Un sujet sans importance...

A la suite à une publication Facebook que je ne retrouve plus (était-ce un fake news ?), il m’a semblé pertinent de réagir. Mais rappelons les faits :

Un professeur punit un élève qui ne respecte pas la distanciation sanitaire. L’élève prétexte qu’il s’est assis à côté de son frère et comme il le fait à la maison, pour lui cela ne change rien. Il ne fait courir de risque à personne. Le professeur fait un mot à sa mère qui répond qu’elle soutient son fils.

Diverses réactions s’en suivent sur le réseau social et voyons ce que nous pouvons en dire. Dans tous les cas, un constat : lorsque l’on réagit à ce post, c’est pour prendre parti.

Tout d’abord, l’argument qui s’impose en faveur du professeur, c’est qu’à l’école, les règles sont (et doivent être) les mêmes pour toutes et tous.  Ainsi, la mère à tort de soutenir son fils et doit se soumettre aux règles de fonctionnement de la république. Le professeur a donc bien agi.

Ensuite, mettons-nous à la place de la mère : techniquement parlant, d’un point de vu sanitaire, son argument est valable. Si à la maison l’enfant côtoie son frère sans avoir attraper le virus, il n’aura rien à transmettre à ses côtés en cours. Et comme il porte un masque, même s’il avait attrapé le virus à son insu, le fait d’être à côté de son frère ne changerait pas grand-chose pour celui-ci comme pour les autres.

On est tenté de se dire que la mère n’est plus portée vers les valeurs républicaines et met d’abord en avant, ses valeurs/ intérêts personnels (on y inclut l’émotionnel). Ainsi, on constaterait que l’individualisme prévaut dans notre société. Pourquoi en être surpris ? L’école devrait préparer à un style de vie tout en étant épargnée de ses conséquences. L’école serait-elle devenue une utopie ? Devenez les meilleurs outils, les plus performants de l’individualisme (et c’est l’élitisme  qui offrirait les meilleures perspectives professionnelles) mais, aussi contradictoire que cela puisse paraitre, tachez de respecter des valeurs, que l’on vous demandera d’oublier une fois l’école terminée…

Mais à mon avis, le plus important ne se trouve pas là. En effet, on peut se dire que d’une certaine manière, les deux ont raison. Est-ce alors un dialogue de sourd ? Une situation dans laquelle seul le conflit peut s’exprimer ?
Faisons un reproche au professeur. Il est le garant de la pédagogie alors, pourquoi n’en fait-il pas preuve lorsqu’il s’adresse à la mère ? Au lieu de dire : « j’ai puni votre fils parce qu’il ne respecte pas les règles. » n’aurait-il pas été préférable qu’il explique à la mère le pourquoi du comment ?
Alors que peut-on en conclure – si on se sent obliger de le faire comme de prendre parti…-- ? Et bien, tout simplement, que le dialogue constructif n’existe plus. Qu’en fin de compte, personne n’a raison et qu’au final, tout le monde à tort parce que le dialogue n’est que du conflit. Si l’on avait tenté la discussion, certainement qu'il en serait ressorti une meilleure compréhension de l’un comme de l’autre (cela ne représente que quelques mots supplémentaires sur le carnet…). Et le fruit du dialogue aurait permis que la situation ne se répète pas. Car c’est la répétition qui mène à l’explosion (sociale). Ainsi, on note une tendance actuelle dans notre société à l’instar de la police envers les opposants, des riches et des moins riches, des élitistes et des non savants etc. : l’un doit dominer l’autre. Ce qui induit un rapport de force dans le but d’imposer une réalité, une idéologie des idées qui mettent en avant les intérêts de ceux qui les défendent ( qui peut-être une minorité). Dès lors, les valeurs que l’on croit défendre ne sont plus applicables de manière globale. On constate alors que l’individualisme n’a plus l’importance qu’on lui attribue car c’est le sentiment de domination (de puissance et de supériorité) d’un groupe sur l’autre qui prévaut.

Le dialogue n’est plus (constructif) et le conflit est devenu systématique. Nous sommes des classes (et pas seulement d’école) qui doivent s’opposer, ne plus dialoguer c’est-à-dire, ne plus se connaitre et/pour se comprendre. Ainsi, pourra naitre la peur puis la haine (de l’autre).

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