La FIAC, un habituel moment de transgression

La FIAC 2019 s’est tenue dans la capitale française du 17 au 20 octobre. L’occasion de revenir sur certains scandales qui ont marqué l’événement depuis la première édition en 1974.

Au coeur de la plus belle ville du monde, la Foire internationale d’art contemporain est un événement international. À chaque édition les oeuvres les plus belles côtoient les plus dérangeantes, les plus surprenantes et sont régulièrement oubliées au profit de grandes controverses qui agitent un milieu qui balance entre agitation artistique et placements financiers.

Le premier scandale ayant eu un véritable échos au cours de l’événement en dehors des milieux artistiques date de 1977. C’est dans une France encore très conservatrice que Mireille Suzanne Francette Porte, bien plus connue sous son nom d’artiste “ Orlan ”, se décide à vendre ses baisers. Pour 5 francs, nouveaux, les visiteurs pouvaient embrasser un court instant celle qui allait devenir l’une des plus grandes représentantes de l’art corporel. À l’époque, face au tôlée provoqué elle avait dû quitter son emploi dans une école privée.

Trente et un ans plus tard, Jake et Dinos Chapman présentent des dessins d’Hitler retravaillés. Alors que les pressions s’accroissent pour faire retirer les aquarelles, les oeuvres sont rapidement vendues pour plusieurs centaines de milliers d’euros.
La même année, la police intervient au Grand Palais pour décrocher des photos datant de 1994. Elles avaient été prises à Moscou selon une mise en scène d’un genre un peu particulier durant laquelle un homme nu se déplaçait à 4 pattes en se jetant sur les passants. L’intervention de la police est justifiée par la possible apologie de la zoophilie des clichés.

En 2014, c’est une oeuvre de Paul McCarthy qui fait scandale. L’oeuvre, plus proche du sextoy que du sapin de Noël (ce qu’elle était censée représenter) est une structure gonflable de plusieurs mètres de haut. Percée dès sa première nuit place Vendôme, l’oeuvre est rapidement retirée.

Deux éditions plus tard, c’est une table de Bjarne Melgaard qui fait scandale. En effet, ce mobilier représente une femme en tenue sado-masochiste. En 2017, c’est une nouvelle représentation dégradante des femmes qui s’expose. Le Domestikator, grande structure habitable de 12 mètres de haut fortement sexualisée, est rejetée du Jardin des Tuileries et doit trouver refuge au centre Georges Pompidou.

L’édition 2019 a été épargnée par les scandales, le seul événement notable étant le retrait d’une citrouille gonflable pour des raisons météorologiques.

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