Chine : paroles mesurées!

Un chauffeur de taxi permet souvent de prendre la température

Les chauffeurs de taxi pékinois sont bien connus en Chine pour embrayer rapidement sur la politique.
Lundi soir, grand vent glacial à Pékin, après avoir avalé des nouilles à la vapeur, je m’engouffre dans un taxi. La radio distille des chansons à la gloire du parti et de Xi Jinping.
Je demande au conducteur alors quelle est la radio. Il me donne un numéro, la fréquence. Il n’en sait pas plus.
Je lui fais part de mon étonnement face à ce déferlement de « chansons rouges ».
Il me prévient : « Fais attention, actuellement, on ne peut pas dire n’importe quoi(胡说八道). Fais attention à ce que tu dis publiquement, sur We Chat ou même au téléphone, sinon la police viendra te chercher. C’est quand mieux que pendant la Révolution Culturelle, celui qui sortait des absurdités pouvait se faire battre à mort (打死), tu vois le carrefour ici, j’en ai vu plus d’un mourir. Ne dis rien sur le gouvernement !»
Le « n’importe quoi » signifie des critiques sur le gouvernement, le président, la politique actuelle.
La petite conversation résume bien l’état actuel de la liberté de parole en Chine qui ne cesse de se resserrer depuis l’arrivée de Xi.

Taxis pékinois Taxis pékinois

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