Manger Ensemble

Le cynisme de notre époque est partout, jusque dans notre assiette. Dans le savoir et l'autonomie qui se perd au détriment d'une société mouroir ou les labels de bonne conduite dictent nos besoins alimentaires en fonction de nos revenus sans se soucier des années qui écrivent notre courte Vie. Pourtant d'autres choix existent. Il sont la volonté de ceux décidant de changer le décompte du Temps.

 

Certains vont en prison pour avoir volé un bout de fromage ou un saucisson, tout droit sortis d'une usine agro-alimentaire, où le bénéfice et la valeur marchande des produits rendent invisibles la qualité nutritive et la culture du gout des choses. Certains bossent 35 heures semaines, dans un magasin où une entreprise de production d'aliments labellisés BIO et, font leurs courses dans les supermarchés discount les jours de congés. Certains ne partent plus en vacances, soucieux de ne pas empoisonnés leurs enfants en leur remplissant le ventre, ils font les cents pas devant les rayons bio du supermarché où ils ont leurs habitudes...

On pourrait compter plus facilement ceux qui ont les moyens de manger sainement ou, ceux qui ont le Temps de cultiver leur potager. Parce que la majorité de la population, n'a pas les ressources nécessaires pour cela. Aujourd'hui, notre alimentation est devenu dans de nombreux cas nocives. L'obésité et les maladies diverses liées à l'alimentation tuent nos enfants, nos parents, nous.

 

Il n'est pourtant pas si loin derrière nous ce moment de l'Histoire ou les grandes surfaces apparurent, et où, au nom de la fin de la faim, l'ère industrielle nous transforma en esclaves de notre Temps, et notre nourriture en poison.

 

N'ayons pas peur parler des pesticides tels qu'ils sont : En effet, nos élus qui en autorisent la fabrication, les fabriquants, les fournisseurs, les revendeurs, les acheteurs, les épendeurs professionnels ou non et, à l'heure ou passer à coté de ce sujet est impensable, les consommateurs de tout ce qui se trouve ou prêsque, dans les rayons des magasins de toutes tailles appartenant de près ou de loin à la grande distribution et à l'industrie agro-alimentaire dite conventionnelle, sont des assassins ou des suicidaires.

Choqués, certains me diront que tous n'ont pas le choix. Ce à quoi je préfère ne même pas répondre, quand je vois le peu de solidarité qui existe dans les manifestations de jeunes qui demandent les libertés qu'on leur doit pour leur avenir. Je pense que celui qui aura le Temps de m'imposer ce genre de critique n'est pas en train de préparer le changement solidaire et autonomiste dans l'individualité de chaque membre de sa communauté, nécessaire à ce que ce sujet se conjugue au passé.

Est-il vraiment nécessaire de faire de nouveau la liste des miséreux, de remettre en question les minimas sociaux ou tout autre forme écrite de respect des droits de la Vie ? Doit-on encore mille fois se diviser en laissant derrière nous ce qui devrait être acquis de liberté à commencer par le droit de manger, de dormir sous un toit ? Je pense qu'il est Temps de changer de discours, de déconstruire les révoltes et de penser non pas aux autres ni à soi, mais de penser Ensemble.

 

Ce qui est Bon et Partagé avec Respect et convivialité, réconcilie la Vie et le Temps, donne sens à la communauté, créé le lien qui créé l'être-ensemble et qui, de sa juste répartiton, voit naitre l'Envie de continuer, l'Idée à atteindre, le Courage de faire le premier pas vers l'autre, le Désir de le voir épanoui et, pour que l'Amour de sa propre existence puisse s'accomplir, en ouvrir les portes de l'Harmonie.

