Observatoire des impôts et des revenus
Abonné·e de Mediapart

5 Billets

0 Édition

Billet de blog 18 avr. 2019

LVMH et ses impôts

Alors que les milliardaires de notre pays se sont lancés dans une surenchère inédite de dons pour la reconstruction de la Cathédrale, la famille Arnault propose une aide de 200 millions d'euros. D'aucuns prétendent que LVMH devrait en priorité payer ses impôts en France. Qu'en est il exactement ? Est ce que LVMH paye ses impôts dans l'Hexagone ?

Observatoire des impôts et des revenus
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Avec un chiffre d’affaires s’élevant à 46,8 milliards d’euros en 2018 (+ 11 % par rapport à 2017), le groupe affiche une croissance deux fois plus rapide que le marché. En progression de 21 %, le résultat net opérationnel dépasse pour la première fois les 10 milliards d’euros. Le résultat net bondit quant à lui de 18 % et le cash-flow de 16 %, à 5,5 milliards. Bref, les indicateurs sont au vert pour le géant mondial du luxe.

« Toutes nos activités ont réalisé une excellente année », confirme Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe. En effet, si Louis Vuitton reste le champion toutes catégories, les vins et spiritueux réalisent une « croissance organique » de 5 % de leurs ventes. « Dans l’activité champagne, les cuvées de prestige connaissent une performance remarquable tandis qu’une politique ferme de hausse de prix se poursuit. L’année est marquée par ailleurs par des vendanges exceptionnelles », précise le groupe.

Des résultats qui font le bonheur de la direction, des actionnaires, et du fisc français. Comme le montre l'Obs dans son classement du 7 février dernier, avec 1,4 milliard d’euros, le groupe était le principal contributeur à l’impôt sur les sociétés (IS) en 2017. Un titre qu’il n’est pas près de céder. LVMH a payé 1,25 milliard d’euros d’impôts sur les sociétés en 2018.

LVMH : 1er sur l'impôt sur les sociétés dans le secteur du luxe

Pour rappel, l’impôt sur les sociétés s’applique aux bénéfices réalisés en France par les sociétés et autres organisations. Il s’agit d’un impôt payé directement par le contribuable redevable qu’il convient de distinguer des impôts indirects (tels que la TVA), des impôts affectés aux collectivités locales ou encore des cotisations sociales. Au total, le groupe LVMH a payé 2,4 milliards de prélèvements obligatoires (dont 770 millions de cotisations sociales) en 2017, ce qui en faisait le sixième plus gros contributeur à la solidarité nationale et le premier parmi les industriels du luxe.

A l’heure où « la part prélevée sur les bénéfices des entreprises dans la plupart des pays riches ne cesse de fondre », ces chiffres n’ont rien d’anodin. La question de la fiscalité des entreprises taraude en effet les esprits, comme le montre particulièrement le cas des GAFA. Une stratégie d’optimisation fiscale parfaitement assumée permet aux géants du Web de minimiser les impôts qu’ils paient en France en transférant de manière artificielle leur activité dans des pays où la fiscalité est plus accueillante, notamment l’Irlande ou le Luxembourg, comme l’explique Le Figaro.

Responsabilité sociale, aujourd'hui clé de la réussite pour les entreprises.

D’où l’approbation suscitée par les chiffres communiqués par le champion du luxe. « La France représente pour LVMH à peine 10 % des ventes mais 50 % de son impôt dans le monde », explique Bernard Arnault, son PDG.

L’impôt sur les sociétés n’est pas la seule contribution de LVMH à l’économie française. Comme le montre le Parisien dans son article du 23 avril 2018, le groupe a embauché 13 500 personnes en France », ajoute le dirigeant. Cela fait de LVMH le troisième plus gros recruteur du pays, derrière McDonald’s (32 015 employés) et la SNCF (29 900).

LVMH joue un rôle important en matière d’investissement et de formation. L’an dernier, il a investi 1 milliard d’euros en France. A cela s’ajoutent 50 millions d’euros consacrés à la formation des jeunes dans les quartiers en difficulté, notamment à travers l’Institut des métiers d’excellence, un programme de formation professionnelle en alternance qui a déjà formé 500 jeunes.

Le groupe, qui a par ailleurs versé la « prime Macron » à 80 % de ses salariés, fait ainsi de la responsabilité sociale l’une des clés de sa réussite.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
#MeToo : Valérie Pécresse veut faire bouger la droite
Mardi, Valérie Pécresse a affiché son soutien aux victimes de violences sexuelles face au journaliste vedette Jean-Jacques Bourdin, visé par une enquête. Un moment marquant qui souligne un engagement de longue date. Mais, pour la suite, son équipe se garde bien de se fixer des règles.
par Ilyes Ramdani
Journal — Asie
Clémentine Autain sur les Ouïghours : « S’abstenir n’est pas de la complaisance envers le régime chinois »
Après le choix très critiqué des députés insoumis de s’abstenir sur une résolution reconnaissant le génocide des Ouïghours, la députée Clémentine Autain, qui défendait la ligne des Insoumis à l’Assemblée nationale, s’explique.
par François Bougon et Pauline Graulle
Journal
Sondages de l’Élysée : le tribunal présente la facture
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce vendredi Claude Guéant à huit mois de prison ferme dans l’affaire des sondages de l’Élysée. Patrick Buisson, Emmanuelle Mignon et Pierre Giacometti écopent de peines de prison avec sursis.
par Michel Deléan
Journal — Violences sexuelles
L’ancien supérieur des Chartreux de Lyon, Georges Babolat, accusé d’agressions sexuelles
Selon les informations de Mediacités, trois femmes ont dénoncé auprès du diocèse de Lyon des attouchements commis selon elles lors de colonies de vacances en Haute-Savoie par le père Babolat, décédé en 2006, figure emblématique du milieu catholique lyonnais.
par Mathieu Périsse (Mediacités Lyon)

La sélection du Club

Billet de blog
Électricité d'État, non merci !
La tension sur le marché de l’électricité et les dernières mesures prises par l’Etat ravivent un débat sur les choix qui ont orienté le système énergétique français depuis deux décennies. Mais la situation actuelle et l'avenir climatique qui s'annonce exigent plus que la promotion nostalgique de l'opérateur national EDF. Par Philippe Eon, philosophe.
par oskar
Billet de blog
Fission ou fusion, le nucléaire c’est le trou noir
Nos réacteurs nucléaires sont en train de sombrer dans une dégénérescente vieillesse ; nos EPR s’embourbent dans une piteuse médiocrité et les docteurs Folamour de la fusion, à supposer qu’ils réussissent, précipiteraient l’autodestruction de notre société de consommation par un effet rebond spectaculaire. Une aubaine pour les hommes les plus riches de la planète, un désastre pour les autres.
par Yves GUILLERAULT
Billet de blog
Notre plan B pour un service public de l'énergie
[Rediffusion] Pour « la construction d’un véritable service public de l’énergie sous contrôle citoyen » et pour garantir efficacité et souveraineté sur l’énergie, celle-ci doit être sortie du marché. Appel co-signé par 80 personnalités politiques, économistes, sociologues, historiens de l’énergie dont Anne Debrégeas, Thomas Piketty, Jean-Luc Mélenchon, Aurélie Trouvé, Gilles Perret, Dominique Meda, Sandrine Rousseau…
par service public énergie
Billet de blog
Le nucléaire, l'apprenti sorcier et le contre-pouvoir
Les incidents nucléaires se multiplient et passent sous silence pendant que Macron annonce que le nucléaire en France c'est notre chance, notre modèle historique.
par Jabber