Les ennemis de mes ennemis.

Pourquoi recommander et favoriser des billets ou des blogs? Pour diverses raisons.

En général, parce que je les trouve pertinents en soi, mais parfois non. Cas du billet «Avocats d’Assange Le scandale des conflits d’intérêts se répand jusqu’aux États-Unis», que je considère assez douteux. Faut dire, ça fait un moment que Julian Assange me semble assez douteux, donc pas mal de ses défenseurs, je les regarde avec vigilance en me demandant toujours s'ils sont dans l'erreur ou s'ils me trompent. Je pense entre autres à Céline Wagner: en découvrant «Le blog de Céline Wagner» je fus au départ assez dubitatif; par après, je l'ai supposée honnête et sincère. Remarquez bien que ce que dit sur les défenseurs de Julian Assange vaut pour moi, il se peut que je sois dans l'erreur ou que je veuille vous tromper, pour le second point je ne le crois pas mais comme il m'arrive de l'écrire, je suis le plus mauvais juge de moi-même donc je ne me fais pas trop confiance. Mais quoi! Si on ne devait agir que quand on est certain on n'agirait jamais. J'ai une confiance certaine en mon jugement mais je découvre régulièrement avoir mal jugé.

C'est compliqué la confiance, j'en parle régulièrement et affirme entre autres que pour avoir confiance en ses semblables il faut d'abord avoir confiance en soi, en premier, avoir confiance en sa capacité à reconnaître et admettre ses erreurs et ses fautes.

Je suppose Céline Wagner honnête et sincère pour une mauvaise raison, elle a du talent et de la conviction. Le monde est peuplé de personnes qui ont de la conviction et sont dans l'erreur, de personnes qui ont du talent et sont dans la faute, c'est-à-dire l'erreur volontaire, que ce soit dans leur art ou dans leur vie privée – me semble qu'on entend parler de trucs du genre en ce moment, les artistes qui ont une œuvre intéressante, une action publique honorable, et un comportement privé pas très très...

Je suppose Basicblog, mainteneur de l'édition «Libérez Assange. Ethiques et Medias» malhonnête et insincère parce qu'il y a de nombreux indices de la chose, mais ça ne signifie pas pour ça que je le suppose, que dire? “Mal agir”? “Agir pour le mal”? Bref, je ne connais pas ses motifs mais avec assez d'évidence c'est un faiseur. M'est avis que, disons, il “agit pour le bien” et le fait sciemment mais c'est une hypothèse. De toute manière, quoi qu'on fasse on agit pour le bien, qu'on le veuille ou non. Prenez mon cas: si même je suis dans l'erreur ou la faute j'agis pour le bien, que ce soit dans l'immédiat ou à court, moyen ou long terme. Si ce que j'écris est inexact ou infondé, toute personne qui me lit a moyen de vérifier la cohérence de mon discours et la validité de ceux des faits que parfois j'allègue et prétends exacts, et qui sont publics – pour ceux non publics c'est autre chose, il ne faut jamais les croire exacts même s'ils le sont, il faut considérer leur vraisemblance et leur fonction dans mon discours, donc sa cohérence interne. Si elle ne fait pas cet effort de vérification et si j'ai, disons, une intention, c'est bien pour moi, croire sans savoir est toujours profitable pour qui est cru – y compris si c'est pour se voir contester. Si je convainc les convaincus, à court terme c'est bien pour moi, et secondairement pour eux. Si je suis dans l'erreur c'est bien pour mes possibles lectrices et lecteurs de voir comment une personne, disons, sincère et honnête peu ainsi se tromper elle-même, ça peut alerter sur sa propre propension à être dans l'erreur. Etc. À long terme, tout ce qui s'écrit, se dit, se fait, finit par aller “vers le bien”, toujours.

Donc, “BasicBlog”. Rien que le pseudo est attractif, le contributeur qui ne se la pète pas. Qui signale, “le blog élémentaire de n'importe qui” – un pseudo dans le même esprit que le nom de ce blog, dire que c'est «Le blog de Ma Pomme» c'est dire, “le blog de n'importe qui”. Le reste? Et bien, malgré mes doutes à l'encontre de Julian Assange, je constate qu'il forme un point focal pour tout ce qui contribue à diviser la société et à détruire le lien social. Il se peut, et je le suppose assez, qu'il est manipulateur ou manipulé – plus probablement manipulé mais peu importe – ce qui fait que, et bien, il attire à lui, soit pour le “défendre”, soit pour le “descendre”, un grand nombre de manipulateurs et de manipulés, et un aussi grand nombre de personnes honnêtes et sincères, plus les manipulateurs et manipulés honnêtes et sincères.

L'article recommandé décrit un processus de manipulation moins tant de Julian Assange, qui dans cette histoire est un élément négligeable, que de ce qu'il représente, le Chevalier Blanc de la Transparence et de la Vérité Révélée. Lisiblement, la rédactrice de l'article original est de parti-pris et d'une douteuse honnêteté mais ce qu'elle pointe est probablement assez exact. Disons, c'est un combat entre deux groupes d'intérêts opposés, dont l'un se sert de Julian Assange pour autre chose que sa défense, et dont l'autre a intérêt a disqualifier ces “défenseurs” d'Assange. La journaliste autrice de l'article à la base de ce billet est d'ailleurs assez claire avec ce titre d'article: «I’ve Been Browder’s Number One Journalist Critic for Two Decades. Here’s What President Trump Should Know About Handling Him» – traduction Google, «J’ai été le critique numéro un des journalistes de Browder pendant deux décennies. Voici ce que le président Trump devrait savoir sur son traitement». Traduction pas très exacte, en lisant ça on croirait qu'elle est la première défenseuse de Browder et la première détractrice des “journalistes de Browder”... Bref, elle nous le dit, elle s'acharne sur Browder depuis vingt ans. Clair, net et sans détour, elle mène une guerre et dans une guerre tous les moyens sont bons. Je ne connais pas ses motifs, probable que, disons, elle est sincère, moins probable qu'elle soit honnête. Je veux dire, quand on mène un combat, on aura tendance à ne pas trop mettre en doute ce qui va dans son sens, surtout si ça donne l'apparence de la vraisemblance. Des journalistes qui ne vérifient leurs sources que quand ils en doutent c'est courant, ici on a clairement affaire à une obsessionnelle donc à coup sûr elle a pris pour vrai ce qu'elle raconte, malgré l'inconsistance de cet article.

Voilà pourquoi je recommande parfois des trucs de ce genre, c'est toujours intéressant de lire des articles ou des billets aux discours bien construits qui donnent l'apparence de la vérité malgré leur vraisemblance faible, parfois même nulle.


Ah oui! Le titre! Les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement les amis de mes amis.



J'ai tort, je sais que j'ai tort, mais ça m'agace toujours quand je vois que certains de mes billets que je considère particulièrement pertinents ne sont ni recommandés, ni commentés. C'est ainsi...

Oups! Je viens de m'apercevoir que le billet est fermé aux commentaires! J'essaie tant que se peut d'éviter de commettre des fautes, par contre, les erreurs sont mon lot quotidien... Bon ben je le supprime et le republie, il sera comme neuf!

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