 

Comme j'aime à le penser, nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère pour l'humanité, et donc pour la Vie sur cette planète.  Le Temps précieux que nous dépensons à travailler pour ne pas profiter pleinement de notre propre capacité à transformer notre Histoire trouve une place importante dans les discussions. Le manque de possibilité de réussite sociale pousse à la débrouille, et appelle à un renouveau des modes de partages. Le Monde, appauvri mais connecté, ne veut plus de cette vision hierachique tissée d'un simple "je pense, tu dé-penses". Ainsi le Temps convenue contre salaire pour effectuer une tache devient pour un employeur le moyen de libérer une partie du sien.

Aussi abérant cela soit-il, le Monde fonctionne ainsi. Parce que si en moyenne les chiffres de l'INSEE nous indiquent que pour se nourrir, se loger, s'habiller et se déplacer, la grande majorité des ménages Français dépensent plus de 60% de leur revenu, il ne faut pas oublier que ce sont avant tout des dizaines de millions de personnes qui offrent plus de 60% du Temps de la plus grande partie de leur Vie, pour obtenir chaque jour ce minimum charitable d'explotation alimentaire.

 

Minimum parce que c'est la base de la survie et du bien être : Manger. Dormir. Se Vêtir.

 

On peut imaginer par un calcul rapide basé sur les droits des travailleurs et des employeurs de l'avant El Komhri-Macron, et donc sur une semaine de 35 heures, qu'environ la moitié de ce temps de travail est dé-pensé uniquement à ce minimum. Evidemment, ces chiffres sont des statistiques, celles qui n'oublient cependant pas de nous rappeller qu'en France, une personne recensée sur 12 vit en dessous de ce qu'en haut lieu on ose encore, à ce stade de proportion de misère humaine, appeller "le seuil pauvreté".

C'est d'ailleurs au nom de cette même pauvreté que l'ère industrielle devint porte ouverte à la libérté sans limite des enfants du babyboom dont le plus grand cadeau sera pour longtemps un libéralisme mondialisé, basé sur l'esclavagisme et l'asservitude de la masse. Trop occupés à chercher un ennemi dans notre voisinage, nous avons depuis cette période, comme oubliés de vérifier ce que la charité bien ordonnée des gouvernances avait à nous offrir, affamés par une guerre mondiale dont les héros allaient devenir bourreaux, de la nature dénaturée, à nos assiettes remplies de produits fabriqués parfois par des anciens chimistes de guerre. 

 

Conscients des enjeux, mais trop affaiblis dans l'asservitude ambiante et le politiquement correcte des pensées révolutionnaires venues souvent d'autres siècles aux révolutions perdues, certains se trouvent un jeux de représentation au changement des moeurs par la consommation d'une alimentation plus saine.

 

Il serait donc engagé de manger BIO. La belle affaire pour nos industriels. Avec un coup d'avance sur le consommateur, ils avaient vu venir le changement de consommation et ont su détourner la vague de bonne volonté pour en faire un outil de division des peuples. Parce que si il existe un label de nourriture issue de l'Agriculture Biologique, cela veut surtout dire que tout le reste contient des substances potentiellement non-naturelles, voir dangereuses.

Il est donc invraissemblable qu'on laisse un label exister pour les produits non empoisonnés, au lieu de dénoncer le mal fait à tout consommateur par la nourriture. Par exemple, les fruits les plus consommés de France, les pommes. Et particulièrement celles là dont Green Peace a réussie, devant les tribunaux, à faire garder l'appellation "pommes empoisonnées" inscrite sur les affiches de l'une des  campagnes de sensibilisations de l'ONG, face aux catastrophes sanitaires causées par la consommation de pesticides.

 

 POUR UN LABEL SUR LES PRODUITS MODIFIES EN LABO OU CONTENANT DES PRODUITS CHIMIQUES.

 

Le jour ou j'ai vu et compris ce qu'était le Label AB, et tous ces quasi similis du "bien-vivre-si-tu-peux", qui définit pour nombreux d'entre nous, et cela d'un simple coup d'oeil, une qualité de fabrication d'une alimentation saine pour l'organisme et la planète, ma première question a été : Un label pour les produits propres ? Cela voulait dire que le reste ne l'est pas.

