Clémenceau, héros du macronisme?

Ça m'étonne, ça m'étonne beaucoup. Pourtant, le président de la République française et son Premier ministre de ce début d'année 2020 s'en réclament tous deux. Mais ils semblent ne pas connaître certaines de ses saillies pourtant assez diffusées.

Je pense notamment à celle-ci:

«En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables».

Et à cette autre:

«Un traître est celui qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre; un converti, celui qui quitte cet autre pour s’inscrire au vôtre».

Et celle-ci encore:

«Quand on veut enterrer une décision, on crée une commission».

Ou cette pique à un de ses “amis”, et meilleur ennemi:

«Il est capable de mentir même quand c’est inutile».

J'apprécie spécialement celle-ci, destinée aux “premiers de cordée” me semble-t-il:

«Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés».

Plutôt que de se faire un étendard de Clémenceau, le “Père la victoire”, qui connut sa défaite politique la plus cuisante un an après s'être vu donner ce surnom, et deux mois après la victoire électorale écrasante de “son” parti, ils devraient plutôt méditer sur ses aphorismes...

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