«Je condamne les violences»

Je condamne les violences d’un gouvernement qui enlève aux gens ordinaires la possibilité matérielle de vivre. Je condamne les violences des retraites qui baissent, des salaires qui stagnent. Je condamne les violences faites à ceux qui n’ont plus de salaire et qui n’auront pas de retraite quand viendra pourtant l’âge...

Je condamne les violences.

Je condamne les violences d’un gouvernement qui enlève aux gens ordinaires la possibilité matérielle de vivre.

Je condamne les violences des retraites qui baissent, des salaires qui stagnent.

Je condamne les violences faites à ceux qui n’ont plus de salaire et qui n’auront pas de retraite quand viendra pourtant l’âge.

Je condamne les violences faites aux femmes, souvent les plus précarisées.

Je condamne les violences faites aux gens qui ne peuvent plus se loger décemment ou qui le font en sacrifiant tout le reste.

Je condamne les violences faites aux enfants que leurs parents ne peuvent plus élever dans des conditions dignes.

Je condamne les violences faites à ceux qui se trouvent à la rue.

Je condamne les violences d’une économie qui empoisonne et détruit le milieu vivant.

Je condamne les violences des banques qui transforment les ruines de leur spéculation en une dette publique que nous devrions rembourser.

Je condamne les violences faites à nos aînés en EHPAD où les soignants n’ont même plus les moyens de les maintenir propres.

Je condamne les violences d’une police qui, sur ordre, gaze, matraque et casse des civils pour le simple fait de manifester, usant d’armes de guerre.

Je condamne les violences de media de milliardaires qui tronquent, masquent et déforment les faits et les événements au su et au vu de millions de gens, créant une défiance malsaine envers le journalisme.

Je condamne les violences d’un président qui s’est pris pour un roi et qui méprise son peuple.

Je condamne les violences d’un gouvernement qui pérore autour de symboles républicains et qui vend la République et son patrimoine à des intérêts privés.

Je condamne les violences des représentants politiques qui utilisent les mandats qu’ils tiennent du peuple pour offrir le pays et ses lois à des lobbies.

Je condamne les violences d’une élite qui propage la peur afin de maintenir les gens dans l’apathie et dans la servitude.

Je condamne les violences de tous les corps intermédiaires et de toutes les personnes qui, en raison de leur autorité, de leur pouvoir, de leur capacité décisionnelle, refusent de soutenir une démocratie renouvelée du pays et confortent une monarchie en fin de règne, en dépit des violences sociales permanentes dont ils peuvent être témoins.

Car ce sont là les vraies violences que les gilets jaunes ont, de manière irrévocable, rendues visibles !

Ce sont là les vraies violences qui détruisent et abiment des millions de vies et de familles !

Ce sont là les vraies violences que les puissants, les décideurs et les commentateurs continuent d’ignorer et de mépriser !

Afin de mettre un terme à ces millions de violences qu’une oligarchie déconnectée ignore ou plus souvent organise, il est indispensable et urgent:

1) de refaire de l’impôt un acte d’engagement sociétal auquel les plus riches et les grands groupes doivent participer à la mesure de leurs ressources, en traquant impitoyablement l’évasion fiscale ;

2) de réaffecter le partage des richesses produites vers les plus modestes et les classes moyennes en taxant fortement le capital et en renationalisant les grandes infrastructures, l’énergie et les banques ;

3) de fonder un nouvel acte démocratique sur une représentation strictement citoyenne, par la création d’une assemblée citoyenne tirée au sort parmi la population et par l’instauration de référendums d’initiative citoyenne garantis pas des organismes indépendants. Une démocratie réinvestie et vive sera seule capable de faire cesser la cruauté de ces millions de violences et d’engager la transition vers un futur choisi et désirable.

Norbert Merjagnan, écrivain de science-fiction

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