En 2007, la municipalité du village de Roybon fait du pied au groupe Pierre &Vacances -Center Parcs (P&V-CP) dans le but d'obtenir un accord de principe concernant la construction d'un centre d'hébergement touristique sur sa commune. Le groupe hotellier cherche à s'implanter dans les environs et vient d'essuyer le refus d'une commune située à quelques kilomètres de là, dans la Drôme.

 Pour le Maire de l'époque, les arguments sont là : Roybon est une petite commune de 1300 habitants située aux pieds des Alpes, et le projet est soutenue par le Conseil Général du département Isérois. La courbe économique et démographique du village est en chûte libre. Les commerces mettent la clé sous la porte à mesure que les commodités administratives de l'état s'évaporent. L'opportunité de créer un pôle touristique autour d'une enseigne de renom est trop belle, le pari est pris : Il y aura un Center Parcs à Roybon. 

L'immensité du territoire boisé dont le village est propriétaire est mise en avant et on choisit le site du bois des Avenières, au cœur de la fôret de Chambaran, pour y construire le parc. L'accord est ainsi conclue rapidemment et la parcelle de plus de 200 hectares est vendue à un prix bien en deçà du marché. Un premier hic qui ne manque pas d'éveiller les soupçons autour d'un projet controversé avant même la pose de sa première pierre.

En effet, le terrain proposé par la municpalité de Roybon est plus qu'une simple parcelle boisée au milieu d'une forêt. Elle abrite en son sol une machine à donner la vie. Un aquifère. C'est à dire une roche poreuse capable de filtrer les eaux des nappes phréatiques et des sources de nos rivières. On y trouve d'ailleurs plusierus sources de rivières et courts d'eaux importants pour des écosystèmes fragiles qui descendent les versants des collines avoisinantes sur les départements de la Drôme et de l'Isère.

En projetant la destruction autorisé d'une parcelle boisée abritant une géologie irremplaçable mais aussi une faune et une flore précieuse et protégé en partie, les porteurs du projets ont réveillé un mouvement de protestation aussi populaire que parfois personnel. Derrière une Lutte environnementale, c'est ouverte une brèche dans un rocher lobbyiste indutriel et touristique ou le béton devient une arme, au profit d'une minorité dont la réussite creuse un peu plus chaque jour les inégalités, bien au delà de nos frontières.

 Nombreux sont celles et ceux qui auront portés leurs voix, leurs cœurs. Parfois jusqu'à s'en épuiser. De manifestations en cours de justice, de confrontations physiques en surmédiatisation, la Lutte entre les porteurs du projet et ses opposants perdure. 

Depuis 10 ans, tous les coups semblent permis autour ce projet, présenté par ses porteurs comme l'unique solution aux problèmes de toute la population locale : magouilles financières, réseaux d'influences politiques, manipulation des chiffres, enquêtes environnementales mises au placard, pression sur les opposants, enrôlement des riverains, dégradations, agressions physiques, pressions professionelles...

A cela, les réponses des opposants restent pourtant bien vive. L'investissement des associations, la prise de position parfois dure des militants, le temps passé par certains d'entre nous dans le froid de la neige au coin du feu à garder cette fôret... Tant de bonne volonté au service d'une cause. Tant de naïveté, de déception parfois dans le regard de ses jeunes et moins jeunes citoyens, face à la logique d'une poignée d'hommes et de femmes bien plus puissants que ce que les choses peuvent laissées paraître.

Qui sont-ils ? Que peuvent-ils bien avoir de si dérangeant pour qu'une opposition si forte ne se soit lever ses dernières années ?

De loin, un conflit entre promoteurs immobiliers et un groupe d'écologistes locaux. Tout cela semble devenu banale depuis plusieurs décennie. Mais en y regardant de plus prêt et en écoutant les carricatures faites par les protagonnistes des deux camps, on y verrait plutôt un conflit d'intérêt politique autour d'un projet soutenue par le fleurons du capitalisme et de la France du tourisme autour d'une histoire d'emploi et de gros sous dans une commune sur la route de la faillite, face aux contradiction d'écolos anarchistes soutenue par des bobo-gauchistes. Le tableau est peint à l'extrème. Mais pourtant proche de la réalité.

