L’art, un marché en mutation

Loin des histoires stéréotypées de vol, d’arnaque ou de sommes flamboyantes, l’évolution du marché de l’art est ancrée dans son temps.

Entre 2013 et 2018 le marché de l’art a connu une hausse de 209% de sa valeur d’échange, passant sur la période de 1,5 à 4,64 milliards de dollars. L’année 2018 a été marquée par l’éventuel amorçage d’une phase de stabilisation, la croissance a été moindre cette année-là. Si le marché se stabilise durablement, il aura alors atteint une certaine maturité, très certainement temporaire mais pouvant durer longtemps.
L’élément principal de l’importante croissance du secteur est bien évidemment l’intégration et le développement du commerce en ligne. La digitalisation des services a incité la création de nouveaux espaces de vente bien loin des galeries guindées et des salles de vente longtemps élitistes. Un nouveau groupe, massif, de consommateurs est devenu potentiellement acquéreur d’œuvres.
Ce nouveau marché en ligne est franchement accessible, c’est d’ailleurs toute sa particularité. Le rapport de Hiscox met en valeur certaines particularités de ce nouveau marché. Près de 65% des amateurs d’art sont dorénavant des utilisateurs du réseau social Instagram qui devient de ce fait une excellente vitrine publicitaire, mais aussi une plateforme pour les interactions entre les créateurs et les acheteurs. Les acheteurs nés après 1980 sont 29% à déclarer préférer faire des achats en ligne. Un bémol cependant, les acheteurs en ligne sont plus volatiles que les clients des points de vente classiques.

Depuis quelques années toutes les galeries importantes disposent d’une vitrine en ligne de leurs produits. Si ces sites présentent l’histoire de la marque, ses plus belles œuvres vendues ou en vente, elles ne sont pas encore forcément enclines à proposer un système d’achat en ligne. Pour l’instant ce sont les plus innovantes qui ont passé le cap de la vente en ligne comme Hugo Galerie à New York ou Bouillon d'art à Bordeaux.

Le rapport Hiscox assure que le marché devrait dépasser les 9 milliards de dollars de volume d’échange en 2024. Cependant, Nicolas Kaddeche, responsable chez Hiscox en France confie que « La confiance en l’avenir des plateformes de vente en ligne commence à diminuer, nous assistons peut-être à une prise de conscience que le marché croîtra moins vite qu’elles ne l’avaient anticipé ».

 

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