Neuf personnes sur dix.

La propagande gouvernementale actuelle est une source inépuisable de surprises: on y apprend entre autres choses que les personnes de plus de soixante-cinq ans ont tendance à mourir en beaucoup plus grand nombre que celles de moins de soixante-cinq ans.

Bien sûr, en ce mois de mai 2020 ça concerne celles qui meurent supposément du “coronavirus” mais il est un fait assez évident: les plus vieux ont toujours eu tendance à mourir plus souvent que les plus jeunes, du moins en cas de mort dite naturelle – mourir des conséquences d'une infection virale est de l'ordre des morts naturelles. Ce n'est pas systématique mais c'est le cas le plus courant. Je parle ici de la situation dans les pays ayant un système de santé et de soin bien établi et efficace, dans d'autres contextes on peut avoir le cas inverse, une très forte mortalité chez les plus jeunes, les enfants de moins de cinq ans. Et bien sûr, les contextes où il n'y a pas de conflit ouvert, guerre civile, de frontière ou d'invasion.

La France de cette année 2020 est dans le cas d'un pays en paix où le système de santé et de soin est assez efficace même si perfectible – comme le relevait le diabétologue André Grimaldi sur France Culture le 23 mai 2020, «La France est bonne pour le soin mais pas pour la prévention». L'espérance de vie y est élevée, de l'ordre de 85 ans, mais par le fait passé les soixante ans le risque de mourir est considérablement plus élevé qu'à cinquante, quarante, trente ans et moins. C'est bête à dire mais plus on approche des 85 ans, plus on approche du moment fatal... De ce fait, annoncer que les personnes de plus de soixante-cinq ans meurent beaucoup plus (neuf fois plus en nombre absolu) que celles de moins de soixante-cinq ans quand elles sont infectées par un virus susceptible de provoquer une maladie respiratoire c'est annoncer une évidence: chaque année on a une épidémie de grippe hivernale, chaque année elle contribue à hâter le décès de plusieurs milliers de mortserratum: de personnes, les maladies ne tuent pas les morts... Pour exemple, dans cet article de Sciences et Avenir on lit ceci:

«Santé Publique France annonce la fin de l'épidémie de grippe 2017-2018, qui aura fait 13.000 morts dont 93% de plus de 65 ans».

Bref, les épidémies virales tuent, et elles tuent préférentiellement les personnes de plus de 65 ans – dans une proportion de 9 pour 1 par rapport à la population générale. Neuf personnes sur dix. On peut même supposer à partir de ce type de données que ce qui tue en premier n'est pas le virus mais, que dire? L'âge? Disons que l'âge est à l'évidence une cause de “comorbidité” puisque plus on est vieux plus on meurt des conséquences d'une infection. Comme l'on dit, corrélation n'est pas causalité mais bon, là je crois qu'on peut supposer une certaine causalité: la vieillesse tue, surtout au-delà de 85 ans certes, du moins pour la France, mais quand on s'en approche, quand on dépasse les 65 ans, on a tendance à mourir plus souvent qu'à des âges moindres... Genre, neuf fois plus souvent qu'à des âges moindres. J'en parle à l'aise vu que j'ai récemment passé les 61 ans et je suis assez certain que chaque année nouvelle mon risque de ne pas durer tellement plus longtemps augmente considérablement. Disons qu'au-delà de 65 ans, si du moins je vis jusque-là, je serai une sorte de mort en sursis, un condamné à mort qui ne connaît pas la date de la sanction mais qui la devine beaucoup plus proche que celle de son jour de naissance. M'arrive de dire que je ne suis pas un devin mais là c'est sûr: à 61 ans le jour de la fin est plus proche que celui du début.

Je blague, je blague, c'est juste pour pointer ceci: la propagande gouvernementale actuelle concernant le “COVID-19” (dans la propagande on est moins vétilleux que dans la communication ordinaire, celle des “éléments de langage”, on dit “coronavirus” et non “COVID-19”) ressemble beaucoup à celle sur le tabac. Si ce que je lis sur les emballages,

«Fumer provoque des crises cardiaques»,
«Fumer nuit à vos dents et vos gencives»,
«Votre fumée est dangereuse pour vos enfants, votre famille et vos amis»,
«Fumer nuit à vos poumons»,

et bien sûr, cela sur tous les emballages,

«FUMER TUE»,

si donc tout cela est exact, tous les gouvernements français qui ont requis que figurent ces avertissements autorisent sciemment la commercialisation d'un produit hautement dangereux pour la santé. Ces avertissements ne sont pas là à fin de prévention mais pour dédouaner le dealer: ah ouais bien sûr c'est un produit dangereux mais vous étiez prévenus! Clairement la propagande sur le coronavirus n'est pas vraiment faite pour nous informer, elle vise surtout à excuser ce gouvernement, et ses prédécesseurs, d'avoir créé une situation où la “prévention” arrive après le mal...

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