La destruction de la Vie sur Terre, le réchauffement climatique comme l'appellent certains, est bien là. Les inégalités entre les plus riches et les plus faibles croissent d'année en année. La réalité de ce conflit est pourtant là avec la mobilisation au plus fort du conflit qui a mobilisé les plus hautes autorités de l'état,face à qui se sont regroupés derrière leurs barricades de fortunes, des altermondialistes venue d'au moins deux continents.

Lorsque Manuel Valls, alors premier Ministre en fonction, affiche ouvertement son soutien au patron de Pierre & Vacances - Center Parcs, lors d'une cérémonie autour d'un des projets du groupe, fraichement condamné en première instance à l'arrêt de son chantier de Roybon, faut-il y voir une main tendue vers l'expression du pouvoir populaire ? La réponse est évidemment non. Et c'est là la complexité d'une affaire qui ne s'est jamais limitée à cette petite parcelle de bois. C'est là qu'elle est devenue un symbole de la volonté de vivre autrement, et d'arrêter le Temps que nous coute notre existence, pour l'utiliser à des fins positives pour tout le vivant et l'avenir. 

Comme si l'Humain avait droit à une deuxième chance.

Nous agissons ainsi. Comme si nous avions la certitude qu'un autre Monde existait ailleurs que sur cette Terre, et que cette planète pouvait nous servir de brouillon. Comme si nous avions légitimité à détruire, à ne faire qu'essayer. Pourtant, les changement vont si vite que nulle ne peut dire qu'il connait un endroit de nature qui n'est pas été abimé par l'érosion de l'activité humaine ces trente dernière années. Les consciences aujourd'hui s'éveillent. Les combats environnementaux de ces dernières années, souvent violents, parfois meurtriers, sont la preuve que de plus en plus de personnes savent qu'il est primordiale de se tenir face à ceux qui continuent à détruire les ressources de notre Terre.

Derrière mes utopies, j'ai toujours su qu'il serait possible de suivre ce rêve d'un Monde où le profit d'un être sur un autre puisse ne pas exister. Avec du recul, ma fuite vers les éphémères raves des années 90 et la découverte des écris au sujet des T.A.Z. (Zone d'Autonomie Temporaire) d'Hakim Bey' et d'autres penseurs de courants autonomistes et refondateurs, m'ont permis de découvrir comme de nombreuses persnones de ma générations que toutes ces philosophies étaient applicables à une échelle bien plus considérable que celle de notre mouvement culturel.

J'ai depuis de longues années poursuivie ce chemin, et ai de fait, malgré mon éloignement géographique (je vivais dans la zone Ouest de l'Océan Indien entre 2010 et 2013),  été  mené à m'interresser à l'occupation des terres de Notre Dame des Landes. Un chemin qui m'a poussé, quelques semaines après le décès tragique du jeune Rémi Fraisse, un soir de Novembre 2014, sur la route de cette forêt à rasée, qui est devenu en 24h de présence militante, la ZAD de Roybon. 

 Zadistes : Militant ou militante engagé dans la protection d'une zone à défendre (ZAD) ou aussi appelée Zone d'Aménagement Différé : l'occupation et la mise en culture d'une ZAD a pour but de repousser, voire d'annuler, la construction sur celle-ci

Nombreux considèrent ces hommes et ces femmes engagés de terrain comme de simple voyous sans foi ni lois. Pourtant, de leur simple présence physique, ils et elles défendent la Terre de manière obstinée. Ils deviennent, unis les uns aux autres, le grain de sable dans l'engrenage des logiques du « plus pour un, moins pour tous ». L'engagement est personnel et souvent fort de conviction. Celles ci divergent mais les motivations sont souvent les mêmes face à cette coupure radicale avec les carcans d'une société malade, ou les rêves n'ont de place que pour combler la frustration d'une vie sans promesse. Certains, plus jeunes, découvrent un autre mode de vie, plus participatif.  Un Monde parallèle où l'on ne remet les capacité de personne en doute. Un Monde basé sur la construction d'un demain parfois précaire, mais souvent plus juste que ce que l'on leur a proposé de l'autre côté de nos barricades. 

