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Billet de blog 28 oct. 2021

“Fake news”: Donald Trump avait raison.

Peut-être pas de la manière dont il le pensait mais du moins avait-il raison.

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De fait, les médias professionnels (radio, télé, presse, et sur Internet les “pure players”) sont les premiers à relayer et diffuser les fausses nouvelles, ce que Donald Trump est bien placé pour savoir puisque jusqu'à époque récente et cela bien avant ses désirs de conquête du pouvoir politique, dès qu'il émettait une grosse connerie ou une fausse information il était rapidement repris par les médias professionnels, y compris ceux réputés sérieux, y compris ceux qui se positionnaient en tant qu'opposants à Trump, ou au moins à ses discours mensongers ou/et excessifs. Une semaine après la création de ce billet, en ce 28 octobre 2021 un nouveau cas illustre la chose: recevant un “courrier de lecteur” signé Donald Trump, le Wall Street Journal s'empresse de le publier. Ce courrier ne contient rien de très nouveau, il s'agit pour Trump de renouveler sa contestation de l'élection présidentielle de 2020 qui vit sa défaite, sans autre élément nouveau sinon la désignation d'un “coupable” différent de ceux précédemment nommés. Une fausse idée serait de croire que ce quotidien a une inclination “pro-Trump” qui l'inciterait à publier sans distance critique les propos de l'ex-président, le Wall Street Journal a été plusieurs fois fustigé par Donald Trump en tant que propagateur de “fake news” le visant et déformant ses propos et actes, le motif le plus vraisemblable est celui mentionné par le journaliste et chroniqueur de France Culture Éric Biegala dans sa revue de presse internationale du 28 octobre 2021:

«Trump et les médias c'est une vieille histoire, une histoire compliquée, les outrances du candidat Trump, du président Trump, comme celles de l'ex-président qu'il est aujourd'hui, on bel et bien soutenu les ventes et les audiences des médias, de tous les médias, même les plus anti-Trump, et la recette est aujourd'hui empruntée par d'autres, remarque The Atlantic».

En cette fin d'année 2021 Trump reste ce qu'on nomme un “bon client” dans les médias, une personne qui, donc, «sout[ient] les ventes et les audiences des médias», indépendamment de la qualité et de la validité de ses interventions. Donald Trump est un gros producteur de “fake news“ et les médias, «même les plus anti-Trump», s'en font les relais et diffuseurs zélés parce que ça augmente leur audience donc leurs ressources. Même ma très modérée et prudente radio, France Culture, n'y coupe pas et bruit de l'inintéressante intervention trumpienne dans le Wall Street Journal.

Voilà pourquoi Donald Trump avait raison, il est très bien placé pour savoir qu'on attire mieux le badaud par les outrances que par la raison...

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