Sale type mais bon conseilleur.

Il y a une bonne raison pour que les conseilleurs ne soient pas les payeurs: personne de sensé ne travaille gratuitement à enrichir ses semblables.

Comme je suis prudent je me paie d'avance en étant un sale type. Au fait, vous avez la possibilité d'être une sale typesse, le correcteur orthographique de mon navigateur (Firefox v. 47.0b9) ne râle pas après ce mot, ni celui de mon traitement de texte (Open Office v. 4.1.5 – faudrait que je le mette à jour, il est passé à 4.1.7, par contre pour Firefox je garde le même aussi longtemps que les menaces de certains sites de ne plus le supporter restent littérales et non pas effectives), bref, une typesse propre ou sale est acceptable. Pour mon compte je suis un sale type sauf quand je me qualifie de personne.

Il m'est arrivé plus d'une fois, de loin en loin dans les billets, beaucoup plus souvent dans les pages de commentaires et dans les messages dits privés de dire à mes interlocutrices et interlocuteurs qu'ils ou elles ne savent pas lire. Ouais, quand on écrit il faut faire le discours et son commentaire, sinon on risque de ne pas vous comprendre. Pas mal de gens veulent même la totale: le discours, l'exégèse, l'interprétation et le commentaire. Vu que j'explique dans plusieurs billets comment tout faire par soi-même, y compris une partie du discours, je n'explique pas ce que c'est que de savoir lire. Ben tiens, je viens de l'expliquer justement: on lit le discours, on en fait l'exégèse, si nécessaire l'interprétation, et si vraiment nécessaire, le commentaire. Mais si on doit en venir au commentaire, c'est mal barré pour faire une lecture correcte. Surtout si on le fait tout seul. J'ai une excellente raison d'éviter autant que possible de ne pas aller trop souvent au-delà du discours et d'une partie de l'exégèse et de l'interprétation: ça donne une fausse impression de comprendre. Par exemple, j'ai dans la poche de mon manteau deux bouquins, dont un que j'ai quelque peu maltraité en le divisant en trois morceaux, j'avais besoin de le scanner et il est de piètre facture, je n'arrivais pas à bien aplatir les pages, comme il comporte une préface très dispensable d'un imbécile qui se contente de paraphraser l'auteur et d'insulter les exégètes qui ne pensent pas comme lui (comme le préfacier, s'entend) et que le reste se compose de deux opuscules réunis en un volume, je pouvais le démembrer sans problème, pour ne garder que les deux opuscules séparés l'un de l'autre. Faut dire, les imprimeurs ont opté depuis quelques décennies pour une méthode d'assemblage imbécile: les bouquins un peu anciens (années 1950 et avant) ou de bonne facture sont composés de cahiers de seize, trente-deux ou parfois soixante-quatre pages, ça s'ouvre facilement et c'est solide; depuis, même les livres chers sont des liasses de pages encollées, ça ne s'ouvre pas trop bien et avec le temps la colle tend à s'effriter ou à devenir cassante, du coup les neufs on a du mal à les aplatir et les vieux finissent en liasses de feuilles volantes. Si au moins ils étaient moins chers ça excuserait mais même pas, le temps passant les livres deviennent plus chers et moins durables. Triste époque.

Je remercie mes parents d'avoir été de grands lecteurs (ma mère l'est toujours mais mon père lit beaucoup moins depuis qu'il est à domicile au cimetière du pays), comme ça j'ai le plaisir de pouvoir lire des éditions anciennes (modérément mais tout de même: première moitié du XX° siècle) en cahiers. Dans les années 1960 il y avait même quelques imprimeurs qui produisaient encore des bouquins non massicotés et tout gamin j'adorais séparer les pages avec un coupe-papier, ça ajoute au plaisir de la lecture, «un trésor est caché dedans» qui ne se livre que peu à peu... En plus on pouvait varier, tantôt je coupais toutes les pages en une fois, tantôt cahier par cahier, tantôt deux ou quatre pages, un peu de lecture, et nouveau découpage. Il m'est même arrivé de tenter de lire sans découper, pas facile mais avec un livre d'un format assez grand c'est possible.


Une petite vérification avant de publier ce billet...

Ah! Va me falloir faire un peu de ménage, je compte publier trois ou quatre billets de plus après celui-ci, et compte n'en avoir que 333 au compteur pour ce blog, or il en existe déjà 335, donc il me faudra en supprimer six ou sept. Ce qui sera facile vu que plusieurs sont publiés en double.

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