Pour ma part, je considère que celui qui ne participe pas à la lutte, de quelque manière que ce soit, participe de fait à la continuité de cette organigramme pyramidale qui gère nos vies et rend aujourd'hui un pouvoir immense à une poignée de dirigeants à l'influence sans frontière ni compte à rendre. Roybon n'est qu'une poussière dans le gigantesque univers des transactions financières souvent occultes. M
ais l'occasion était trop belle de montrer que ce combat de défense existe bel et bien, pour la protection de cette beauté vivante qu'est notre planète et la Vie sur son sol. Parce que ceux qui détruise le bonheur de nos Vies partout dans le Monde ont des noms, et ne sont pas juste ce que certains appels LE système.

 Qui se cache exactement derrière le numéro un du tourisme en Europe ? Quel est le rapport entre la bulle tropicale des Center Parcs, une poignée d'écolos, de passionnés de pêche, des terroristes verts anarchistes de surcroît, le Monde de la finance et la géopolitique internationale ? 

Center Parcs est au départ une entreprise familiale néerlandaise. L'ambition de ses fondateurs lui permet au fil du temps de devenir une structure touristique incontournable sur le marché européen. En 2001 : le groupe français Pierre et Vacances rachète le groupe nommé à l'époque Center Parcs International se positionnant ainsi en leader du tourisme dit de proximité sur le continent Européen.

Pour arriver à cet objectif, Pierre et Vacances s'associe à Deutsche Bank Capital Partners, le fond d'investissement de la Deutsche Bank, basé sur le très peu taxé sol britannique. Center Parcs International est alors divisé en deux sociétés disctinctes : D'un côté Center Parcs UK dont les structures touristiques sont basées au Royaume Unis, propriété exclusive de la DB Capital Partners. De l'autre, Center Parcs, dont les structures touristiques sont basées en Europe continentale et dont les deux groupes se partage 50% des capitaux. Deux ans plus tard, DB Capital Partners cède ses parts de Center Parcs Europe. Nous sommes en 2003, Pierre et Vacance devient avec cette transaction unique propriétaire des Center Parcs sur le vieux continent et devient dès lors Pierre et Vacance - Center Parcs. 

En 2006, un an tout juste avant la crise de l'immobilier américain qui va dévaster le marché économique mondiale, suite à la faillite de plusieurs banques Américaines, notamment le tristement célèbre fond d'investissement Lehman Brothers, DB Capital Partners vend Center Parcs UK au groupe Blackstone, géant de l'invetissement Américain basé à Londres. En plus du rachat de Center Parcs UK, Blackstone devient propriétaire de sept sites de Pierre & Vacances - Center Parcs situés en Allemagne et au Bénélux. P&V–CP conserve pour ses sites vendus à Blackstone un titre de locataire et reste ainsi bénéficiaire de l'usufruit de ses activités sur place. 

Un fonctionnement que l'on retrouve dans le modèle de ses parcs sur le territoire français. Pour bien comprendre, il faut penser que si Pierre & Vacances - Center Parcs est aujourd'hui bénéficiaire de l'utilisation des infra-sctructures qu'il fait construire au frais des populations locales, il n'en est pas propriétaire. 


Pour être plus clair, les infrastructures sont revendus avec plus-value aux collectivités locales malgré des travaux hautement subventionnés. Les cottages sont vendus, quant à eux, à des particuliers ou autres comités d'entreprises, (comme par exemple celui du syndicat de police Alliance). Une fois ces transactions réalisées le groupe n'a pour seule activité de faire tourner ces villages vacancess en proposant de nombreuses activités à la mode, et compter les bénéfices.

