Être juif: une maladie de pauvre?

Aucune idée, c'est juste pour plaisanter. De ce que j'en sais ce n'est pas une maladie, et si elle en est une elle atteint indifféremment le pauvre et le riche, et le ni riche ni pauvre.

Ce titre est le calque d'un de mes rares billets qui eut droit à une platée de commentaires, en majorité indigents, «Être pauvre: une maladie?»; ça m'amena à le supprimer puis à le publier de nouveau. C'est comme ça, quand on donne un titre provocant à un billet on provoque – on provoque les réactions irréfléchies de personnes qui s'arrêtent au titre et vont expliquer à l'auteur que non, bien sûr que non, être pauvre n'est pas une maladie! En fait, le titre premier était encore plus provoquant: «Être gros: une maladie de pauvre?», ce qui me valut des commentaires sentencieux pour m'expliquer ce que j'écrivais on ne pleut pus clairement dans le billet:

«Le titre m'a été inspiré par la série documentaire «Place aux gros!», à l'écoute du troisième épisode, «Obésité: une maladie de pauvre». Ça n'est pas le cas, on peut être riche et obèse».

C'est le premier alinéa du billet, donc rédiger un commentaire pour m"expliquer que non, être gros n'est pas une maladie de pauvre, c'est m'expliquer ce que je sais et que l'ai écrit dans ce billet. J'expliquai alors à plusieurs de ces “commentateurs” qu'avant de commenter un billet il faut le lire, ce à quoi il me répondaient que bien sûr qu'ils l'avaient lu! Cette citation montre que quand on morigène un auteur en lui expliquant que gros n'est pas une maladie de pauvre parce que son billet a pour titre «Être gros: une maladie de pauvre?», on lui démontre qu'on n'a rien lu d'autre que le titre. Et prouve mon assertion, ces personnes qui croient commenter ce billet n'en commentent que le titre.

Le tout premier de ces commentaires, qui par après fut dépublié par son auteur, est illustratif:

«21/11/2019 17:59 – Par Philips Michel

Être pauvre n'est pas une maladie. Avoir un surpoids n'est pas une maladie en soi mais ça vous expose à de vraies maladies : hypertension, artériosclérose, infarctus, diabète, AVC et j'en passe.
Les statistiques sont formelles : il y a plus de gens obèses dans les catégories socio-professionnelles basses. Plus on est pauvre, plus on risque de devenir obèse.
L'explication est simple : se nourrir équilibré coûte plus cher. Quand on est pauvre, on a tendance à manger un peu n'importe quoi, donc souvent des aliments trop gras ou trop sucrés.
De plus, quand on est pauvre, manger est souvent un des rares plaisirs de la vie.
Dans le préambule de la Constitution, il est dit :
"La Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence."
Sur la pauvreté en France. Lire ici.».

Les cons sentencieux m'énervent. Je lui fis cette réponse peu amène:

«21/11/2019 18:13 – Par Olivier Hammam en réponse au commentaire de Philips Michel le 21/11/2019 17:59

Comme à-peu-près tout ce que vous écrivez votre commentaire est d'un inintérêt profond mais je vous remercie cependant pour l'inattention portée à ce billet».

Je me le permettais parce que je l'ai déjà croisé dans des pages de commentaire et j'ai lu quelques de ses billets, et avec lui on a toujours droit à de la moraline à deux balles et des fausses évidences. Heureusement, il y aura toujours des cons sentencieux pour défendre les cons sentencieux. Ce fut assez rapide, voici le commentaire suivant:

«21/11/2019 18:31 – Par Melgrilab@yahoo.fr

Ce que dit Philips Michel est pourtant une bonne mise au point, et qui n'a rien d'agressif.

Votre point de vue et le message qu'il comporte mériteraient d'être reformulés pour être rendus accessibles aux abonnés, et capter leur attention ou briser leur inattention plus aisément».

