Engie et les impôts

Épinglé par la Commission européenne, le fournisseur d’énergie rappelle, chiffres à l’appui, ses engagements en matière fiscale. Avec 3 milliards d’euros de prélèvements obligatoires payés en 2017, il est l’un des plus gros contribuables en France.

Engie est l’un des principaux contributeurs à la solidarité nationale, selon le classement publié par l’Obs dans son édition du 7 février. Le géant de l’énergie a en effet payé 3 milliards d’euros de prélèvements obligatoires en France en 2017. Il occupe ainsi la cinquième position dans le classement de l’hebdomadaire, derrière le Crédit agricole (5,8 milliards), BNP Paribas (4,2 milliards), Vinci (3,8 milliards) et la Société générale (3,22 milliards).

Voilà qui devrait contribuer à clore la polémique suscitée par l’accusation de la Commission européenne selon laquelle le groupe français aurait bénéficié d’un traitement fiscal sélectif au Luxembourg. Engie, qui avait demandé l’annulation de la décision de la Commission, affirme en effet avoir toujours respecté la législation fiscale applicable et rappelle qu’il a demandé aux autorités du Grand-Duché la confirmation, par anticipation, de sa bonne interprétation du droit luxembourgeois.

Il faut dire qu’on voit mal le fournisseur d’électricité et de gaz naturel faire au Luxembourg le contraire de ce qu’il fait partout dans le monde. Engagé dans une démarche de transparence, Engie publie sur son site internet les montants d’impôts sur les sociétés supportés chaque année dans les principales juridictions où il est présent.

Le groupe rend notamment compte des impôts sur les sociétés payés pour ses sept principaux pays (France, Belgique, Brésil, États-Unis, Chili, Mexique et Pérou). En 2017, ces pays ont représenté plus de 92 % du montant total payé par le groupe. Ils ont par ailleurs représenté 84 % de son actif net total, 63 % du total de ses frais généraux et 70 % du chiffre d’affaires consolidé.

Progression spectaculaire

Concrètement, en 2017, les entités du groupe ont payé 393 millions d’euros au fisc français au titre de l’impôt sur les sociétés, contre 355 millions en 2016 (soit une augmentation de 11 %). Mais la progression est tout à fait spectaculaire aux États-Unis (92 millions en 2017 contre 20 millions en 2016, soit + 360 %), au Chili (59 millions contre 13 millions, soit + 353 %), au Mexique (57 millions contre 21 millions, soit + 171 %) ou encore en Belgique (258 millions contre 158 millions, soit + 63 %).

Engagé dans la conduite responsable des affaires, la lutte contre la corruption et le respect de la fiscalité et de la réglementation, le groupe devrait continuer à jouer un rôle important dans l’innovation, la croissance et le rayonnement de la France à l’étranger.

Ainsi, lundi 8 avril, Engie et le fonds de pension canadien CDPQ ont repris 90 % du réseau de gazoducs brésilien TAG. Le groupe français possédera 49 % d’un réseau qui s’étend sur 4 500 kilomètres, soit 47 % de l’ensemble des infrastructures du géant sud-américain.

« Le gaz brésilien va nous apporter des revenus stables pendant 13 ans, puis jusqu’en 2040 », se félicite dans les pages de Challenges Paolo Almirante, directeur des opérations d’Engie.

Cette acquisition s’inscrit dans le nouveau plan sur trois ans présenté par le groupe en février. Celui-ci devrait voir le fournisseur d’énergie donner la priorité à 20 pays dans lesquels il est déjà bien implanté et se concentrer sur 30 métropoles, notamment en Asie du sud-est et en Afrique.

L’an dernier, Engie a enregistré un chiffre d’affaires de 60,6 milliards d’euros, en croissance organique de 1,7 %. L’EBITDA a de son côté progressé de 4,7 %, à 9,2 milliards. Le résultat net récurrent a pris 10,1 % en données publiées et 17,3 % en organique, à 2,46 milliards.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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