Tout est donc en place pour que les affaires prospèrent avec un minimum de risques et, sur le territoire Français du moins, beaucoup d'argent public. Le montant des subvention, hors dépenses locales pour le projet Roybon, soit 35 millions d'Euros environ, reste néanmoins édifiant lorsque l'on compare celui ci aux bénéfices et retour sur investissement des parcs existant. Environ 40% des contrats conclus lors des ventes de cottages sont revus à la baisse et les sanctions financières en cas d'impayé n'arrangent en rien la situation des investisseurs attirés par les réductions d'impôts promises. 

Mais revenons à l'année 2006... C'est à cette période qu'en France se joue la campagne électorale présidentielle qui aboutira à l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Le chef d'état aura parmi ces premières mesures, après un bon repas sur les Champs Élysées et un petit tour en Yacht, l'idée de créer une niche fiscale pour les investissements touristiques. L'objectif officiel est de facilité le développement de structures touristiques en copropriété, comme par exemple les Center Parcs d'un certain Gérard Brémond.

Qui est Gérard Brémond ? 

Gérard Brémond est né en 1937. A 24 ans, il rentre dans la société familiale et exerce des activités dans la construction de logements, de bureaux et d’entrepôts. L'homme bien né devient un homme d'affaire imposant et se crée une réputation d'investisseur solide, opportuniste et rusé. En 1964, Gérard Brémond développe la structure architecturale unique de la station de ski d'Avoriaz puis crée le Festival International du film d'Avoriaz offrant ainsi une renommée mondiale à ces logements touristiques. 

En 1967, Il crée le groupe Pierre & Vacances. Gérard Brémond a exercé les fonctions de président de Maison de la France (aujourd’hui Atout France), groupement d'intérêt économique réunissant l'État, les collectivités territoriales et les professionnels, avec pour objectif principal la promotion du tourisme français dans le monde. Fonction qu'il a exercé de 1999 et 2005. Il est également signataire de la chartre et invité comme un acteur de l'écologie du futur à la COP 21, le fameux sommet mondiale de l'environnement qui vaut à notre Ministre de l'intérieur la volonté de fermer exceptionnellement les frontière du pays aux dangereux militants altermondialistes.

Implanté dans de nombreux pays Européens, le patron de P&V-CP affiche haut et fort la différence entre ses affaires et celles du groupe Center Parcs UK de Blackstone. L'ogre Américain a la réputation de fonctionner en surfant sur les déboires financiers de toute une planète. Mais à l'heure ou l'immobilier connaît une crise sans précédent, les ensembles touristiques semblent être un investissement de mise pour le leader mondial des parcs d'attractions. Blackstone est également propriétaire des hotels Hilton, des parcs Légoland ou encore des très controversés parcs SeaWorld dont le Capitaine Paul Watson, fondateur de Sea Shepperd à fait un de ces plus tenace combat à terre pour fermer ces parcs aquatiques ou sont enfermés dauphins et orques dans des conditions insupportables. 

Blackstone a été fondé en 1986 par Peter G. Peterson, l'ancien patron de la banque Américaine, Lehmans Brothers associé à son bras droit de l'époque, Stephen « Steve » Alexander Schwarzman. Trente ans plus tard, Schwarzman est seul au commande et le groupe est devenu un des leaders mondiale du capital investissement avec à son actif des rachats de dettes en tout genre lui permettant de spéculer sur la crise financière.

Des investissements dans le tourisme de luxe, dans les parcs d'attractions, dans les rachats de dettes mais aussi d'hypothèques immobilières, qui depuis presque une décennie ruine des familles entières à travers le Monde. Avec, comme au moins de Mars 2015 en Espagne, en Angleterre, aux Etats unis en Grêce et ailleurs, où des dizaines de familles mises à la rue pour impayé de crédit manifestaient contre les agissements de l'ogre Américain et d'un autre fond d'investissement tout aussi célèbre nommé Morgan Stanley.

Brémond, Blackstone, Roybon, les altermondialistes... Quel rapport ?  

En Espagne, de Madrid à Barcelone, de Bilbao à Malaga, "Afectados Por Hypotecas" (affectés par les hypotèques) regroupent de nombreuses victimes de ces investisseurs voraces. L'occasion de signaler le contrat liant depuis quelques années Pierre & Vacances - Center Parcs et la célèbre banque  Morgan Stanley pour la location au grand public de logements réquisitionnés pour impayés à des familles espagnols endettées aujourd'hui à la rue.