Là je suis aimable: je connais aussi ce contributeur, et lui c'est plutôt le genre “con malveillant”, qui se croit intelligent et subtil, en plus. Ma réponse à son, on dira, commentaire, même si “Melgrilab” ne commente pas grand chose et se contente d'exprimer une opinion:

«21/11/2019 19:25 – Par Olivier Hammam en réponse au commentaire de Melgrilab@yahoo.fr le 21/11/2019 18:31

Très exact, le message de Philips Michel n'a rien d'agressif, le mien non plus, c'est un constat, ce contributeur qui m'apparaît assez sympathique n'a que des lieux communs et idées reçues à proposer, ce qui me semble une bonne chose, mais une chose inintéressante, voilà tout. Je n'ai rien contre les lieux communs, je les utilise beaucoup, mais quelque chose contre les idées reçues. C'est ainsi.
Ma proposition, «Comme à-peu-près tout ce que vous écrivez votre commentaire est d'un inintérêt profond», n'a rien d'une vérité universelle, ça exprime un point de vue, le mien. Je vais être honnête, je n'ai même pas lu son commentaire quand j'ai publié le mien, lire sa première phrase, «Être pauvre n'est pas une maladie», m'a suffi pour savoir que de mon billet il n'avait lu que le titre. De là j'en pouvais déduire qu'il allait faire ce qu'il fait toujours, développer un discours “bienveillant”. Entre guillemets parce que la bienveillance qui veut mon bien et le bien de tous, ça m'agace. Le monde meurt sous les assauts de ce genre de bienveillance. Trop de personnes qui veulent mon bien contre ma volonté. Ça m'agace. Raison pourquoi, quand un “bienveillant” de ce genre vient répandre sa moraline au cul d'un de mes billets ça m'agace, et je le lui exprime sèchement. Voilà tout.
Bon, maintenant je lis votre commentaire. J'ai comme dans l'idée que vous devez m'y expliquer quel est un “bon” comportement. Voyons ça.
Ouais. Un truc du genre. Je relis mon billet, du coup.
Je ne vois vraiment pas ce que ce billet aurait d'inaccessible, il est simple, clair, direct. Pour vous et par une bienveillance réelle, je vous cite la partie importante. J'ai souligné les mots dérisoires de mon propos pour éviter toute malentendu.
Donc, la partie importante:
“Ce qu'on reproche aux gros qui sont pauvres n'est pas leur grosseur mais leur pauvreté. D'où, si être gros et pauvre est une maladie, l'élément déterminant est: pauvre. Donc, être pauvre est une maladie”.
Ça manque de clarté? C'est “inaccessible aux abonnés”? J'ose espérer que les abonnés ne sont pas des imbéciles incapables de comprendre ce propos. Si ce n'est pas le cas, tant pis pour eux, je ne compte pas m'adresser à des imbéciles».

Je m'attendais bien sûr à une “mise au point” de “Melgrilab”, genre clouage de bec. Et ne fus pas déçu:

«21/11/2019 21:40 – Par Melgrilab@yahoo.fr en réponse au commentaire de Olivier Hammam le 21/11/2019 19:25

Vous savez vous raccrocher aux branches et c'est très bien.
La structure de votre raisonnement en évoque un autre :

"Ce qu'on reproche aux musulmans qui sont maghrébins n'est pas leur islamité mais leur maghrébinitude. D'où, si être musulman et maghrébin est une condition fâcheuse, l'"lément déterminant est maghrébin. Donc, être maghrébin est une condition fâcheuse.

Ce qui est une bonne dénonciation du raisonnement des racistes, mais non une démonstration que la critique ou le refus de telle ou telle coutume prêtée à tort ou à raison à l'Islam est en soi raciste.

Être pauvre est métaphoriquement une maladie, comme l'honneur ("Mais sans argent, l'honneur n'est qu'une maladie"), mais vous comprendrez que le médecin pédiatre qu'est Philips Michel puisse considérer les choses autrement.

Pour le reste, voyez les théories du Maghrébin Saint-Augustin sur la prédestination».

