Vinci et les impôts

Particulièrement critiqué depuis le début de la crise des Glets jaunes, Vinci continue de générer de bons résultats et de payer ses impôts.

Où en est Vinci, cet acteur industriel mondial des métiers des concessions et de la construction ? Quid de son imposition ? L'entreprise, qui emploie plus de 211 000 collaborateurs dans une centaine de pays, a été récemment au centre de l'attention au sujet de la privatisation d'Aéroports de Paris, qui devrait avoir lieu dans quelques semaines, Vinci étant pour l'instant le deuxième actionnaire d'ADP (8%). Vinci s'apprête également à racheter l'aéroport britannique Gatwick pour 3,22 milliards d'euros.

Comme le révèle une étude de l’Association française des entreprises privées, 100 entreprises françaises ont contribué à hauteur de 19 % aux prélèvements obligatoires en 2017, « soit une part plus importante que leur contribution au PIB (13 %) et à l’emploi (13 %) ».

Une enquête récente de l’Obs confirme de son côté l’ampleur de l’effort fourni par certaines entreprises en matière de fiscalité, et donc de redistribution. Selon les chiffres publiés par l’hebdomadaire dans son édition du 7 février, le Crédit agricole (5,8 milliards d’euros de prélèvements obligatoires payés en France en 2017) et BNP Paribas (4,2 milliards) sont les principaux contributeurs à la solidarité nationale.

"Vinci apparaît, lui, comme un contribuable exemplaire", relève l’hebdomadaire. Le groupe de BTP aurait payé 3,8 milliards d’euros de prélèvements obligatoires en France en 2017. Il occupe ainsi la troisième place du classement de l’Obs alors qu’il n’est que la 12e société du CAC 40 pour sa valeur en Bourse.

Vinci, plutôt un bon élève en matière d'imposition

Depuis 2005, Vinci a « reversé 20 milliards à l’Etat sous forme de taxes et impôts divers pour la seule société privatisée ASF (Autoroutes du Sud de la France) », comme le rappelle le PDG du groupe, Xavier Huillard. Dans la même période, « Vinci a investi 8 milliards dans l’aménagement du territoire », ajoute le dirigeant qui appelle à en finir avec le « Vinci bashing ».

Ce sont bien sûr les résultats solides et la bonne santé du groupe qui rendent possible cette contribution. L’an dernier, le chiffre d’affaires de Vinci a progressé de 8,1 %, à 43,5 milliards d’euros. Son résultat net part s’est établi à 3 milliards, tandis que la marge opérationnelle sur activité a progressé de 0,1 point, à 11,5 %.

Mieux : pour 2019, les dirigeants tablent sur une nouvelle progression du chiffre d’affaires et du résultat. C’est une excellente nouvelle pour les actionnaires, qui se sont vu proposer un dividende à 2,67 euros par action au titre de 2018 (+ 9 %), soit un rendement de 3,4 %.

C’est également une excellente nouvelle pour l’Etat. Comme le souligne l’OCDE, les impôts payés par les entreprises sont une « source essentielle de recettes permettant aux pouvoirs publics d’atteindre des objectifs socio-économiques ». Et ces impôts ne se limitent pas aux prélèvements sur les bénéfices, ils incluent également les charges patronales, les taxes foncières, la TVA, les charges salariales.

Or, « Vinci est aujourd’hui l’un des plus gros contributeurs au budget de l’Etat et des collectivités territoriales avec plus de 9 milliards d’euros reversés chaque année sous forme de taxes, charges et impôts », précise Xavier Huillard.

 

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