Investis dans le mouvement des indignés espagnols des les premières occupations de terrain des militants altermondialistes, certains occupants du bois des Avenières et de la Maison de la Marquise ont ainsi créé un pont entre deux affaires de gros sous, d'expulsion et de profit d'une minorité sur la masse... Les réseaux internationaux se renforcent en même temps que les inégalités dans le Monde grandissent.
 

Au milieu des années 2000,  l'idée de faire de la France le leader mondial du tourisme grandit et les projets de l'entreprise Pierre et Vacances - Center Parcs apparaissent comme LA solution aux maux de tout un pays. La lois sur la défiscalisation touristique est alors votée. Dans les couloirs de l'assemblée Nationale, certains élus rient d'un tel cadeau et surnomme le texte « la loi Brémond ».

Après l'élection de Sarkozy, les nouveaux projets de l'entreprise sont rendus possible. Sous fond de subventions accumulant des dizaines de millions d'Euros par site, si l'on ajoute les unes aux autres les aides des différents Conseil Généraux et Régionaux, de l'état ou de l'Europe , Gérard Brémond construit son empire et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Sous les projecteurs des médias, les élus le félicitent.

Le groupe Pierre & Vacances – Center Parcs organise une campagne de proximité en démarchant de possible candidats à l'implantation de nouveau centre de vacance sur le territoire français. Pour la partie Rhone-Alpes, c'est donc la commune de Roybon et son maire de l'époque, Michel Bachasson, soutenu et porté par l'alors président du Conseil Général d'Isère, André Vallini, qui fut choisie. 

Le scénario est en effet idéal : un terrain bradé à 30 centimes le mètre carré. Une transaction de 600 mille Euros pour les 202 hectares de terres boisées riches de plusieurs sources et de courts d'eau et situé au dessus d'un aquifère alimentant les nappes phréatiques de plusieurs rivières au alentour. De quoi alimenter les constructions aquatiques tropicales de monsieur Brémond pour quelques milliers d'années.

Le fonctionnement économique de Center Parcs ?  Il est basé sur la défiscalisation. Un abattement sur impôt, lié aux investissements dans l'achat de cottages voués à la location touristique par des tiers. Autrement dit, si vous investissez dans logements des parcs de monsieur Brémond, vous verrez sur votre feuille d'impôt un abattement de 11% sur votre investissement de base. 

La carotte financière semble attire malheureusement moins de monde que prévu et le plan de défiscalisation nommé sur le papier Censi-Bouvard doit se terminer en 2012. Mais les projets se multiplient pour P&V-CP et Gérard Brémond se rend au Ministère de l'économie et pour y rencontrer un certain Jérome Cahuzac, alors Ministre de l'économie. 
Un arrangement conclu en haut lieu, sans aucune transparence. L'aventure financière est prolongée de quatre ans, soit jusqu'en 2016. 

Mais revenons à ce projet mis à mal par la justice. 

Hors subventions publiques, de grosses sommes ont été sorties des caisses de la mairie de Roybon pour répondre aux éxigences de P&V-CP par son nouveau maire Serge Perraud, élu en mai 2014, comme par exemple la réfection du réseau routier, de la place de la mairie et des réseaux de voiries. Soit un investissement municipale d'environ 5 millions d'Euros, l'équivalent de longues années d'impôts locaux pour les 1300 habitants de Roybon dont les commerces infrastructures de proximités disparaissent les unes après les autres. Une patate chaude dont il se serrait bien passé, et laissée en héritage par l'ancienne municpalité de monsieur Bachasson, d'après monsieur Perraud.