Pas trop surpris par la réponse: l'islam (entendre: l'arabité) et les Maghrébins (entendre: les Arabes) c'est son obsession. Si on l'énerve un peu le naturel revient au galop. Je vous épargne le reste des “commentaires”, très vite ça dégénéra en attaques en règle contre Ma Pomme ou en défense forcenée de “Melgrilab” et “Philips Michel”. J'ai l'habitude, dans les pages de commentaires les énonciateurs de lieux communs et de fausses évidences trouvent plus de défenseurs que les autres, les contributeurs tranchants et précis trouvent facilement des détracteurs, qui ne leurs reprochent pas leurs propos, ils ne les lisent pas, “trop prise de tête”, mais leur manière de les énoncer. C'est ainsi: les cons attirent les cons, et les cons trouvent toujours plus pertinents les propos des cons, ou des salauds, que ceux des personnes ayant du discernement. J'avais proposé ce commentaire sur les commentaires de la page en question, dans un billet “un peu” provocant, «Pauvre brouillon». Je le reprends ici.


Finalement, il semble qu'aucun de ces commentaires n'est proprement en rapport avec ce billet, y compris ceux dépubliés par Ma Pomme. Je me pose donc une question: qu'est-ce qui attira ces “commentateurs”? Je pense que les réponses se trouvent dans deux commentaires conservés pour exemple, celui du 22/11/2019 16:19 par Melgrilab@yahoo.fr:

«Pour en revenir au sujet, petit rappel: de même que tout maghrébin n'est pas musulman et que tout musulman n'est pas maghrébin, de même tout gros n'est pas pauvre et tout pauvre n'est pas gros».

Dit autrement, une fausse équivalence dans le seul but de disqualifier les discours pointant le fait que dans le discours public actuel “musulman” est de manière assez évidente un euphémisme pour “Arabe” (ici euphémisé en “Maghrébin”) venant d'un auteur de nombreux billets dont le sujet principal est, mais ça n'a pas de rapport, les “musulmans”. Et celui du 25/11/2019 09:13 par Bernard Viguié, qui “croit pouvoir”

«affirmer [que le titre initial du billet était «Être gros: une maladie de pauvre?»] car j'ai lu l'article quand il est sorti sur le fil du Club où il a aussitôt attiré mon attention, le titre étant particulièrement aggggichant et dans l'air du temps (et l'article particulièrement intéressant m'avait-il semblé alors, à tel point que je m'étais aussitôt farci une bonne dizaine d'articles d'Olivier en me posant à chaque fois la question : pas une Une sur le Club ? Y serait-il interdit d'y cultiver le paradoxe et la fumigation fustigation des idées reçues ?)».

Là ça tombe bien, le titre initial était en effet celui-là, et je l'avais rédigé ainsi pour le rendre “particulièrement aguichant”, pour ce que dit dans cet extrait de commentaire, “dans l'air du temps”. Certes, le sujet du billet est autre, celui du nouveau titre, «Être pauvre: une maladie?», mais ici il s'agissait d'une expérience pour vérifier plusieurs hypothèses:

  • Les titres aguichants et dans l'air du temps sont-ils attractifs?
  • Quand les titres sont aguichants, les commentaires portent-ils sur les billets ou sur ces titres?
  • Le titre, notamment quand aguichant et dans l'air du temps, influence-t-il la lecture du billet?
  • Les titres aguichants et dans l'air du temps attirent-ils spécialement les solipsistes, les (...)

Commentaire en suspens mais ça importe peu: on n'attrape bien les mouches qu'avec du vinaigre – les mouches à vinaigre.

Donc, le sujet de ce billet. Pour mémoire, «Être juif: une maladie de pauvre?». Tout est dit dans la courte introduction:

«Aucune idée, c'est juste pour plaisanter. De ce que j'en sais ce n'est pas une maladie, et si elle en est une elle atteint indifféremment le pauvre et le riche, et le ni riche ni pauvre».

Le sujet de ce billet est: si on lit un billet au filtre de son titre et de l'opinion préalable qu'on a de sa validité ou de son invalidité on s'assure d'avance de lire autre chose que ce qu'écrit son auteur, surtout quand son auteur est un plaisantin qui propose des clés qui n'ouvrent pas de portes, des titres sans grand rapport avec le texte qui suit.

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