devenue jeune-fille, seulement armée de ses vingt ans pour affronter le destin dans un monde effrayant, sans pitié pour les meilleurs humains, un monde d’injustice, de cruauté et d’argent.

                                     26 juillet 2022       Aimée Saint-Laurent ©

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