Perdus dans la crise sociale et économique, pris à la gorge dans une région en désertification, les habitants de la commune et des environs se sont divisés entre défenseurs du projet de Center Parcs et ses opposants. Ces derniers subissent depuis des années une pression digne d'un harcèlement perturbant et les réduisant souvent au silence. Violences verbales, menaces, pressions économique et refus de prolongement de bail pour certains travailleurs. Le magasine Streetpress dénonce d'ailleurs dans un article les quelques 500 mille euros de subventions diverses coupées à des opposants par les élus locaux.
 Quant à elle, la municipalité de Roybon jusqu'en la personne de monsieur le Maire n'y aura pas été de main morte.

 L'homme, issus d'une famille dont l'histoire se devine au nom des rues du village, s'est même montrer menaçant physiquement devant une dame qui jadis fut son institutrice, faisant le cador devant son éléctorat et quelques gros bras du coin. Mais c'est aussi le même homme qui se présente pour négocier un éventuel départ des zadistes à l'heure ou les médias et les forces de l'ordre ne se montrent plus, un soir de janvier 2015. Durant presque une heure, il échange ce soir là avec quelques occupants de la maison de la Marquise qu'il supplie de déserter son village. Il ira jusqu'à dire qu'il n'est pas non plus pour ce projet mais qu'il n'avait pas le choix. 

Les arguments pour ne pas abandonner cette lutte à ce moment précis sont pourtant simples et nombreux

Tout d'abord et rapidemment, les études environnementales sont unanimes : le projet ne respecte en rien le cycle naturel écologique de l'eau et cache une autorisation de destruction d'une vingtaine d'espèce protégées. De plus, si il n'utilise que 2% de la forêt des Chambaran, pourquoi utiliiser ceux là qui sont les plus riches en ressources vivantes protégées. Les décrets de destructions signés par le cabinet de madame Royale au Ministère de l'écologie en 2014 et confirmé par le tribunal de Grenoble à deux reprises, sont une abérration 

Malgré la découverte récente de nouvelles espèces protégées sur le site de construction par les occupants de la Zone à Défendre de Roybon accompagnés par des naturalistes certifiés, l'état et sa justice reste muet et gardent une ligne de conduite ferme et à contre sens de ses annonces de croissance verte et d'une transition énergétique monnayée au plus offrant, sur fond de nature maîtrisée et de puissance nucléaire. 

Que penser alors des agissements internationaux des nébuleuses Blackstone et Morgan Stanley qui spéculent sur les déboires économiques des pays les plus touchés par la crise en partenariat avec le groupe de Gérard Brémond ? Que penser du rapprochement entre Pierre & Vacances et le groupe Chinois Beijing Capital Land concernant l'exploitation et le développement de filières touristiques dans un des pays les plus controversés dans ses pratiques salariales ? 

Utilisation peu scrupuleuse de fond public, arrangements obscure entre fonds privés et gouvernement, mensonge et aveuglement sur les retombées économiques et écologiques, refus de prise en compte des avis des experts environnementaux... Les fonctionnements de Center Parcs et de son petit Monde suffiraient à elles seules à construire l'argumentaire de tout penseur anti-capitaliste. Aux dernières nouvelles, les projets comme celui de Roybon, qui sont visés comme la plus part des projets du groupe par des recours en justice de ses opposants seront corrigés, remis aux normes environnementales, notamment celle de la lois sur l'eau et les compensations stupides de zones humides.

 En quoi consiste la compensation de zones environnementales naturelles détruites ?

Le puissant groupe d'écotourisme subventionné négocie la destruction d'hectares de zone humide avec une "banque de zone humide". La compensation des dégâts engendrés dans les Chambaran oblige à démontrer sa bonne volonté environnementale. Seulement il faut savoir qu'une zone humide compensée choisie est en la matière de validité de compensation valable pour 10 années. La lois reste vide quant au fait de compenser un autre projet une fois l'échéance écoulé sur la même zone. Incroyable mais vrai. Et dans la série des abérations politiques de la gourvernance Française, il faut aussi regarder de près la toute nouvelle lois Macron dont le passage en force à l'assemblée Nationale par le Premier Ministre Valls, est avant tout un cadeau aux grands patrons. 