Alors pourquoi aurait-on a le droit de vendre une nourriture impropre sans être montrés du doigt pour ce faire ? Et je n'ai trouvé qu'une seule réponse : plutot que de risquer de faire baisser les prix du mauvais et répondre aux tendances, il vallait mieux vendre un peu moins de mauvais et compenser par du bon plus cher. Ceux qui peuvent, prendront le train.

Depuis quelques temps, le BIO labellisé se vend sur les mêmes étales que les "autres" aliments, mais trop souvent à des tarifs dont la différence pour un même produit issu de l'agriculture chimique va selon certaines études jusqu'à 72% de plus. Ce qui voudrait dire que l'on ne peut simplement pas se nourrir de cette manière sans passer par cette industrie agro-alimetaire dont les techniques sont reconnues par de nombreuses expertises comme un véritable empoisonnement. A moins d'en avoir les ressources financière et c'est loin d'être possible pour la majorité de ceux qui n'ont pas choisis de s'arrêter.

 

C'est donc là que doit se remettre en question la fonction première de notre Temps.

 

Partager le Temps du travail nécessaire à la communauté et à son épanouissement individuel passe par la compréhension d'un recentrage sur les besoins vitaux qui feront violence, si nous ne savons pas sortir de la vague d'oppulence oisive de notre refflexion sur le devenir de notre alimentation. Ce sont aujourd'hui 9 tonnes de nourriture jetées dans les poubelles de France et plus d'un tiers de chaque aliment produit sur Terre qui se voient détruits chaque année, soit plus d'un milliard de tonnes de déchets consommables...

Nous pourrions aisément produire moins et nourrir équitablement un circuit de nourriture biologique et écologique alimentaire à échelle humaine et planétaire. L'abondance devient arogance quand les eaux des sources ne sont pas offertes à chacun des passant qui croisent son ruisseau. Nos devenirs et celui de nos enfants dépendent des choix que nous feront dans les prochains jours de nos Vies.

 

Nos devons cesser d'être employés et employer à notre tour notre Temps.

 

L'autonomie est essentielle à notre développement. Les communautés qu'elle soient des communes, des quartiers, géographiques, ethniques, affinitaires, d'une manières ou d'une autres, ne peuvent vivre les unes sans les autres. Pour la simple raison qu'elles n'existeraient plus comme différence si les autres n'étaient pas là. Ne pas s'abreuver de nos différences est la première forme de sectarisme. Il en va de même avec la Terre qui nous offre la Vie. Elle est différente et riche de son sol d'un endroit à un autre. Mais elle sait mieux que nous, l'importance et la valeur de la différence, et celle qui en est son origine, la complémentarité.

 

Il n'est pas de peuple et de civilisation sans la maitrise de l'alimentation, de l'Harmonie du Temps avec les Cycles de la Nature.

 

Les compétences et le savoir des sols et de l'air sont nécessaires et même fondamentales. Quand certains parlent du service militaire pour envoyer les enfants du peuple en tuer d'autres, je parle volontier d'apprendre l'autonomie alimentaire dans les écoles dès le plus jeune age.

La transmission du savoir observer est de ceux qu'il faut accomplir comme une priorité.  Il en va de la survie et dans la rénovation de notre organigramme sociétale. Les villes, les quartiers et par delà même chaque individu doit savoir faire pousser son blé et le moudre pour en faire son pain. Aucun groupe d'enfants, de femmes ou d'hommes, ni aucune personne sur terre, si il ne doit en rester qu'un, ne devrait être perdu et encore mons affamé. ll est temps de planter fruits et légumes partout, de recréer l'autonomie du peuple.

 

Et si nous sommes ce que l'on mange, comme le disent certains et tendent à le démontrer des scientifiques, il est triste mais vrai que certains meurent de ne rien manger, mais  pour la plus part d'entre nous, il est plus que temps, de réapprendre à Vivre.

 

Olivier Crenn

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.