Le fascisme turc tue les Kurdes

 La victime : Barış Çakan        

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Le 30 mai 2020, un jeune kurde originaire de la province d’Agri, du nom de Barış Çakan, a été tué dans la capitale turque d’Ankara, poignardé au coeur parce qu’il écoutait de la musique kurde.

Trois jeunes turcs sont impliqués dans l’assassinat de Barış, lui ayant planté des coups de couteau au niveau de la poitrine.

I. La version du gouvernement turc :

Selon la version donnée par le préfet d’Ankara, Barış aurait été tué car il aurait dit aux trois personnes qui l’ont ensuite attaqué, de baisser le volume de leur musique durant l’appel à la prière. Peu de temps après la déclaration d’Ankara, durant les funérailles de Barış, son père Nihat Çakan s’exprime devant les caméras en allant dans le sens du gouvernement et en démentant ainsi le fait que le mobile du crime serait la Kurdicité de Barış et la chanson kurde qu’il écoutait.

En raison du contexte mondial de manifestations, de la situation aux Etats-Unis suite au décès de George Floyd et afin de ne pas créer une polémique nationale en Turquie, le gouvernement turc et ses partisans semblent avoir nié la connotation raciste de ce crime.

II. Une propagande de plus ?

Face à ces déclarations officielles, se confrontent celles des autres membres de la famille de Barış, qui affirment que l’origine de ce meurtre était le racisme anti-kurde des criminels.

En effet, dès le soir des faits, soit un jour avant le communiqué du gouvernement, le cousin de Barış, Doğan Çakan, avait déjà annoncé que celui-ci avait été tué à cause de la chanson kurde qu’il écoutait.

Par ailleurs, le jour de la déclaration du gouvernement, les cousins de Barış ainsi que son grand-père, Veli Çokyaman, ont été interviewés par l’agence Mezopotamya. Ceux-ci ont, dans leur propos, avancé que si leur cousin avait été tué, c’était bel et bien à cause de la chanson kurde qu’il écoutait et ses origines Kurdes. Quand le journaliste demande aux jeunes d’où ils détiennent ces informations, ils répondent que c’est leur oncle (le père de Barış) qui leur avait communiqué cela, se basant sur les propos du témoin des faits, l’ami de Barış.
Ci-joint, le lien de l’interview des membres de la famille : http://mezopotamyaajansi22.com/tum-haberler/content/view/98704 

De plus, dans une vidéo tournée après la diffusion massive par les médias turcs de celle du père de Barış Çakan, Nurettin Bilir, un parent de la victime, avance que : « Des pressions politiques ont été exercées sur la famille et sur l'Association Patnos » et que « leurs déclarations ont été modifiées. » Ceci expliquerait donc la vidéo du père de Barış Çakan, où celui-ci émet que les causes de la mort de son fils sont distinctes de ses
origines. 
Voici le lien de la vidéo en question:

© Ömer Sönmez

D'autre part, un ami du défunt, s’exprime également dans une vidéo où il affirme que celui-ci a été tué à cause de la musique kurde qu’il écoutait.
La vidéo est visionnable sur :

© kurdistani

Aussi, dans une autre vidéo du père, hors caméra, ce dernier semble perdu et assez incertain quant aux causes du décès de son fils. Il éprouve du mal à répondre aux questions posées et à nier que la chanson qu’écoutait son fils avant son meurtre, était Kurde et la raison de son agression.
Ci-contre le lien de cette vidéo :

© Fehim Işık

Qui plus est, des membres de la famille ont déclaré qu'ils avaient « déjà été agressés auparavant » à cause de leurs origines kurdes et d'autres écoutes de chansons kurdes de Barış.

Et enfin l’heure du décès de Barış, soit à 22h30, 30 minutes après l’heure de la prière ne correspond pas avec les propos tenus par le préfet d’Ankara.

En conclusion, au vu de ces crimes fascistes à l'encontre des Kurdes récurrents en Turquie, du contexte international de crise sociale et avec ces nombreux témoignages, nous pouvons remettre en doute la véracité de la version des faits annoncée par le gouvernement turc.

Kurdistange © 

 

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