Comme chargée d'une mission dont les intérêts semblent dirigés vers les exigences des plus grands fonds d'investissements internationaux, Manuel Valls semble prêt à usé à l'époque de tout les stratagèmes pour permettre à son Ministre de l'économie de mettre en œuvre son plan de sauvetage d'un système financier, qui pousse l'ère industrielle vers de nouveau sommet spéculatif. L'industrie du tourisme n'est évidemment pas oubliée, et les articles 27, 28 et 29 de la lois Macron semble être une aubaine pour les futurs grands projets.

Mais qui est notre ancien Ministre de l'économie et aujourd'hui favoris des sondages pour remplacer Hollande à l'Elysée ? 

A 38 ans, Macron est une sorte de génie du néo-libéralisme. Ces paires de la bourse de Londres, la City, en font au printemps 2015 un homme d'avenir. Un encouragement peu surprenant lorsque l'on sait que le fond d'investissement Blackstone, aujourd'hui basé à Londres, a enrôlé les plus grandes banques spéculatives du Royaume Unis pour la mise en bourse de Center Parcs UK.

En se penchant sur le dossier Blackstone et les membres de son directoire, on y retrouve un nom connu des rouages financiers depuis plusieurs centaines d'années. Celui de la famille Rotschild. Si ce nom ne vous est pas inconnu, pour le jeune Ministre de l'économie française, il est simplement celui trône sur son CV. En effet, Macron a été formé dans les murs de la controversée banque Rotschild, par un certains Pierre Moscovici, ex Ministre de l'économie aujourd'hui commissaire aux affaires financière de la cours Européenne en charge des points concernant la fiscalité des états membres. Une fonction qui implique par exemple les accords de défiscalisation sur les projets touristiques. 

Dans la catégorie placement de sniper de la finance en haut lieu, on retrouve également le premier porteur du projet, André Vallini. Passé de président du Conseil Général de l'Isère à un poste de Secrétaire d'état chargé de la réforme territoriale. Encore un curieux hasard de placement sans doute. Après tout les énarques de la promotion voltaire comptes aujourd'hui 5 ministres 1 président de la république et le préfet de la troisième plus grande ville de France alors que selon les chiffres du ministère de l'intérieur, 1 français sur 3000 est en prison. Nous n'avons vraissemblablement pas les mêmes valeurs.

Et maintenant ?  

Même si la lutte contre le projet du Center Parcs de Roybon et du « petit » Monde qui l'entoure est restée depuis 2007 une affaire entre gros bonnets de la finances locales et oppposants écolos aux yeux du grand public, il n'en est pas moins une Lutte de la masse populaire face à l'oligarchie en place. Une structure dont les bras, les jambes et les têtes sont ancrées dans les plus hautes sphères de la spéculation internationale contre des citoyens du Monde, en quête d'une vie plus juste en conivence avec un environnement malade à soigner et à reconnaitre enfin comme notre unique maison. 

Destruction de la nature, arrangements financiers vertigineux, non respect de la voix du peuple : C'est pour toutes ces raisons, que bien avant le début des travaux à l'automne 2014, des hommes et des femmes se sont mobilisés pour faire front au pouvoir d'une poignée de gens qui usent de leur pouvoir au détriment d'une planète entière. Parce que nulle part, des institution scolaire aux dangers de la rue ont ne donne vraiment la place à la parole du peuple. 

Les ressources sont assez parlantes en matière humaine puisque nous nous  sommes rendu rapidemment compte que les gros bras qui servait dans le corps de sécurité chargé de surveiller le chantier de Roybon, était également employés par le Département pour service de sécurité du conseil départementale. Encore un hasard  de fait, sans doute.... 

La liberté n'existerait donc que pour celui qui la prend. 

Après plus de deux ans d'occupation de la  Zone à Défendre de Roybon, (pour ma part j'y suis resté de novembre 2014 à juillet 2015) qui n'existe que parce que des gens ont un jour décidé de dire non à une poignée de personnes qui détiennent les clés du fonctionnement de l'Humanité, nous sommes nombreux à garder espoir de voir ce projet stopper définitivement. Nous sommes nombreux à vouloir ouvrir les portes d'une façon de vivre le Monde qui soit nouvelle et plus enclin à répondre aux attentes d'une population mondiale victime de la folie de l'argent et du pouvoir.

