Ce monde: Le premier occupant.

Un bout de temps que je tente d'explorer la question. Le principe est simple: il n'existe pas.

2 avr. 2019 – Par Olivier Hammam –2 commentaires
Édition : Ce monde (c'est le mien - et le vôtre aussi, je suppose)

Difficile de déterminer quand commence l'humanité, plus le temps passe et plus cette date recule, quel que soit le critère retenu. Pour prendre celui le plus difficile, la supposée apparition de la lignée Homo sapiens, qui pose plusieurs problèmes, notamment la séparation des différentes branches Homo n'est plus très évidente. Dans le tableau suivant concernant les hominines,

Frise des hominines © Multiple Frise des hominines © Multiple

toutes les branches terminales après Homo erectus ne sont plus aussi évidemment séparées, apparaît notamment qu'environ 4% du patrimoine génétique de Homo sapiens provient des autres branches. Ce qui ne signifie cependant pas une contribution limitée à 4% d'ancestralité, pour exemple une récente étude des sources permet d'évaluer l'apport africain à la généalogie ibérique à environ 25%, mais une étude du patrimoine génétique des Ibères actuels rendra compte d'un apport spécifiquement africain bien plus limité mais probablement bien plus réparti pour la raison évidente que le patrimoine commun dépasse largement les 75% mais qu'en revanche leur diffusion a de bonnes chances de dépasser les 25% de la population pour la raison simple qu'ils ne se sont pas reproduits entre eux seulement. Considérant la seule branche sapiens, ses débuts ne cessent de reculer, récemment (ce que n'a pas encore pris en compte l'article de Wikipédia) il semble, mais ça reste à confirmer, que les restes les plus anciens remonteraient à plus de quatre cent mille ans mais la période indiquée, trois cent mille ans, est elle-même récente et en tout cas l'hypothèse courante vers 1975 était plutôt cent mille ans; vers cette époque la marque la plus communément retenue pour singulariser la lignée humaine, la bipédie, a connu un brusque recul d'environ 1,5 millions d'années avec la découverte de Lucy, dite aussi Dinqnesh, depuis lors d'autres découvertes l'on encore reculée de plus d'un million d'années.

Quel rapport, pourriez-vous me dire, avec un premier occupant? Si tel est le cas, je me pose aussi la question, ou du moins me la suis-je posée à nouveau frais il y a peu, pour préciser, hier 28 janvier 2019. Jusqu'ici j'abordais le sujet uniquement en relation avec les humains, or la question est plus profonde et concerne tout “premier occupant” pour cette raison qu'il n'y a de solution de continuité entre les générations, contrairement à l'imaginaire pas si ancien et, très probablement, encore en cours chez nombre de mes contemporains vaguement informés des évolutions en théorie de l'évolution, on ne passe pas d'un coup d'un seul ou en un temps très bref d'une espèce à une autre, en fait la notion d'espèce devient spécieuse, exacte mais spécieuse. Loin que je verse dans l'antispécisme, qui n'est qu'une variante du “spécisme”, à l'instar de l'antiracisme qui apparaît souvent une variante du racisme: dire que toutes les races se valent ou qu'elles ne se valent pas tous c'est dire que la notion de race est valide – ce que je postule, d'ailleurs, mais autrement que ne le font les divers racismes, passons, ceci fait en partie l'objet d'un autre billet en cours de rédaction, «Du nouveau sous le soleil?» (la réponse est non, bien sûr); j'y traite aussi de la notion d'espèce d'ailleurs mais d'autre manière.

La notion d'espèce devient douteuse selon deux points de vue, celui énoncé de la continuité des générations et


À suivre (peut-être...).


Commentaires.

D'où vient cette notion de premier occupant ? À qui profite-t-elle?

Je suppose qu'elle vient de tous et ne profite à personne, du moins à long terme.

Un bout de temps que j'ai initié ce billet, je suppose que je dois y mentionner que nous sommes tous des exilés, et tous des héritiers. Pour prendre un cas simple parce que son Histoire notée par écrit et par chance non réécrit au fil des siècles (enfin, par chance... C'est par volonté délibérée qu'elle n'est pas réécrite, pour que les générations futures ne se racontent pas une Légende Dorée sur leur Glorieux Passé – réussite mitigée) nous l'expose crûment, les Hébreux et leurs nombreux “héritiers”.

Au départ, ce sont des “Égyptiens”, des pouilleux, des traine-savate, des esclaves et des personnes en rupture de ban qui décident de s'unir dans leur misère commune, de foutre le camp et de se trouver un coin où personne ne les emmerdera. Après bien des péripéties ils découvrent un chouette coin mais il y a déjà du monde. Pas grave: on les massacre, on les expulse ou on les met en esclavage. Quelques temps après ils y ont droit à leur tour, ils râlent en disant c'est chez nous ici! Dieu nous a donné cette terre! Ta gueule leur répond le nouveau maître des lieux. Ils râlent encore ou font le coup de poing, pour les mettre à la raison on massacre les plus chiants et on expulse les autres, et les voilà de nouveaux esclaves. Le temps passe, les choses s'améliorent peu à peu pour eux, et un beau jour, flambards, ils décident de “retourner au pays natal”. Ouais, le pays natal... Cinq ou six générations qu'ils sont “en exil”, le pays natal ça serait plutôt Babylone que la Terre des Hébreux. Donc, ils “reviennent au pays” et là y a des emmerdeurs qui leur ont volé LEUR terre. Les pouilleux en question sont les Samaritains. Étrange: ils parlent la même langue, ont la même écriture, et les mêmes Textes Sacrés, qui leurs expliquent que Dieu leur a donné cette terre. Bref, ils ressemblent beaucoup, mais vraiment beaucoup, à des Hébreux. La même histoire du “retour au pays natal” a eu lieu deux fois (ou trois?) de plus par après, les nouveaux maîtres, l'exil le Retour au Pays Natal, des salauds de voleurs de terre qui osent prétendre que c'est LEUR terre sous prétexte que leur parents y vivent “depuis les siècles de siècles”.

Nous sommes tous des exilés parce que nous sommes tous des héritiers, et que tous les héritiers, un jour ou l'autre, quand ils ont “l'âge nubile”, l'âge de devenir parents, se font dire, va voir là-bas si tu y es. Nous sommes tous héritiers de l'exil de nos parents, et tous nostalgiques de la maison natale. Et parfois, et souvent, les héritiers reviennent à la maison natale, y trouvent des petits vieux inconnus et leurs disent, va voir là-bas si tu y es.

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