CHEZ L’ESPÈCE HUMAINE, MONSIEUR MACRON L’OPPRESSION EST L’ARME DES PREDATEURS.

Par : Nourredine BELMOUHOUB *

La France telle que je la conçois Monsieur Macron, n'est pas celle dépeinte dans cette réflexion, et le peuple français n'a rien à voir dans l'histoire de la colonisation, sinon j'aurais été plus cru. C’est d’ailleurs par respect aux françaises et aux français qui ont conservé le sens de l’honneur, que je me suis tenu à une analyse concise et sans agressivité de ce que les gouvernants français ont fait dans le passé dans mon pays, et qui continue à se perpétrer aujourd'hui, je pense à la Libye, à l'Irak, au Mali, à la Syrie, à la République Centre Africaine, à Madagascar, au Cameroun et en bien autres pays, et à ces centaines de milliers de morts, vos gouvernants continuent de s'emparer des richesses de l'Afrique, du Maghreb et des pays du Moyen Orient "désobéissants". Cette stratégie est une des conséquences du système capitaliste arrivé à son point ultime, l'impérialisme.
Tant que l'impérialisme sera debout il sera difficile et sanglant de sortir de cette emprise. Voilà la précision que je souhaitais apporter, car la clé des grands changements attendus par les peuples du monde, réside en la destruction de ce système et l'avènement d'un autre qui sera basé sur la coopération et le respect mutuel, ce n'est pas une utopie, certains pays le font déjà en Amérique Latine, et d’autres en d'Afrique.
De l'histoire de la colonisation Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de Français qui aient une notion de l'histoire véritablement exacte de la France - pas celle qui est enseignée de manière trompeuse-. Pour ceux qui savent, il n'est pas forcément facile de vivre avec cette image de la France. A l'école on enseigne que ce pays incarne la démocratie, les Droits de l'Homme, les libertés fondamentales et tout ce qu'il y a de valeureux sur la planète. Je crois qu'il faudra beaucoup de temps pour rétablir la vérité, d’autant que les historiens ne semblent pas en faire primordialement, par éthique, déontologie et par devoir, un sujet de préoccupation essentiel, alors que faire si ce n’est écrire. Cela peut certainement valoir en retour des insultes et de la haine, que ce soit de la part des ignorants, des imbéciles ou des méchants, mais faut-il aux cancres, accorder une importance imméritée, la marche d’un homme habitué aux causes nobles, ne peut être freinée par des sons creux de cloches rouillées. Il faut écrire. Il faut que la vérité réapparaisse. L’ignorance est une ennemie terrible, cette histoire doit être connue. Il ne faut pas qu'elle recommence, ou plutôt, il faut que cela cesse.
C'est en effet très bien - plus encore, je considère absolument nécessaire de le rappeler, ne serait-ce que parce que les livres français d'histoire ont une nette tendance "in-justement" à ne pas l'aborder frontalement, quand encore ils l'abordent - de rappeler tous ces faits. Faits atroces qu'on ne peut passer sous silence ou enterrer, au risque effectivement d'alimenter l'humiliation et au-delà toutes les légitimes rancœurs, dues à ces ignobles violences, et ainsi d'empêcher la plaie de se cicatriser. J’ai le sentiment qu'il le faut le rappeler afin d'essayer aujourd'hui de construire un présent plus décent, nous avons certainement, certes les yeux ouverts, en pleine conscience, c'est-à-dire déjà à l'inverse en effet de cet abominable et insupportable négationnisme et de son idéologie nauséabonde, à aller de l'avant.
on ne doit pas oublier tout ce qui s'est passé, on doit l’avoir en mémoire, afin en quelque sorte d'honorer la mémoire de ces innombrables victimes de Tocqueville, Le Pen, Aussaresses et Papon, mais aussi pour éviter que cela se renouvelle, tout en essayant de construire un présent commun, avec ces différences qui ont données lieu à cette infamie innommable, on en viendrait à faire preuve d'une ouverture et d'une coexistence enfin respectueuses, prouvant que nous pouvons - ce qui est la moindre des choses - vivre ensemble au-delà ou plus exactement au travers ou grâce à nos différences. Ce que je souhaite démontrer ici, c’est ce que fut la véritable histoire de la France, celle qui ne fut jamais enseignée dans les manuels d'histoire de la France des droits de l’homme. La vraie histoire à