Mes recherches sur les réelles directives et les dirigeants de l'ombre des manœuvres financières de Center Parcs et de son petit Monde m'ont menées dans les rouages glissant d'investissement créant des bénéfices sur la pauvreté d'autres personnes, sur la destruction de ce qui nous reste à offrir aux futures générations en matière de vivant. En cela, je ne peux aujourd'hui abandonner cette lutte et baisser à mon tour la tête devant mon mirroir en enfilant l'uniformité d'une vie qu'une poignée de riches personnes aura déterminé faisable pour l'homme que je suis. 

Rien ni personne ne sait aujourd'hui quel est l'avenir de cette zone à défendre, ni quel sera vraiment le résultat des référés des opposants historiques de cette lutte plus que symbolique. Je sais aujourd'hui que Center Parcs et son Monde représente un danger réel pour le Monde vivant qui va bien au delà de la forêt des Chambaran. 

C'est pour cela que je me permet de parler une fois et pour conclure, au nom de tous les gens qui risquent leur liberté pour changer la face visible du Monde et offrir demain aux enfants qui marcheront sur nos pas un avenir doué de toutes ces merveilles dont personne ne saurait aujourd'hui prouver l'origine et les véritables lois :
 

Nous agissons parfois de manière illégale mais nous croyons en la légitimité de nos actes. 

De l'aide à notre voisin et aux gens seuls dans les rues de nos villes au soutien aux peuples bombardés par des armes fabriquées chez nous. De Roybon à Sivens en passant par Notre-Dame-des-Landes. Des indiens d'Amazonie rt des Grands Lacs aux peuples d'Asie, partout des hommes et des femmes se lèvent et réclament la Paix et la Liberté. Nos agissements et notre Lutte n'ont d'autres objectifs que de gagner ce combat pour la vie.

Si aux quatre coins du globe des groupes de personnes tiennent tête à ces quelques têtes gouvernantes qui détruisent la vie et abîment l'amour des uns envers les autres, c'est parce que nombreux comme moi pensent encore que le bonheur est là, à portée de main. Demain nous pourrons regarder l'avenir dans les yeux, main dans la main, et souhaiter enfin le bonheur pour lequel je crois me lever chaque jour. Ces bonheurs simples sont juste là, devant nous. Ils sont à moi, à toi , à nous. 

Mon interrogation n'a à ce jour qu'une seule réponse mais il est à mes yeux important de lever la question qui la précède. Comment ses armes de guerre et ses complexes destructeurs, toutes ces usines à mal bouffe et j'en passe pourraient ils exister sans la main d'oeuvre que nous sommes ? Je crois qu'ils ne pourraient simplement pas.

C'est pourquoi j'ai choisie de retapé ce texte écrit il y a environ un an et demi de le publier sur ce blog. Puisse-t-il réveiller l'esprit d'une seule personne. Celle qui je l'espère aura l'idée qui changera le Monde et qui n'est pas, j'en suis sure, présente sur l'échiquier politique actuel. 

La suite ? Dans les prochaines semaines,  Pierre & Vacances - Center Parcs iront demander l'avis du Conseil d'Etat.

Il est rare que ce dernier ne donne pas avis favorable aux forces puissante de l'insdustrie. Il se peut alors que l'affaire aille devant la cours européenne. Il se peut alors que le chantier revienne à l'ordre du jour. Mais il se peut également que le projet ne soit définitivement enterré. Personne aujourd'hui ne le sait. La seule chose que je sais, c'est que je ne suis pas le seul à penser qu'il reste encore de nombreuses personnes prêtes à se lever de nouveau contre Center Parcs et son petit Monde.

Parce que le Monde est beau, parce que la vie est belle, parce que demain nous appartient, nous resterons debout face à la dureté et l'égoisme de ces hommes et de ces femmes qui détruisent au nom de l'humain. Nous somme le peuple debout, uni, fort. Et nous le resterons.

Bien utopiquement. 

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