l’opposé de celle dont on a trompeusement gavé les enfants et les petits enfants des français, celle de la thèse révisionniste de la famille Le Pen, ou encore celle soutenue par les partisans de la France civilisatrice. Honte aux profils bas des historiens, et honte aux journalistes qui ont le pouvoir pour que la véritable histoire soit dite, et qui font l'impasse. Appartient-il au citoyen algérien de quartier populaire, exclus de l’école du 2é collège, instituée par la France des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de rappeler l'histoire algero-française ? L’histoire n’oublie pas, ne pardonne pas, et le monde finira par connaitre la vérité qu'on tente par tous les moyens de cacher.
Si l'on veut avancer, il serait judicieux de se dire des vérités. De rendre à l’histoire ce qui est à l’histoire. Pourquoi serait-il plus normal ou logique de recommander aux uns d'oublier, de passer à autre chose, et d’enseigner aux autres une histoire tronquée, juste pour continuer à entretenir le mythe de grandeur des autres. Pourquoi un effort de vérité n'est-il pas engagé du côté de cette France grande donneuse de leçons devant l’Éternel ? Qu'elle souffre un tantinet d'admettre ses faux pas, ses actes manqués, ses torts ! Nul n'est parfait, sauf vous Monsieur Macron peut-être. Pourquoi ça semble toujours autant vous choquer d'entendre énumérer les exactions commises par la France ? Pourquoi cela devrait-il être vécu comme un crime de lèse-Majesté envers la France, alors qu'on trouve normal de diaboliser systématiquement les autres ? Un pétard explose ailleurs, et la mayonnaise médiatique prend et commente allègrement les horribles crimes commis par les autres, et quand bien même la vérité est ailleurs, on voudrait que cela résonne comme une vérité d’Évangile. Par contre, tout récit qui entacherait la virginale renommée de la France serait décrié, nié voire même, accusé de victimisation. Quelle mentalité ! Au fond les français d’aujourd’hui ne sont pas à blâmer, l'éducation qu’ils ont reçue fait la part belle à la "grandeur" de la France, qui prend grand soin d'occulter toutes les horreurs qu’elle a eu à infliger à nombre de peuples, à leur tête mon pays, pour son prestige. Récemment encore il a été même été question de parler dans les manuels d'histoire de bienfaits de la colonisation, alors oui, les têtes blondes en grandissant vont de fait, ignorer des choses qui pourtant font partie de l'histoire de leur pays, et iront avec la même effronterie jeter à la face de leurs camarades "bronzés" leur fierté d'être les héritiers d'une grande nation irréprochable. Mettez-vous donc à la place de ces anciens peuples colonisés qui connaissent leur histoire douloureuse et qui voient aujourd'hui les descendants de leurs anciens oppresseurs, qui prospèrent partiellement ou totalement grâce aux vols commis par leurs aïeux, leur exposer tout leur mépris, leur nier leur souffrance, leur refuser le droit qu'ils ont de faire savoir leur passé douloureux. Que feriez-vous ? Comment réagiriez-vous, vous dont les ancêtres il y a un siècle ont fait porter aux allemands un joug très pesant pour une guerre sanglante, aux origines pourtant très partagées ?
Je pourrai bien souhaiter qu’on se venge, mais non, la vengeance n’est pas la justice, en plus qu’en se vengeant nous deviendrons comme ce que je dénonce ici, c’est-à-dire des méchants. La vengeance n’est pas la justice, bien que la France continue d'appliquer la même politique d'hier en ce 21e siècle. Elle est dans tel ou tel pays d’Afrique soit pour maintenir un dictateur au pouvoir, soit pour imposer un autre en soutenant une rébellion. Les français qui sont totalement humaniste, mais qui ne connaissent pas la véridique histoire de la France coloniale, pourront prendre pour une attaque personnelle envers eux ou leurs parents, qui peut-être subissaient ces choix, à ceux-là je dis : tous les français ne sont pas à la tête de l’état français.
Pour ce faire, il faudra que la France redevienne d’abord française, qu’elle retrouve ses marques de noblesse et qu’elle arrête toutes les formes de violences policières t le racisme qui ternissent la Fance, jadis patrie des droits de l'homme

* Défenseur des Droits de l’homme. Alger

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